Visitez Brăila
Partez à la découverte du centre-ville historique de Brăila
Ștefan Baciu, 19.06.2026, 12:24
Une vue aérienne de la ville de Brăila montre une gigantesque toile d’araignée, tissée par des rues qui dessinent un arc de cercle. Ce fut en 1540 qu’après avoir occupé cette agglomération humaine sise sur la rive gauche du Danube, les Turcs ottomans y érigèrent une fortification avec cinq murs d’enceinte. En 1829, la forteresse fut purement et simplement démolie suite à la victoire russe dans la guerre opposant l’empire des tsars à celui des sultans ottomans. C’est ce qui explique la rareté des vestiges médiévaux dans la ville. La partie historique de la ville, jadis inscrite à l’intérieur de la forteresse, le front d’eau et les constructions du port rappellent la prospérité et l’intense activité commerciale de Brăila au début du XXème siècle. Poussés par des raisons diverses, les représentants d’une bonne vingtaine d’ethnies différentes choisirent de s’installer à Brăila au XIXe et XXe siècle, donnant un visage cosmopolite à la ville danubienne. Les bâtiments du centre-ville historique sont les attractions touristiques de la cité actuelle, à commencer avec ceux de la Place Traian, place historique et point de départ de trois importantes artères routières, la rue commerciale étant l’axe de symétrie de la ville. Sur ladite place, se dresse le symbole urbain qu’est l’Horloge publique de styles néobaroque et Art Nouveau, installée en 1909. L’édifice singulier d’une église orthodoxe sans tours se dresse sur la même place, et le guide de tourisme Gabriel Lâlă ajoute d’autres détails :
« C’est le monument historique le plus vieux de Brăila, l’ancienne mosquée transformée en église orthodoxe après 1830. Elle est consacrée aux Saints Archanges Michel et Gabriel. C’est une église très intéressante, atypique, car elle n’a pas de tours et garde encore la toiture rappelant le sangeacul turc (les enseignes ottomanes), pour ainsi dire, qui lui donne un aspect très particulier. Un clocher a été ultérieurement ajouté à l’arrière de l’église ; à l’avant, mais aussi du côté du clocher, on retrouve mentionner les noms d’Ana et Nedelcu Chercea, deux personnalités de Brăila, qui avaient donné de l’argent pour la rénovation de l’église et du clocher. »
Nedelcu Chercea avait été un industriel local, qui avait fait de nombreux dons d’argent à la communauté locale pendant la première moitié du XXe siècle. Egalement sur la Place Traian, au kilomètre zéro de Brăila, se dresse un édifice à la façade richement décorée, qui attire les regards des visiteurs.
« Un bâtiment imposant à l’extérieur, certes, mais surtout à l’intérieur ; c’est le Théâtre Maria Filotti, un bâtiment qui avait d’abord été une auberge, un hôtel appelé « Rally », très grand et avec de très nombreuses chambres. Il y a plus de cent ans, l’édifice avait été racheté par un ancien maire de Brăila. Dumitru Ionescu, une personnalité connue de la ville, avait légué sa fortune personnelle à la ville, exigeant que ce bâtiment précis fût utilisé par les autorités locales uniquement comme espace culturel. C’est un bâtiment très, très important pour le patrimoine culturel et historique de la Roumanie, non seulement de Brăila. »
Le bâtiment du théâtre se dresse au début de la rue commerciale de la ville, qui devient particulièrement animée lorsque des événements y ont lieu. Tout près du théâtre on voit un autre bâtiment historique, construit dans la première moitié du XIXe siècle. Le guide touristique Gabriel Lâlă raconte :
« Le musée « Carol I » de la ville de Brăila est un édifice très intéressant, qui abrite un grand nombre de collections, de l’archéologie à la peinture, ainsi que des informations sur l’histoire ancienne de la ville. A travers l’histoire, le bâtiment a rempli des fonctions diverses, dont la première a été celle de casino, visité par les riches de l’époque. Plus tard, l’édifice a été transformé en hôtel, le Grand Hôtel Français qui avait accueilli un tas de gens célèbres, parmi lesquels le roi Ferdinand de Roumanie. »
Pour les touristes, une balade dans les ruelles d’un autre temps sillonnant le centre historique de Brăila est un passage obligatoire. Sans oublier les églises et autres édifices que des travaux de rénovation ont aidés à retrouver leur splendeur passée. La communauté grecque a été une des plus actives de la ville. De nombreux bâtiments et compagnies portaient les noms de leurs fondateurs, industriels, armateurs et commerçants d’origine hellène. Construite en 1872 au centre historique de Brăila, l’imposante église grecque de l’Annonciation, « Buna Vestire » en roumain, est un repère de l’héritage culturel de la ville. (Trad. Ileana Ţăroi)