La semaine du 7 au 13 septembre 2026
Réunion du Conseil suprême de défense national (CSAT) / Promulgation de la loi autorisant la modification des aires protégées / La Roumanie toujours sans gouvernement stable / Le gouvernement poursuit ses politiques d’austérité / Le système éducatif roumain en grande difficulté
Daniela Budu, 13.09.2026, 09:56
Réunion du Conseil suprême de défense national (CSAT)
La réunion du Conseil suprême de défense nationale, présidée par le président Nicuşor Dan, s’est tenue lundi à Bucarest. Le Conseil a approuvé le plan d’équipement de l’armée pour les dix prochaines années, dans le contexte où la Roumanie s’est engagée, aux côtés de ses alliés, à porter d’ici 2035 la part du budget consacrée à la défense à 5 % du PIB. Lors de la réunion du CSAT, le document d’analyse concernant la mise en œuvre du programme européen SAFE a également été approuvé. En ce qui concerne la présence des troupes et des capacités américaines en Roumanie, les membres du Conseil estiment que les mesures visant à renforcer la présence des États-Unis en Roumanie constituent un investissement stratégique pour la sécurité de la Roumanie et un facteur essentiel pour la défense du flanc oriental de l’OTAN et de l’ensemble de l’espace euro-atlantique, précise encore le communiqué. Par ailleurs, jeudi, Nicuşor Dan a reçu Hadja Lahbib, commissaire chargée de l’égalité ainsi que de la préparation et de la gestion des situations de crise. Le chef de l’État a réaffirmé l’engagement ferme de la Roumanie en faveur du renforcement de la résilience et de la capacité de réaction de l’UE dans un environnement de sécurité de plus en plus complexe. La responsable européenne a remis au président une lettre de remerciement et de félicitations pour l’engagement dont Bucarest a fait preuve dans l’évacuation des enfants et des civils pris au piège dans des situations de crise et de conflit au Moyen-Orient.
Promulgation de la loi autorisant la modification des aires protégées
Le président roumain, Nicușor Dan, a promulgué la loi autorisant la modification des aires protégées pour les projets hydroélectriques approuvés ou lancés avant le 29 juin 2007. Le chef de l’État avait auparavant contesté cette loi devant la Cour constitutionnelle, au motif qu’elle portait atteinte au droit fondamental à un environnement sain, qu’elle contrevenait aux directives européennes relatives à la protection des habitats et qu’elle supprimait les évaluations environnementales et les mesures compensatoires imposées par l’Union européenne. La Cour constitutionnelle a toutefois rejeté le recours du président. La demande de réexamen de la loi a également été rejetée par le Parlement. Par ailleurs, la Chambre des députés a adopté à l’unanimité les nouvelles mesures de sécurité européennes contre le trafic de drogue. Le plan d’action de l’UE pour les cinq prochaines années a pour principaux objectifs la prévention précoce et le contrôle des frontières extérieures. Pour la Roumanie, la priorité absolue est désormais la lutte contre les réseaux de contrebande dans le port de Constanța, sur la mer Noire, et aux frontières terrestres.
La Roumanie toujours sans gouvernement stable
Depuis début mai, la Roumanie est dirigée par un gouvernement intérimaire aux pouvoirs exécutifs limités. Le président Nicuşor Dan devrait désigner un candidat au poste de Premier ministre, mais, bien que deux semaines se soient écoulées depuis le début de la session législative, les négociations entre les partis représentés au Parlement ne permettent pas de dégager une majorité susceptible de soutenir un nouveau gouvernement. Le chef de l’État a annoncé à plusieurs reprises qu’il désignerait un Premier ministre disposant d’une majorité stable au Parlement. Dans ces conditions, le président envisage également la possibilité de désigner un candidat technocrate au poste de Premier ministre, qui pourrait obtenir une majorité confortable. Rappelons que deux propositions de Premier ministre émanant du président ont déjà échoué. Les résultats d’un sondage INSCOP révèle que près des deux tiers des Roumains estiment qu’il est important que les partis parviennent le plus rapidement possible à un accord pour former un gouvernement doté de pleins pouvoirs, même si chacun doit faire certains compromis. Seuls 14 % affirment qu’il y aurait des conséquences positives pour le pays si l’intérim gouvernemental se prolongeait.
Le gouvernement poursuit ses politiques d’austérité
Le Premier ministre par intérim, le libéral Ilie Bolojan, a réaffirmé l’engagement de la Roumanie à poursuivre le processus d’assainissement budgétaire et à réduire les risques liés aux finances publiques lors de la rencontre qu’il a eue, à Bucarest, avec une délégation d’investisseurs issus d’institutions financières internationales et d’entreprises à capitaux étrangers. Selon un communiqué du gouvernement, les représentants des entreprises ont salué les mesures adoptées par l’Exécutif au cours de l’année écoulée pour réduire le déficit budgétaire et maîtriser les dépenses publiques, soulignant que les résultats obtenus avaient contribué à maintenir la confiance des investisseurs dans l’économie roumaine. Ils ont toutefois souligné « que les résultats obtenus jusqu’à présent doivent être consolidés et que la prévisibilité des politiques économiques et fiscales est essentielle pour les décisions d’investissement à moyen et long terme ». D’autre part, les chiffres publiés lundi par l’Institut national de la statistique montrent que l’économie roumaine a stagné au deuxième trimestre par rapport aux trois premiers mois de l’année, et que, par rapport à la même période de 2025, le PIB a légèrement baissé. Les experts avertissent que le moteur de l’économie est déséquilibré : alors que les investissements ont fortement augmenté, la consommation des ménages a chuté de manière drastique.
Le système éducatif roumain en grande difficulté
« L’éducation est la clé qui vous ouvre les portes de ce monde », a déclaré le ministre de l’Éducation par intérim, Mihai Dimian, aux élèves qui ont fait leur rentrée scolaire lundi. Il a également rappelé à ses collègues de l’Education qu’ils portaient sur leurs épaules « une grande responsabilité : le destin de ces enfants ». De leur côté, les dirigeants des syndicats de l’éducation tirent la sonnette d’alarme, affirmant que l’année scolaire débute avec des problèmes majeurs : des enseignants qui ne savent pas s’ils pourront atteindre leur charge de travail et un grand nombre de professeurs non qualifiés qui dispensent des cours. Les résultats des tests PISA 2025 publiés par l’Organisation de coopération et de développement économiques montrent également que l’éducation en Roumanie connaît des difficultés. Il s’agit, pour la Roumanie, des résultats les plus faibles de ces deux dernières décennies, ce qui indique une baisse générale des compétences. Selon ces évaluations, environ la moitié des élèves roumains âgés de 15 ans n’atteignent pas le niveau de base, ni en mathématiques, ni en lecture. En sciences, la proportion d’élèves se situant en dessous du seuil minimum est de près de 46 %.