Nouvelles mesures pour atténuer la hausse des prix du carburant
Les autorités de Bucarest ont décidé de réduire l’accise sur le diesel dans une tentative de tempérer les effets du conflit au Moyen Orient sur les prix des carburants.
Sorin Iordan, 06.04.2026, 13:48
Le gouvernement roumain a approuvé une deuxième vague de mesures d’intervention sur le marché des carburants, faisant suite à la décision de plafonner les marges commerciales sur l’essence et le gazole, entrée en vigueur le 1er avril. Parmi ces mesures figure la réduction des accises sur le gazole standard de 36 bani (TVA incluse) par litre à compter du 7 avril, ainsi que l’instauration d’une contribution de solidarité pour les entreprises du secteur pétrolier. Cette contribution s’applique aussi bien aux entreprises qui s’occupent uniquement de l’extraction du pétrole en Roumanie qu’à celles qui extraient du pétrole brut, le transforment et commercialisent ensuite les produits finis sur le marché intérieur.
La baisse des accises vise uniquement le gazole standard
La porte-parole de l’exécutif de Bucarest, Ioana Dogioiu, a expliqué les raisons pour lesquelles seules les accises sur le gazole standard ont été réduites.
Ioana Dogioiu: « Nous avons décidé de réduire les accises sur le gazole standard parce que c’est ce carburant qui a connu la hausse de prix la plus importante. Le diesel compte pour 75% des carburants consommés sur le marché roumain et nous devons penser au fait que le gazole est celui qui mène à la hausse de l’inflation. Cette intervention sur le prix du diesel engendre aussi un effet déflationniste. Ces mesures adoptées par le gouvernement devraient être bénéfiques aussi à ceux qui ne font pas le plein, c’est-à-dire ceux que cette mesures tente de protéger contre la flambée de l’inflation, dans la mesure du possible ».
La hausse des prix des carburants n’est pas profitable à l’Etat
Le Premier ministre roumain, Ilie Bolojan, a déclaré que le gouvernement ne tire aucun avantage de la hausse des prix du carburant, bien au contraire. Dans une publication sur un réseau social, M. Bolojan a indiqué que l’exécutif ne pouvait que limiter les coûts dans la mesure du possible. La crise pétrolière engendre des coûts indirects plus élevés pour l’économie, tels qu’une baisse de la consommation, un ralentissement de la croissance économique, une baisse des recettes de l’État et une hausse des taux d’intérêt, a-t-il expliqué.
Les décisions du gouvernement ne sont pas du goût du monde des affaires roumain.
Le président d’IMM Roumanie, l’association des PMEs de Roumanie Florin Jianu, estime que la réduction des accises sur le diesel de seulement 36 bani par litre est insuffisante et qu’une baisse plus conséquente est possible.
Florin Jianu: « D’après les calculs de nos collègues, cette baisse est insuffisante. Seules les recettes exceptionnelles, la TVA et l’impôt minimum sur le chiffre d’affaires pourraient permettre une réduction de 50 bani.(soit 10 centimes d’euro). Il convient également d’examiner la situation dans les Etats limitrophes de la Roumanie, où le prix moyen du carburant est de 8,5 lei, contre près de 10 lei chez nous. Il est donc important d’évaluer la compétitivité et la viabilité de cette seule mesure. »
Le gouvernement roumain a fait savoir que les mesures adoptées resteraient en vigueur tant qu’il existe une crise du prix des carburants au niveau national et international. Entre temps, le prix moyen du gazole standard a continué à augmenter légèrement malgré l’annonce de l’exécutif.