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« Choux, pommes de terre et autres démons »

En 2015, le réalisateur Serban Georgescu entamait une incursion inédite dans la réalité rurale autochtone, qui s’est matérialisée en un documentaire à succès intitulé : « Choux, pommes de terre et autres démons ». Le film raconte les efforts des agriculteurs d’une commune près de Bucarest, Lunguletu, de sortir d’un cercle vicieux. Documentaire et société.

Afiş Varză, cartofi şi alţi demonifacebook.com/Kolectiv.Ro/?locale=ro_RO
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, 23.08.2025, 12:26

Immersion totale dans le monde rural

 

En 2015, le réalisateur Șerban Georgescu entamait une incursion inédite dans la réalité rurale autochtone qui a fini par se matérialiser sous la forme d’un documentaire à succès, à titre ingénieux : « Choux, pommes de terre et autres démons ». Le film évoque les efforts des villageois d’une localité près de Bucarest, Lungulețu, de sortir d’un cercle vicieux qui ne profitait à personne. Bref, dans le village mentionné, il y avait un millier de tracteurs, 100 000 tonnes de choux et zéro profit. Pour documenter la situation, le réalisateur a passé lui-même une année à Lungulețu, il a travaillé un lopin de terre aux côtés des paysans et essayé de vendre les récoltes obtenues. Il a voulu comprendre pourquoi ces familles arrivaient à s’endetter, même si toutes les conditions nécessaires à une affaire à succès étaient présentes : une terre fertile, des outillages modernes et des récoltes riches.

 

Un grand succès

 

« Choux, pommes de terre et d’autres démons » a été très bien reçu par le public, a eu des échos au sein de la société roumaine, et a été distribué dans des contextes éducationnels variés. Il a été projeté non seulement dans le cadre de plusieurs festivals du film (DOK Leipzig, Docudays UA – Kiev, Millenium International Documentary Film Festival – Bruxelles, One World Romania, Transilvania International Film Festival), mais aussi à des événements tels la Fête de la Récolte, (à Slatina, en présence d’un millier de fermiers), mais aussi lors du lancement d’un événement des Nations Unies appelé la Décennie des Fermes familiales, ainsi que dans 36 lycées du pays (par le biais du programme One World Roumanie à l’école).

 

10 ans plus tard

 

10 ans après le début de cette aventure, Șerban Georgescu est rentré à Lungulețu pour tourner une suite du documentaire et lancer aussi plusieurs questions. Les fermiers ont-ils réussi à surmonter leur manque de confiance faite aux décisions soi-disant « collectives » ou aux leaders ? Ont-ils réussi à s’associer, pour que leur voix soit mieux entendue ?

 

Nous avons parlé à Serban Georgescu de la démarche inédite qu’il a choisie pour documenter son film, celle de labourer la terre, comme la majorité des fermiers de Lungulețu.

 

Serban Georgescu : « Il m’a été assez difficile de travailler dans cette formule. Je n’y suis pas allé tout en sachant que j’allais y rester pendant une année, je ne m’étais pas proposé de le faire. En effet, la seule prospection a duré quatre mois. Surtout que pour ce genre de documentaire, il n’est pas du tout facile d’identifier les personnages. Et même si on les trouve, on ne sait pas si les personnes en question sont ouvertes à t’accompagner dans ce voyage pendant une année ou même plus, puisqu’il s’agit d’une longue période de temps. Mais durant ces mois de prospection, je me suis rendu compte qu’en effet l’histoire qui en résultait serait authentique si j’y participe avec ma propre perspective de citadin. Et d’ailleurs, c’est ainsi que le film commence: je me retrouve dans un marché à Bucarest, aux côtés de ma mère qui cherche à acheter des légumes à des prix plus bas. En 2015, lorsque je réalisais la première partie du documentaire, plusieurs marchés existaient à Bucarest et on pouvait entendre les citadins se plaindre des prix que les paysans affichaient sur les étals, et qui leurs semblaient trop élevés. C’est pourquoi j’ai choisi de faire partie moi-même de cette histoire et de m’y impliquer en tant que personnage : pour créer un pont entre la ville et le monde rural. J’ai eu ainsi l’occasion de vivre comme ces maraichers et d’utiliser ma perspective, raconter ce que cela signifie – cultiver, irriguer, cueillir, faire des travaux agricoles à 40 degrés en été ou au contraire, à 0 degrés lorsque le premier grand froid s’installe. Puis, après avoir ramassé la récolte, il faut se rendre à Lungulețu, au marché de gros, et la vendre souvent pour une somme bien inférieure par rapport à celle investie ».

 

Quel impact? 

 

La deuxième partie du documentaire « Choux, pommes de terre et d’autres démons » a été mise gratuitement en ligne lors d’une projection en salle de cinéma, au Musée du paysan roumain, en présence de l’équipe. Cette initiative de Șerban Georgescu de retourner à Lungulețu nous pousse à nous interroger sur la capacité de la société roumaine d’opérer un changement radical d’attitude et sur l’influence positive qu’un tel documentaire pourrait avoir.

 

Serban Georgescu : « Un aspect important à mentionner est que le premier documentaire datant de 2015 a été fait 8 ans après l’adhésion de la Roumanie à l’UE, lorsque l’ouverture du marché aux produits européens a surpris nos agriculteurs. Il est difficile de s’imaginer que quelques années seulement auraient pu suffire à nos fermiers pour s’adapter aux nouvelles conditions. N’oubliez pas que les effets de cette ouverture du marché nous a tous surpris, mais en ville, ces changements ont été mieux gérés. Voilà pourquoi, dix ans plus tard, j’ai décidé de revoir les personnages de mon premier film, des héros qui reflètent très bien la situation des fermiers à la campagne. Les choses ont évolué, les mentalités ont changé et malgré le contexte politique et social assez trouble, les gens ont avoué que leur succès était étroitement lié aux fonds européens. Sans financement européen, ils n’auraient rien obtenu. Or, le fait qu’ils ont compris un tel aspect est particulièrement important. »

 

« Choux, pommes de terre et d’autres démons. Dix ans après » est une production Kolectiv Film en partenariat avec UPFAR- ARGOA.

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