Constanţa – Repères touristiques d’antan
Le Casino est le bâtiment de style Art Nouveau, devenu l’emblème de Constanţa. Il a été érigé entre 1904 et 1910, à l’initiative du roi Carol I, à un endroit où deux autres constructions similaires avaient existé auparavant.
Ștefan Baciu, 12.06.2026, 18:32
Une des destinations les plus recherchées
La ville de Constanţa est une des destinations les plus recherchées pour passer des vacances sur la côte roumaine de la mer Noire. La ville entière et, notamment, sa partie située entre le port de plaisance Tomis et le port maritime valent bien l’effort d’une découverte pédestre. Ce périmètre précis garde toujours des traces de civilisations diverses venues s’installer sur ces lieux, à commencer par les colons grecs originaires de la cité de Milet, qui y ont fondé la cité antique de Tomis au VIe siècle avant J.-C. Au IVe siècle après J-C., pendant le règne de l’empereur byzantin Constantin le Grand, la cité avait été agrandie et rebaptisée Constantiana. Cette partie ancienne de la ville se distingue par ses maisons pavillonnaires à un ou deux étages, dont le rez-de-chaussée abrite souvent des boutiques ou des restaurants, mais aussi par de nombreux musées et lieux de culte.
Le Casino de Constanta
Le Casino est le bâtiment de style Art Nouveau, devenu l’emblème de Constanţa. Il a été érigé entre 1904 et 1910, à l’initiative du roi Carol I, à un endroit où deux autres constructions similaires avaient existé auparavant. Après avoir subi des travaux de restauration d’une grande ampleur, le Casino accueille enfin des visiteurs dans un espace structuré sur trois niveaux. Une exposition consacrée à l’histoire mouvementée du bâtiment présente des plans de construction originaires et des documents d’archives ; au demi-sous-sol, deux autres expositions mettent au premier plan le milieu marin et l’histoire de la mer Noire. L’ancienne salle de bal a été aménagée pour accueillir des concerts et des spectacles. Une autre salle avec vue sur mer, plus petite et adjacente à la première, a reçu le nom de Salle des Glaces.
L’historien Cristian Cealera raconte que l’histoire du Casino est étroitement liée à celle d’un autre édifice érigé sur le front de mer de Constanţa :
« Ce fut en 1911 qu’un monsieur arriva à Constanța depuis Monte Carlo. Il s’appelait Edgar de Marcay et se présentait comme baron ; il connaissait les casinos de la Côte d’Azur, les jeux de hasard et la roulette et il se décida de devenir entrepreneur au casino ouvert depuis peu. C’est ce qu’il réussit à faire lors d’un appel d’offres, qui lui a permis de déposer, en 1912, à la mairie de Constanța une demande d’autorisation pour introduire des jeux de hasard au casino local. Sa demande fut approuvée à la seule condition d’y construire aussi un hôtel pour ceux qui allaient y risquer leurs fortunes. Le « Palace », qui fera lui aussi l’objet de travaux de rénovation, était un hôtel de luxe qui accueillait des personnes venues de toute la Roumanie et de l’étranger… même des chefs d’Etat ou des membres de gouvernements d’autres pays. Par exemple, l’historien et homme politique roumain Nicolae Iorga était un habitué de l’hôtel Palace. Pour l’anecdote, la célèbre demi-mondaine bucarestoise Mița biciclista (Mitza la Cycliste), la féministe et courtisane dont tout le monde a entendu parler, y venait aussi car elle était accro aux jeux de fortune. Donc, vous voyez que le Casino n’aurait pas fonctionné si l’hôtel Palace n’avait pas été construit. »
Une histoire mouvementée
En réalité, le Palace, connu également comme « l’hôtel des parieurs » n’a pas vraiment atteint son but. Deux années après son inauguration, en 1916, pendant la Grande Guerre, il a été réquisitionné par l’armée allemande, qui l’a transformé en hôpital. Après la guerre et quelques années tranquilles, le monde fut secoué par la grande crise économique des années 1930 et ensuite par la deuxième guerre mondiale, lorsque le bâtiment fut de nouveau réquisitionné par le commandement militaire allemand et ensuite par l’Armée rouge. En 1958, quand les soviétiques avaient définitivement quitté la Roumanie, l’hôtel « Palace » ne gardait plus que ses murs, car les meubles et les objets d’art avaient été emportés en tant que « réparations de guerre ». Le bâtiment a retrouvé son fonctionnement d’hôtel pendant deux décennies sous le régime communiste de Roumanie et au début des années 1990. À présent, il est fermé et en attente de travaux de rénovation.
De son côté, le Casino de Constanţa est actuellement un espace exclusivement culturel. Les visiteurs y trouvent un grand nombre d’informations sur son histoire et sur les gens qui y sont passés durant les plus de 110 ans d’existence de l’édifice au bord de la mer Noire. (Trad. Ileana Ţăroi)