La nouvelle voix des femmes universitaires
Début octobre, l’Association des Femmes Universitaires de Roumanie (AFU Roumanie) a accueilli à Bucarest la Conférence « Les Femmes universitaires d’Europe » / University Women of Europe (UWE) 2026, un événement européen consacré au leadership féminin, à l’éducation, à la collaboration et au rôle des femmes dans la construction d’une société plus équitable et inclusive.
Ana-Maria Cononovici, 20.10.2026, 09:25
Invitée au micro de RRI, Roxana Elena Petrescu, présidente de l’Association des Femmes Universitaires de Roumanie, a mis en avant l’importance de cet événement :
« C’est un événement européen consacré au leadership féminin, à l’éducation, à la collaboration et au rôle des femmes dans la construction d’une société plus équitable et inclusive. La conférence a réuni à Bucarest des représentantes de l’Association « Les Femmes universitaires d’Europe » / University Women of Europe (UWE), des leaders, des expertes et des professionnelles de Roumanie et d’autres pays européens. Le thème choisi a mis au premier plan les transformations que traverse le leadership contemporain et la nécessité de dépasser les modèles traditionnels, au profit de formes de direction fondées sur la collaboration, l’inclusion, la diversité, la responsabilité et la capacité d’adaptation aux changements de la société. L’événement a eu une signification particulière, marquant les 45 ans de cette organisation à laquelle nous sommes nous aussi affiliées et qui fait partie de l’organisation mère, Les Femmes diplômées du monde/ Graduate Women International, fondée après la Première Guerre mondiale. Une histoire, donc, construite par l’éducation, la solidarité, la coopération européenne et le soutien à l’implication des femmes dans la société. L’un des moments importants du programme a été la remise du prix UWE Award 2026 à Madame Dina Loghin, présidente du European Women’s Lobby et fondatrice du Romanian Women’s Lobby, en reconnaissance de sa contribution à la promotion des droits des femmes, de l’égalité des genres et du leadership féminin en Roumanie, mais aussi au niveau européen. »
A Bucarest, la conférence a réuni des voix spécialisées dans l’entrepreneuriat, les droits de l’homme, l’égalité des genres, la société civile, le gouvernement démocratique et la coopération internationale, les invitées offrant des perspectives variées sur les défis et les opportunités des femmes qui assument un rôle de leader et qui influencent le façonnement de l’avenir.
Dina Loghin, présidente du European Women’s Lobby, primée cette année, s’est déclarée confiante dans la voix des femmes :
« Je crois qu’il s’agit du fait que notre travail, à nous tous qui défendons les droits et les intérêts des femmes, bénéficie aussi d’une reconnaissance. Parce que, généralement, nous sommes marginalisées. Récemment, un mouvement a fait surface contre les droits humains en général, contre les droits des femmes, on coupe les budgets des organisations qui défendent les droits des femmes, ou qui travaillent pour les droits en matière de travail ou de santé. Il est important de voir que nous sommes entendues et que notre travail est apprécié. Parce que nous avons tous besoin d’encouragement. Nous n’abandonnons pas, nous continuons ! »
Les jeunes femmes d’aujourd’hui ont plus d’opportunités
Quant aux jeunes femmes d’aujourd’hui, Dina Loghin a souligné que :
« Elles ont grandi autrement, en regardant des ordinateurs portables et des téléphones mobiles, et non pas en lisant des livres, comme nous, ou éventuellement avec des lectures obligatoires. Elles ne se sont pas réfugiées, dans leur enfance et leur jeunesse, dans l’art, dans la littérature, dans le théâtre, dans la musique. Elles ont vécu à des périodes complètement différentes et sont beaucoup plus concentrées sur l’avoir que sur l’être. Je suis optimiste, parce qu’il existe des modèles de vrai leadership, de femmes qui font réellement ce qu’elles disent. Il existe un groupe de jeunes qui veulent bâtir une démocratie réelle, et s’ils veulent une démocratie réelle, ils s’occuperont aussi des droits des femmes en tant que droits de l’homme. »
Aurora Martin, membre de l’AFU, ayant une riche expérience dans des institutions consacrées à la lutte contre la discrimination et à l’égalité des chances, a pris la parole lors du panel consacré au leadership féminin :
« J’aimerais que chaque fille qui nous écoute aujourd’hui sache qu’elle compte. Qu’elle aussi peut diriger, que ses idées peuvent changer une décision et que son ambition mérite d’être prise au sérieux. Diriger, c’est voir aussi qui manque, qui n’est pas écouté, à qui on peut ouvrir une opportunité. La solidarité entre les femmes se voit lorsqu’on soutient le travail d’une autre femme. Lorsqu’on la propose pour assumer une responsabilité et que l’on est à ses côtés lorsqu’elle parle. Mais que se passe-t-il après qu’une femme a trouvé le courage de parler ? Qui l’écoute et qu’est-ce qui change ? Lorsqu’on lui dit « aie du courage, parle !, » nous devons aussi nous demander qui la protégera, qui agira pour elle. Dans mon activité au sein du Conseil national pour la lutte contre la discrimination et de l’Agence nationale pour l’égalité des chances, dans ma recherche sur le harcèlement au travail et dans les universités, j’ai compris à quel point cette réponse comptait. Parce que, oui, le courage d’une femme a besoin d’institutions qui ne la laissent pas toute seule. Pour moi, c’est cela le sens du leadership, utiliser l’autorité acquise pour faire de la place aussi aux autres. J’aimerais que les filles d’aujourd’hui héritent de tout ce que nous avons construit auparavant, mais qu’elles n’héritent pas aussi du silence que nous avons dû surmonter. »
C’est en 2014 qu’a eu lieu la première Conférence UWE organisée à Bucarest, ce qui a mobilisé les organisatrices pour célébrer à Bucarest les 45 ans de l’organisation, avec la confiance qu’au-delà des moments officiels, restent les personnes, les idées partagées, les nouveaux liens et les amitiés.