La semaine du 26 au 30 janvier 2026
Visite du premier ministre roumain, Ilie Bolojan, à Berlin/Projets financés par le biais du programme Safe - (Action pour la sécurité en Europe)/ La Roumanie, candidate pour accueillir la prochaine Agence douanière de l’UE./ Déficit budgétaire plus bas en 2025, voici les principaux sujets de la semaine qui vient de s’achever.
Daniela Budu, 01.02.2026, 13:51
Le premier ministre roumain à Berlin
Le Premier ministre roumain, le libéral Ilie Bolojan a rencontré mercredi à Berlin le chancelier fédéral allemand Friedrich Merz, au sujet de la collaboration bilatérale dans le domaine de la Défense, de l’industrie militaire, du soutien à l’Ukraine, du parcours européen de la République de Moldova, mais aussi de la diversification des investissements allemands en Roumanie et l’importance des minorités allemande et roumaine. Ilie Bolojan a souligné que le monde traversait une période d’incertitudes, marquée par les pressions exercées sur les économies européennes, la guerre en Ukraine et la concurrence internationale, ce qui oblige les responsables politiques à adopter des décisions plus efficaces. Dans ce contexte, la Roumanie souhaite développer sa collaboration avec l’Allemagne.
Ilie Bolojan : « J’ai discuté avec le chancelier Merz de l’augmentation des investissements dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’industrie et la défense, notamment par la mise à profit des instruments européens, comme le programme SAFE. Ce sont des domaines qui détermineront la compétitivité de l’Europe dans les années à venir et dans lesquels la Roumanie souhaite être un partenaire fiable. »
Le Premier ministre a souligné que les deux États partageaient la même vision de l’importance du rétablissement de la paix et de la sécurité dans la région de la mer Noire. Il a ajouté que la défense aérienne était une priorité pour la Roumanie et que la contribution de l’Allemagne dans ce domaine était nécessaire et appréciée. De son côté, la chancelière fédérale s’est félicitée que les deux États assument conjointement la responsabilité de la sécurité de l’Europe. Il a également déclaré : « Nos pays sont non seulement interconnectés du point de vue de la défense, mais de nombreuses entreprises allemandes sont également présentes sur le marché roumain, où elles investissent, créent des emplois et contribuent à la modernisation de l’économie roumaine.» À Berlin, le Premier ministre roumain était accompagné par le ministre de la Défense, Radu Miruţă, qui a signé un mémorandum avec son homologue Boris Pistorius sur la collaboration dans l’industrie de la défense, financée par le programme européen SAFE. Grâce à cette collaboration, la Roumanie pourra acquérir des équipements à des prix plus avantageux et bénéficier de délais de livraison plus courts, a précisé Radu Miruţă.
Projets financés par le biais du programme Safe
Le gouvernement roumain a rendu publics les projets qui bénéficieront de financement par le biais de l’instrument européen SAFE – (Action pour la sécurité en Europe). Grâce à cette initiative, la Roumanie dispose de plus de 16 milliards d’euros, le deuxième montant le plus élevé alloué à un État membre, juste derrière la Pologne. Les fonds seront consentis sous forme de prêts à taux d’intérêt préférentiel, plafonné à 3 %, et leur remboursement s’échelonnera sur 30 ans à partir de 2035. Sur le total des financements, 4,2 milliards d’euros seront affectés à l’amélioration des infrastructures militaires et civiles, 9,6 milliards au ministère de la Défense, et environ 3 milliards au ministère de l’Intérieur et de la Protection civile. Le ministre roumain de la Défense, Radu Miruţă, a précisé que son ministère mettra sur pied 21 projets, dont 10 constituant des achats en commun avec d’autres Etats et 11 visant exclusivement la Roumanie. Parallèlement, le ministère de l’Intérieur se concentrera sur l’acquisition d’équipements et d’armes spécifiques, tandis que la Protection civile renforcera sa flotte de véhicules pour transporter un plus grand nombre de patients et diversifier ses itinéraires par voie terrestre, maritime et aérienne. Dans ce cadre, le ministre Miruţă a rencontré lundi Raymond Piselli, vice-président des opérations stratégiques internationales de Lockheed Martin, principal partenaire industriel de la Roumanie.
La Roumanie, candidate pour accueillir la prochaine Agence douanière de l’UE.
Mercredi à Bruxelles la Roumanie a défendu sa candidature pour accueillir la future Agence douanière de l’Union européenne (EUCA), lors d’une session de questions-réponses organisée par la Commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs (IMCO) du Parlement européen. Le ministre roumain des Finances Alexandru Nazare a présenté les principaux atouts de Bucarest, en mettant l’accent sur l’expertise en cybersécurité, la compétitivité du marché du travail et la disponibilité immédiate du siège. Un argument clé de la Roumanie est la position de Bucarest en tant que hub régional de cybersécurité, soutenue par la présence du Centre européen de cybersécurité et de spécialistes en informatique. La nouvelle agence douanière de l’UE devrait vérifier des milliards de colis qui entrent dans l’espace communautaire, après la décision de l’Union de taxer aussi les colis de moins de 150 euros. À Bruxelles, Alexandru Nazare a également rencontré Valdis Dombrovskis, commissaire européen à l’Économie et à la Productivité, au sujet du déficit budgétaire de la Roumanie, qui, conformément aux engagements pris, devrait diminuer pour atteindre les 6 % du PIB en 2026. Il convient toutefois de noter que le gouvernement de Bucarest estime avoir besoin d’environ 275 milliards de lei cette année, soit l’équivalent de 55 milliards d’euros, pour couvrir le déficit budgétaire prévu, mais aussi pour refinancer la dette publique arrivant à échéance cette année, qui s’élève à 3,25 milliards d’euros. En avril, la Commission européenne publiera les premières analyses économiques de l’année, dans un rapport détaillant la situation de chaque État membre. D’ici là, l’agence de notation financière Fitch annoncera la note de la Roumanie le 13 février. À l’issue de sa rencontre avec les représentants de Fitch, Alexandru Nazare a déclaré que les autorités comptaient non seulement maintenir la note actuelle, mais aussi améliorer les performances et la notation du pays dans les prochains mois.
Déficit budgétaire plus bas en 2025
L’année 2025 s’est achevée sur un déficit budgétaire en liquide, soit un écart entre le total des dépenses et des recettes, d’un peu plus de 146 milliards de lei (environ 29 milliards d’euros), soit 7,65 % du produit intérieur brut (PIB). Il s’agit donc d’une diminution du déficit de plus d’un point de pourcentage par rapport à celui enregistré en 2024, mais aussi par rapport aux 8,4 % que le gouvernement s’est engagé à respecter auprès de la Commission européenne. Le ministre roumain des Finances Alexandru Nazare explique ces résultats par les investissements importants financés par des fonds européens non remboursables et par des mesures de discipline budgétaire. Côté investissements, ceux-ci ont progressé l’année dernière d’environ 16% pour se chiffrer à 138 milliards de lei (soit plus de 17 milliards d’euros) et compter pour 7,2% du PIB, a également annoncé Alexandru Nazare.