A la découverte de Ramnicu Valcea
Une ville abimée par le communisme, mais qui conserve un certain charme
Ana-Maria Cononovici, 13.02.2026, 10:14
La ville de Râmnicu Vâlcea est le chef-lieu du département de Vâlcea, dans la province d’Olténie, au sud de la Roumanie. Sa position sur la rive droite de la rivière Olt est géographiquement définie par le 45ème parallèle (très précisément 45º06’N), qui se trouve à égale distance entre l’Equateur et le Pôle Nord. Un parallèle sur lequel l’on retrouve, entre autres, les villes de Grenoble et de Bordeaux (en France), de Turin et la Baie de Venise (en Italie), la ville de Belgrade (en Serbie), celle de Ploiești (en Roumanie), de Simferopol (en Crimée, Ukraine), de Krasnodar (en Russie), la mer d’Aral (Ouzbékistan), la Province Autonome de Xinjiang (en Chine), la Mongolie, l’île de Hokkaido (au Japon), la frontière entre les Etats du Montana, Wyoming et New York ainsi que le lac Michigan (aux Etats-Unis), le lac Huron et l’Etat du Québec (au Canada).
Côté histoire, le parc central de Râmnicu Vâlcea porte le nom du prince Mircea cel Bătrân (Mircea le Vieux), qui avait régné sur la principauté médiévale de Valachie au XIVème siècle. Et pour cause ; autour du parc, les ruines des murs d’enceinte rappellent la cour princière bâtie par Mircea, où il avait signé, le 8 janvier 1392, le document officiel attestant l’existence du département de Vâlcea. Ces ruines sont tout ce qui reste de l’imposante construction médiévale.
Egalement au centre-ville de Râmnicu Vâlcea, une villa à l’italienne et son superbe jardin d’été abritent le Musée d’Art « Casa Simian ». Construit en 1940, l’édifice ayant appartenu à la famille Nae et Tița Simian, accueille des œuvres créées par des artistes de renom, tels que: Nicolae Grigorescu, Nicolae Tonitza, Frederik Storck, Nicolae Vermont, Camil Ressu, Theodor Pallady, Ion Ţuculescu. De l’autre côté de la rue, se dresse la Bibliothèque départementale « Antim Ivireanul » et son architecture unique en Olténie ; sa voûte-vitrail, qui s’élève à 35 mètres de hauteur, est la création de Gheorghe Dican, vice-président de l’Union des Artistes plasticiens de Roumanie et fils de la ville de Râmnicul Vâlcea. Le patrimoine de la bibliothèque est riche de plus de 400.000 livres, publications périodiques, documents graphiques et audio-visuels en plusieurs langues. Corina Bedreagă, chargée des relations publiques à la Bibliothèque départementale « Antim Ivireanul », raconte l’histoire de l’institution:
« Notre histoire a commencé le 1er novembre 1950. Au début, c’était juste une bibliothèque municipale, dont le patrimoine s’est accru dans le temps, pour arriver à cette très belle histoire, que nous offrons à la communauté locale et à celle internationale. Notre bâtiment est récent, il a été inauguré en 2006 grâce à la collaboration d’énergies créatrices exceptionnelles. Notre position est à la fois sentimentale et stratégique, puisque nous nous situons entre le Musée d’art et celui d’histoire, ainsi que très près de l’église « Toţi sfinţii / De tous les Saints », elle-même un édifice de patrimoine dont le clergé avait béni les étendards de la Révolution de 1848. Notre institution porte le nom du saint hiérarque Antim Ivireanul, évêque de Râmnic entre 1705 et 1708, qui y avait fait installer une imprimerie. Le vitrail « La Genèse », réalisé par le maître Gheorghe Dican, cette voûte – œuvre d’art, a placé notre bibliothèque sur les coordonnées du tourisme culturel. »
Quelque 500 mètres plus loin, le Parc Zăvoi (à la sortie de Râmnicu Vâlcea en direction de la ville d’eaux Băile Olănești) est un des plus anciens parcs du pays. C’est ici que l’hymne national de la Roumanie, « Deșteaptă-te, române! / Réveille-toi, Roumain ! » avait été entonné pour la première fois le 29 juillet 1848.
Sur un côté du parc, un hôtel-musée d’art contemporain abrite une collection de plus de 2.500 œuvres, des sculptures en marbre de dimensions diverses ainsi que des toiles de plus de 1.000 artistes roumains et de la République de Moldova, tels que Ion Sălişteanu, Marin Gherasim, Corneliu Vasilescu, Gheorghe Anghel, ou encore Napoleon Tiron. (Trad. Ileana Ţăroi)