Le courrier des auditeurs du 22.05.2026
Charlotte répond à vos messages
Fromenteaud Charlotte, 22.05.2026, 10:44
Bonjour à toutes et à tous qui nous écoutez où que vous soyez ! Je suis très heureuse de vous retrouver pour cette nouvelle édition du courrier des auditeurs, même si je dois avouer que l’actualité de ces dernières semaines ne laisse pas beaucoup de place à la légèreté. Partout les crises semblent désormais s’enchaîner sans jamais véritablement se résoudre. La guerre en Ukraine continue de meurtrir l’Europe et de s’installer dans une forme de terrible normalité. À Gaza, les images de destruction et de souffrance humaine se succèdent dans une indifférence internationale de plus en plus inquiétante. Et pendant ce temps, les tensions autour du détroit d’Ormuz rappellent à quel point l’équilibre géopolitique mondial reste fragile. Nous vivons une bien étrange époque marquée par l’épuisement collectif. Chaque nouvelle crise chasse la précédente sans que rien ne semble jamais être réellement réglé. Et je ne sais pas pour vous, mais il m’arrive de plus en plus de douter de la capacité de nos responsables politiques à être à la hauteur des défis actuels. On nous répète à l’envi que les représentants élus sont censés être les plus compétents pour prendre les meilleures décisions au nom du bien commun. Pourtant, lorsque l’on observe certaines stratégies politiques actuelles, cette idée devient parfois difficile à défendre. On a souvent l’impression que l’intérêt collectif passe après les calculs de pouvoir, les carrières personnelles ou la préservation de privilèges acquis. Ici, en Roumanie, les exemples ne manquent pas. Le Parti social-démocrate, pourtant historiquement opposé à certaines mouvances radicales, semble aujourd’hui prêt à multiplier les compromis avec l’extrême droite pour préserver sa position et son influence. Une évolution qui aurait semblé inimaginable il y a encore quelques années et qui contribue à brouiller complètement les repères idéologiques traditionnels. Et ce phénomène dépasse largement les frontières roumaines. Prenons le cas de la Hongrie. Beaucoup se sont récemment réjouis de l’émergence de Peter Magyar comme figure d’opposition capable d’ébranler le pouvoir de Viktor Orbán. Mais il est important de rappeler que Peter Magyar lui-même appartenait encore récemment au système qu’il critique aujourd’hui. Cela ne signifie pas qu’aucune évolution n’est possible, bien sûr. Mais cela dit quelque chose de ce que nous traversons : nous semblons désormais prêts à accepter “le moins pire” plutôt qu’à espérer réellement le meilleur. Comme si nos horizons politiques s’étaient progressivement rétrécis au point que la simple promesse d’un peu moins de cynisme ou d’autoritarisme suffise à susciter l’espoir. Et pourtant, malgré la fatigue, malgré le découragement parfois, je crois qu’il y a une chose essentielle à ne jamais abandonner : notre capacité à nous indigner, comme le disait Stéphane Hessel. Ces dernières semaines, au fil de mes lectures, une idée revient sans cesse : les démocraties ne disparaissent pas seulement sous les coups des extrêmes ou des régimes autoritaires. Elles s’érodent aussi lorsque les citoyens cessent de réagir, lorsque la lassitude l’emporte sur la vigilance, lorsque l’on finit par baisser les bras, en pensant que les choses se résoudront d’elles-mêmes. Un ami m’a dit une fois “si mes proches vont bien, alors ça va”. Quid des autres alors ? Pour faire société, ne faut-il pas se soucier du sort de tous ? Pour un monde en paix, ne faut-il pas s’inquiéter de ce que l’on vit ailleurs, au-delà de nos frontières ? Que se passera-t-il si l’Ukraine perd la guerre, si les États-Unis sombrent dans la guerre civile et si l’extrême droite se fait démocratiquement élire dans les pays de l’UE ? on est en droit de s’interroger… Alors, chers auditeurs, même lorsque tout cela paraît confus, décourageant ou contradictoire, ne cessons jamais de poser des questions, de contester, de réfléchir, de faire entendre notre mécontentement lorsque cela est nécessaire. Car c’est souvent lorsque l’on laisse tout passer, lorsque l’on détourne le regard ou que l’on renonce à penser, que le pire finit par devenir possible. J’ose espérer que la radio, malgré la censure et l’autocensure des journalistes parfois, restera un lieu de parole, de dialogue, d’échange et de questionnements, alimenté par vos messages et vos réflexions !
Et après cette réflexion un peu grave, mais sincère, je vous propose maintenant de découvrir vos messages et vos réactions dans cette nouvelle édition du courrier des auditeurs. J’en profite pour vous glisser ici une petite demande : merci de bien vouloir cesser de nous envoyer vos enregistrements en mp3 que nous ne pouvons malheureusement plus ni écouter ni utiliser.
Bien le bonjour à Enrique Martins, qui nous écoute de France et que nous remercions chaleureusement pour ses rapports d’écoute. N’hésitez pas à l’occasion à nous en dire un peu plus sur vous et à nous poser des questions si le cœur vous en dit. En tout cas, nous aussi restons à l’écoute de nos auditeurs !
Nos amitiés à notre cher Raphaël Voydis de France qui nous écrit “ J’ai trouvé un travail pourri dans un Menuiserie, ou on fait des planches pour les magasins de bricolage avec une machine qui a failli nous tuer 3 fois en 1 Semaine […] Moi qui voulais conquérir le monde en faisant de la Radio… je me retrouve à faire un truc que je n’aime pas… Mais bon le petit moment que j’ai je le passe à écouter RRI à la pause du midi sur mon portable…” Nous sommes désolés d’apprendre que les temps sont durs pour vous. Mais tout n’est pas perdu cher Raphaël ! Si c’est de la radio que vous souhaitez faire, alors tentez votre chance. J’imagine que trouver un travail dans une radio n’est pas simple, mais peut-être pouvez-vous rejoindre un club, comme il en existe beaucoup en France ? Nous sommes en relation avec de nombreux auditeurs du Club de Perche, peut-être connaissent-il un club de radio qui serait à côté de chez vous dans votre région et vous permettrait de vous sentir moins seul et de partager votre passion pour les ondes courtes sans vous sentir “comme un geek” pour reprendre votre expression. En tout cas nous vous envoyons tout notre soutien et espérons que vous retrouverez très vite le moral ! Et surtout que vous aurez l’occasion de revenir visiter un autre bout de la Roumanie avec votre amie que vous mentionnez aussi dans votre message et qui vous a raconté avoir visité Galati ! Au sujet de votre question sur la contamination de la Roumanie suite à la catastrophe de Tchernobyl en 1986, il semblerait que officiellement le pays n’ait pas été trop touché, même si à l’époque, il est probable que tout comme en France, on ait cherché à minimiser les conséquences afin de ne pas semer la panique au sein de la population roumaine. En revanche, en faisant mes recherches, j’ai découvert une autre catastrophe dont je n’avais pour ma part pas entendu parlé, celle de Baia Mare qui s’est produite en 2000, dans le nord de la Roumanie. Un article de l’époque publié dans l’Orient-Le jour raconte “Une solution de cyanure s’est échappée début février 2000 lors du débordement de 100 000 mètres cubes d’eau contaminée, utilisée pour l’extraction dans la mine d’or Aurul de Sasar (nord de la Roumanie). Elle a d’abord contaminé la rivière hongroise Szamos, puis celle de la Tisza, un affluent en Yougoslavie du Danube.” De même pour cette épisode, la Roumanie a largement minimisé l’ampleur de la catastrophe. Je crains que ce ne soit la tendance générale, ici comme ailleurs, pour éviter toute responsabilité…
Nos salutations à René Grondin de France qui nous écrit “ Je tiens à vous féliciter pour la qualité de vos émissions et pour le travail remarquable de vos équipes. La radio à ondes courtes reste un medium précieux pour toucher les auditeurs des régions isolées comme la nôtre, et votre station contribue grandement à nous informer et nous divertir. Je serais très honoré de recevoir une carte QSL en confirmation de cette réception, si votre station propose ce service.” Un grand merci pour votre gentil message. Nous ne manquerons pas de vous faire parvenir votre carte QSL. Je vous rappelle, au cas où vous n’auriez pas encore eu cette information, que ces dernières sont désormais au format PDF électronique, et que pour des raisons de logistique, nous mettons un peu de temps à les envoyer, mais nous ne vous oublions pas, soyez rassuré !
Un grand merci à Teruhiko Kachi qui nous écoute depuis le Japon et qui nous a écrit « J’écris un courriel au département de français pour la première fois depuis environ quatre ans. Le printemps bat-il son plein en Roumanie Au Japon, la saison des cerisiers en fleurs est terminée et nous nous apprêtons à entrer dans le merveilleux mois de mai, mais des séismes se produisent à divers endroits et le gouvernement a émis des alertes. J’écoute habituellement les émissions en anglais de votre station pour le Japon, mais l’autre jour, j’ai pu recevoir très fortement votre émission en français pour l’Europe Occidentale sur les ondes courtes, et j’étais tellement content que j’ai décidé de vous envoyer un courriel. » Merci pour vos retours et ce message plein d’enthousiasme qui fait chaud au cœur. Malheureusement le printemps ne bat pas encore son plein en Roumanie, et peine plutôt à s’installer durablement. En effet, si les températures semblent enfin être remontées et stabilisées, le soleil, lui, n’est pas encore au rdv. Il fait quelques apparitions mais refuse semble-t-il catégoriquement de rester parmi nous. Espérons que cela change au cours des prochaines semaines. Merci d’avoir partagé avec nous cette histoire de cerisiers en fleur, je sais que c’est l’une des nombreuses merveilles de votre pays. L’une de mes très bonnes amies était récemment en vacances au Japon et ne tarit pas d’éloge sur votre pays que j’ai moi même bien envie de venir visiter un jour. J’espère pouvoir le faire prochainement !
Voilà chers auditeurs et auditrices, un grand merci pour tous vos messages, tous vos partages et surtout vos questions qui ne manquent pas de nous maintenir en alerte ! Restez curieux et surtout restez à l’écoute ! A très bientôt et bon week-end sur les ondes !