« Full Season , une exposition proposée par la Cellule d’Art
C’est une invitation tant à l’introspection qu’à une réflexion sur les transformations intérieures. « Full Season » réunit des installations textiles, collages, structures visuelles, interventions poétiques. Elle explore l’identité, la mémoire, la fragilité et le processus de devenir.
Ion Puican, 29.11.2025, 10:44
Tombée de rideau ce novembre au cœur de la saison d’expositions 2025 organisée par la Cellule d’Art. C’est l’exposition intitulée « Full Season » qui clôture l’année en accueillant les créations des artistes qui ont participé à la Galerie Verticale tout au long de l’année. C’est une invitation tant à l’introspection qu’à une réflexion sur les transformations intérieures.
Nous avons invité Anca Spiridon, PR culturel et curateur de l’exposition « Full Season » a nous présenter les œuvres :
« Nous avons décidé de clôturer l’année de la Cellule d’Art avec une dernière grande exposition intitulée « Full Season », en fait une exposition d’art textile. Ces œuvres marquent un accomplissement d’une année pour toute l’équipe, avec deux résidences internationales, deux projets culturels importants en équipes agrandies et, bien sur, la saison d’exposition de la Galerie Verticale. C’est la première occasion d’exposer dans un des espaces de la Cellule d’Art deux œuvres et installations d’art textile d’ une manière cohérente et soutenue. A notre avis cet événement que nous organisons au Musée Technique jusqu’au 30 novembre est tant une conclusion, qu’une période de pause après tout ce que nous avons réalisé cette année, une période quand nous souhaitons nous réjouir de tout ce qui s’est passé, de conclure et d’apprendre des leçons. »
L’année 2025 pour la Galerie Verticale
Quelle était la démarche de l’année 2025 pour la Galerie Verticale dans le cadre de la Cellule d’Art ? Quelle a été l’idée initiale et quelles étaient les résultats ? Comment les artistes dont les œuvres ont été exposés ont été sélectionnés en 2025 ? Anca Spiridon nous explique :
« Lorsque nous avons choisi la thématique de la saison d’exposition à la Galerie Verticale, nous avons commencé avec deux idées véhiculées parmi nos amis artistes, tant des artistes visuels que des écrivains. Dans le domaine de l’art visuel, l’art textile est le Cendrillon, le domaine le moins représenté, le moins exposé dans les galeries. De même que la poésie est le Cendrillon de la littérature contemporaine. Pourtant le contexte change d’une année à l’autre et donc au cours des dernières années un nombre croissant d’événements qui mettent en lumière la poésie contemporaine sont organisés. Nous avons désiré de mettre les deux domaines ensemble, afin de pouvoir exposer au public passionné soit l’un soit l’autre, pour qu’il ait l’occasion d’explorer une forme différente d’expression artistique. C’est vrai, en fait les deux sont complémentaires, car l’un propose la composante auditive tandis que l’autre propose la composante visuelle et finalement les deux touchent et créent ensemble des émotions fortes, une expérience unique pour chaque visiteur. Ce qui est intéressant est que les œuvres exposés en 2025 dans la Galerie Verticale n’ont pas été choisis. En fait il s’agissait des propositions des artistes qui soit nous ont été recommandés, soit nous les connaissions et nous souhaitons exposer leur œuvres dans cette première démarche d’organiser une exposition d’art textile. Par hasard toutes les œuvres ont mis en premier plan des expériences personnelles et ont surpris des états intimes. D’ailleurs, le public pouvait très facilement se connecter à ses œuvres. Ils surprennent des moments de fragilité, de rappel, de construction d’identité, ou bien d’introspection. Lorsque nous avons amenés tous ces œuvres au Musée Technique, ils se sont simplement intégrés naturellement un aux côtés de l’autre, de sorte que les visiteurs puissent parcourir ce paysage intérieur des émotions et avoir une expérience cohérente pour les découvrir. »
Identité, mémoire, fragilité
« Full Season » réunit des installations textiles, collages, structures visuelles, interventions poétiques. Elle explore l’identité, la mémoire, la fragilité et le processus de devenir. Des œuvres qui transforment le tissu en langage de l’âme jusqu’aux installations qui reproduisent des processus mentaux et émotionnels, l’exposition invite le public à découvrir et traverser tout un paysage intérieur.
Anca Spiridon : « L’exposition présente également des installations qui donnent une forme visuelle à des processus mentaux ou émotionnels. En effet, le langage visuel s’avère très utile lorsqu’il nous est impossible de mettre des mots sur certaines expériences et émotions. A mon sens, c’est justement le rôle de l’art de mettre en avant ce qui est moins visible ou moins facile à exprimer. Et ce que j’ai trouvé particulièrement sympa, c’est qu’avant même de pouvoir déchiffrer l’étiquette de l’œuvre, le langage visuel suffit parfois à faciliter la compréhension. »
La mission de la Cellule d’Art
La Cellule d’Art est un espace géré par les artistes qui, depuis des années, sort l’art du cube blanc définit par une certaine austérité de l’art contemporain pour l’amener dans des endroits accessibles et vivants. Ceci étant, « Full Season » est une invitation à une présence authentique dans l’espace commun de la sensibilité.
Anca Spiridon s’attarde sur la mission que se donne la Cellule d’Art :
« Nous clôturons la huitième année d’activité de la Cellule d’Art, un projet artistique qui s’est donné pour mission de sortir l’art de l’espace enfermé des galeries et des musées pour le rendre plus accessible. Au fil du temps, nous avons réalisé qu’une telle approche a eu la force de nous rapprocher d’une communauté de visiteurs qui préfère aux galeries d’art les espaces non conventionnels et leur ambiance décontractée. »
Le tissu, au coeur de la création
Parmi les artistes invités, Alexandra Tecu propose au public une installation méditative sur l’âme et le langage d’expression en utilisant le tissu comme support d’écriture. Le public est invité dans un espace symbolique a mené une réflexion sur des questions existentielles.
Catalin Angelescu recompose les mémoires comme une archive affective par des collages, tapisseries et structures textiles qui conserves les souvenirs et la modalité de vivre le passé. Oana Iordachescu recherche les parties de la conscience par une installation qui transforme les processus mentaux et émotionnelles dans des formes visuelles.
Sabina Stan combine la corde, l’aluminium et les éléments organiques dans des installations qui explorent la découverte de soi, l’identité féminine et la dynamique entre l’individu et la communauté. Ioana Vilcu analyse le processus de construction de soi et d’acceptation personnelle à travers une composition stratifiée qui juxtapose des portraits à des applications textiles transparentes.
Dana Cirtog crée un espace intime, « Lieu de Pause », où des objets faits à main composent un refuge méditatif et chaleureux, dédié à la lenteur. Otilia Boeru approche le thème de l’illusion à travers une œuvre inspirée du film « Vanilla Sky ». L’installation intitulée « Epitelltale » unit l’art textile à la poésie contemporaine, transformant les mots visibles et invisibles en strates d’identité qui s’impriment métaphoriquement sur le corps et dans l’espace.
La Cellule d’Art est un projet culturel indépendant coordonné par des artistes (artist-run). Il a débuté en 2017 et se déroule dans plusieurs espaces d’art contemporain permanent et temporaire. (trad. Ioana Stancescu; Andra Juganaru)