Une coordination des efforts européens
L’UE et l’OTAN, prêtes à s’impliquer davantage dans le renforcement de la sécurité de l’Arctique.
Roxana Vasile, 23.01.2026, 13:16
En pleine période de tensions avec Washington, les dirigeants européens réunis jeudi en Conseil extraordinaire, ont déclaré leur solidarité avec le Danemark et le Groenland, dans le contexte des prétentions du président américain Donald Trump d’obtenir par tous les moyens l’île arctique. Ils ont décidé de renforcer les investissements européens dans la région, en coordination avec l’OTAN. En même temps, la menace des droits de douane lancée par les Etats-Unis a été suspendue pour une période de six mois, mais pas abandonnée, a rappelé la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Les responsables européens ont également décidé d’entamer des négociations avec les États-Unis sur la Charte pour la paix – une initiative du président Trump – afin de l’aligner sur les engagements internationaux.
L’UE exige le respect de Washington
Selon le correspondant de Radio Romania à Bruxelles, les Vingt Sept, convoqués en conseil d’urgence, ont affirmé que la relation avec les États-Unis était trop importante pour qu’ils ne surmontent pas l’épisode tendu auquel le monde entier a assisté ces derniers temps. Toutefois, le président du Conseil européen, António Costa, a déclaré que l’Union européenne attendait de la part de son allié stratégique américain les mêmes preuves de respect et de cordialité dont il bénéficiait de la part de Bruxelles. La cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a quant à elle déclaré que la solidarité de l’Union envers le Danemark et le Groenland a joué un rôle très important durant les pourparlers avec Donald Trump.
L’Europe repense son rôle dans l’Arctique
Ce sommet extraordinaire a également confirmé que la crise du Groenland a poussé l’UE à repenser son rôle dans l’Arctique. Et Mme von der Leyen d’évoquer un important plan d’investissement pour le Groenland, avec l’engagement de doubler les investissements et la création d’un brise-glace européen pour appuyer la présence européenne dans la région, ainsi qu’une coordination avec l’OTAN, afin de mieux protéger la région.
La Roumanie pourrait participer aux missions de l’OTAN en Arctique
Présent à Bruxelles, le président Nicuşor Dan n’a pas exclut la possibilité que la Roumanie, en tant que membre de l’Alliance, participe aux futures missions de l’OTAN dans la région arctique :
« Si on nous le demande, on le fera, mais notre priorité reste la sécurité sur le flanc oriental, car c’est là que se trouve la menace immédiate.”
Voilà pourquoi Washington reste un de nos partenaires stratégiques, a ajouté le chef de l’Etat roumain, une opinion partagée, d’ailleurs, par de nombreux États membres de l’Union. « Il est évident que, ces derniers temps, cette relation transatlantique a connu des turbulences ou des discontinuités, mais il existe suffisamment de raisons pour qu’elle se poursuive et, bien sûr, comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, le dialogue reste extrêmement important », a conclu le chef de l’État roumain.
Autres sujets examinés: l’Ukraine, le Mercosur et la Gaza
Bien qu’un peu reléguées au second plan, les questions relatives à l’Ukraine, à Gaza et au Mercosur n’ont pas été éludées lors du Conseil européen extraordinaire de jeudi. L’Union européenne maintient son soutien à l’Ukraine et poursuit les discussions sur les garanties de sécurité pour Kiev et le plan de paix coordonné par les Américains. En ce qui concerne la Bande de Gaza, la plupart des États membres de l’Union européenne estiment que l’Europe devrait s’impliquer dans le processus de paix dans cette zone. Enfin, la mise en œuvre de la phase provisoire de l’accord UE- Mercosur, ainsi que la négociation d’autres accords commerciaux avec des acteurs mondiaux constituent autant des priorités.