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Le Festival de jazz de Gărâna

Il existe des amateurs de jazz qui aiment tellement cette musique qu’ils sont toujours prêts à monter dans des trains et des bus, à marcher aussi, un peu, pour se rendre dans une commune appelée Gărâna, dans sud-ouest de la Roumanie. Ça vaut bien la peine, car Gărâna accueille le plus grand festival de jazz en plein air d’Europe de l’Est. Marius Giura, l’organisateur de cet événement, et plusieurs spectateurs fidèles nous aideront à raconter cette histoire exceptionnelle. Tout a commencé il y a 18 ans, lorsqu’un petit groupe de musiciens de Timisoara s’était réuni pour faire un bœuf dans la cour de la seule auberge du village — « L’auberge de la patte-d’oie » ; les artistes, leurs familles et des amis y sont restés pendant deux jours, raconte Marius Giura.

Le Festival de jazz de Gărâna
Le Festival de jazz de Gărâna

, 10.07.2014, 15:01

Il existe des amateurs de jazz qui aiment tellement cette musique qu’ils sont toujours prêts à monter dans des trains et des bus, à marcher aussi, un peu, pour se rendre dans une commune appelée Gărâna, dans sud-ouest de la Roumanie. Ça vaut bien la peine, car Gărâna accueille le plus grand festival de jazz en plein air d’Europe de l’Est. Marius Giura, l’organisateur de cet événement, et plusieurs spectateurs fidèles nous aideront à raconter cette histoire exceptionnelle. Tout a commencé il y a 18 ans, lorsqu’un petit groupe de musiciens de Timisoara s’était réuni pour faire un bœuf dans la cour de la seule auberge du village — « L’auberge de la patte-d’oie » ; les artistes, leurs familles et des amis y sont restés pendant deux jours, raconte Marius Giura.



Marius Giura: « Cette idée, ce sont des jazzmen, originaires de Timisoara et revenus en Roumanie après 1990, qui l’ont eue. L’auberge, en fait le seul restaurant du coin, avait une cour très large et ils se sont dit qu’elle se prêterait très bien à accueillir des concerts. On a appelé ça « festival » parce qu’on avait fait de la musique pendant jours, plus ou moins ; il y avait plusieurs troupes, venues de Bucarest, Mircea Tiberian par exemple, et d’Allemagne. C’est comme ça que tout a commencé. »



Comment un festival d’auberge se transforme-t-il en un autre, le plus grand en plein air d’Europe de l’Est? Comment mettre un petit village du Banat sur la carte des grands événements de jazz? Marius Giura dit qu’il faut beaucoup d’ambition et le désir de créer quelque chose qui remplisse un espace vide.



Marius Giura: «Il nous fallait une autre réplique du festival légendaire de Sibiu, et le jazz de Timisoara, qui avait pris tant de coups à cause de tant de départs de musiciens talentueux, avait besoin d’un renouveau. Il y avait aussi cette ambition que chaque édition surpasse la précédente, et c’est comme ça que nous sommes arrivés là. Il a suffi d’obtenir, grâce à l’appui d’une personne originaire de Timisoara, notre première tête d’affiche: une grande star internationale – Eberarhd Weber, après quoi les choses ont évolué d’une année à l’autre. Aujourd’hui, nous avons un festival de taille européenne, inscrit au calendrier européen des grands festivals. C’était ça notre credo, créer à chaque fois une événement spécial et, à mon avis, nécessaire pour la Roumanie. »



Le festival a grandi avec le temps. Il a quitté la cour de l’Auberge de la patte-d’oie pour occuper La clairière du loup, tout près du village aux maisons blanches dont de géraniums rouges embellissent les fenêtres bleues. Le long des années, de grands noms du jazz international se sont produits à Gărâna : le compositeur et pianiste Hiromi Uehara, les saxophonistes Jan Garbarek et Charles Lloyd, et de nombreux autres monstres sacrés.



De l’avis de Marius Giura, le festival de Gărâna est bien plus qu’une série de concerts de jazz: « Gărâna est un village de montagne, implanté à 1000 m d’altitude, où tout est unique, depuis les places des spectateurs jusqu’à la nature au milieu de laquelle se déroule ce festival. C’est un endroit qui vit à 40° en pleine journée, et à 4 ou 5° pendant les nuits de juin. Quand il est venu ici, Jean-Luc Ponty disait n’avoir rencontré pendant les 55 ans de carrière qu’un seul autre festival similaire ; c’était quelque part dans les Rocheuses canadiennes, il y a 25 ans. Et puis, le public… C’est exactement ce que j’aimerais trouver partout dans le pays : un public épris de la culture et de la beauté, des gens qui acceptent d’endurer une météo rigoureuse et les intempéries pour assister aux extraordinaires concerts en plein air de Gărâna. »



Il pleut presque à chaque édition. Les vétérans racontent qu’en 2010 une pluie torrentielle a fait déborder les rivières et les tentes avaient été emportées par les eaux. Certains ont pris peur et ont rejoint la « civilisation ». Cela fait des années que Ioana Tăut prend des photos des vedettes présentes sur la scène de Gărâna. Nombreux sont les artistes, affirme Ioana, qui se retrouvent sur la même longueur d’onde que le public assis sur les bancs en bois, qui brave les températures glaciales. C’est quelque chose de visible, parfois, sur les visages des artistes ; or, le défi majeur pour la photographe qu’elle est, c’est justement de capter l’atmosphère restituée par les traits des musiciens.



Ioana Tăut: «Presque chaque année, nous avons eu droit à la pluie, au froid, au brouillard et à l’humidité. En ce qui me concerne, c’est un petit prix à payer pour toute cette richesse que le festival nous offre, donc les phénomènes naturels n’auront pas le dessus. Je crois que pour tous ceux, nombreux, qui viennent à Gărâna depuis des années, le festival de jazz est déjà une deuxième maison où ils rencontrent une deuxième famille. »



Marius Giura dit qu’une de ses plus grandes satisfactions, en tant qu’organisateur, c’est de voir des enfants des premières éditions venir à Gărâna en compagnie de leurs propres enfants. Gărâna est un festival de famille, c’est ce que disent tous ceux qui affrontent le froid et la pluie et ne quittent La clairière du loup avant de réserver les places pour l’année suivante.



Pour Vlad Eftenie, sa première rencontre avec Gărâna reste inoubliable : «J’étais sûr et certain que le nom se prononçait Gărâna. Lorsqu’un ami m’a dit qu’en fait on prononce Gărâna, j’ai été un peu déçu. Je me suis proposé d’y aller parce ça avait l’air d’être au bout du monde. Il fallait changer plusieurs fois de train, et puis de bus… En 2010, quand j’y suis enfin allé, j’y ai trouvé une véritable communauté. Des tentes, une petite forêt, une arène, une scène… Je me souviens du brouillard et de la pluie qui enveloppaient tout. C’est un endroit très spécial, une expérience de vie. »



Isabela y retournera aussi cette année: « Je suis allée à Gărâna pour la première fois en 2007, quand Garbarek était à l’affiche. J’y suis revenue une deuxième fois et j’espère pouvoir y aller cette année. Le fait d’assister à des performances de jazz dans un espace ouvert, dans une vallée au milieu des montagnes, vous rapproche incroyablement de la musique. »



Cette année, la 18e édition du Festival de jazz de Gărâna est inaugurée le 10 juillet. Les concerts sont accueillis par la grande scène de la Clairière du loup, mais aussi par les deux églises à orgue des villages de Brebu Nou et de Văliug, ainsi que par la cour de l’Auberge de la patte-d’oie. En tête d’affiche: le groupe Crimson Project, formé de deux trios qui puisent leurs racines dans le célèbre groupe de rock progressif des années 1970, King Crimson. Si vous allez à Gărâna, couvrez-vous, emportez aussi des gants, ça peut vous servir. Vous ne regretterez ni le jazz ni les vêtements chauds. (trad. Ileana Taroi)

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