Crise politique en Roumanie : les vacances parlementaires débutent malgré l’impasse politique
En Roumanie, les vacances parlementaires ont commencé le 1er juillet, en plein cœur d’une crise politique profonde qui dure depuis près de deux mois. Quelles perspectives ?
Daniela Budu, 02.07.2026, 11:20
Début des vacances parlementaires
Bien que le pays soit dépourvu d’un gouvernement doté de pleins pouvoirs, les élus nationaux ont entamé leur pause législative, prévue du 1er juillet au 31 août. Selon le règlement de la Chambre des députés de Bucarest, la première session parlementaire débute en février et ne peut dépasser la fin juin, tandis que la seconde commence en septembre et s’achève au plus tard fin décembre.
Dans ce contexte, plusieurs projets restent en suspens. Parmi eux : des textes de loi liés au programme SAFE, ainsi que les réformes nécessaires pour permettre à la Roumanie de bénéficier des 10 derniers milliards d’euros du Plan national de relance et de résilience (PNRR).
Les sociaux‑démocrates, comme les libéraux, qui dirigent les deux chambres du Parlement, affirment qu’ils n’hésiteront pas à convoquer des sessions extraordinaires durant les vacances parlementaires afin d’adopter les projets indispensables au PNRR, pour éviter que la Roumanie ne perde ces fonds européens.
Toujours pas d’accord entre les partis
Pendant ce temps, les partis de l’ancienne coalition gouvernementale — formée avant la chute du cabinet Bolojan du PSD‑PNL‑USR‑UDMR – tous ces partis considérés comme pro‑européens ne parviennent toujours pas à s’entendre sur la formation du futur Exécutif. Plus encore, les formations politiques continuent de s’accuser mutuellement de bloquer les négociations.
De son côté, le Parti social‑démocrate (PSD) souhaite gouverner soit avec un cabinet minoritaire soutenu par un accord signé avec les partis de droite, soit par une nouvelle formule de rotation à la tête du gouvernement, à condition que les sociaux‑démocrates désignent le premier chef de cabinet.
Le chef du PSD, Sorin Grindeanu, estime que son parti est resté ouvert tout au long de cette période pour trouver une solution :
« Nous n’avons pas changé d’avis, nous n’avons pas changé de position du jour au lendemain, comme les autres. Cela ne signifie pas que nous ne sommes pas ouverts à trouver une solution pour surmonter cette période. »
De son côté, le président du Parti national libéral (PNL), Ilie Bolojan, déclare qu’il faut d’abord clarifier les conditions avant d’accorder un nouveau vote de confiance à un gouvernement social‑démocrate. Les libéraux exigent des garanties claires quant au respect de l’accord politique une fois signé :
« Le problème fondamental auquel nous sommes confrontés, et qui fragilise tout accord, c’est le manque de confiance entre les partis politiques, notamment la perte de confiance envers les sociaux‑démocrates. Il faut réfléchir très sérieusement aux conditions que nous pouvons imposer. Un accord peut contenir n’importe quelle clause si ceux qui le signent ne la respectent pas. »
Les élections anticipées, un scénario possible
Du côté des souverainistes, l’Alliance pour l’union des Roumains (AUR) a annoncé le lancement des procédures visant à suspendre le chef de l’Etat, Nicusor Dan, et à organiser des élections anticipées. Le Conseil national de ce parti accuse le président d’avoir refusé de nommer un nouveau premier ministre et d’avoir exclu du processus décisionnel une partie importante de la population.
Dans ce climat tendu, mardi, le président Nicusor Dan a déclaré que le scénario des élections anticipées existait, mais qu’il fallait l’éviter, car il ne provoquerait aucun changement majeur dans la configuration politique. Selon lui, ce scénario ne ferait que prolonger le blocage actuel et donner une image d’instabilité à la Roumanie pour de nombreux mois. (trad. Valentina Beleavski)