La semaine du 2 au 8 mars 2026
La Roumanie et la crise au Moyen-Orient / La sécurité, au cœur des débats à Varsovie/ Des propositions pour les grands Parquets / De nouveaux ambassadeurs à Bucarest.
Daniela Budu, 08.03.2026, 11:00
La Roumanie et la crise au Moyen-Orient
Les autorités roumaines restent en état d’alerte dans le contexte du conflit au Moyen-Orient. La cheffe de la diplomatie roumaine, Oana Ţoiu, a déclaré que l’évacuation des ressortissants roumains se trouvant dans les zones de conflit se fait exclusivement sur la base des critères d’urgence fixés par les équipes consulaires. Pour l’instant, seuls quelques centaines de Roumains parmi les milliers ayant signalé leur présence au Moyen-Orient ont été rapatriés en Roumanie. Le ministère roumain des Affaires étrangères assure rester en contact permanent avec les Roumains bloqués au Moyen-Orient, tout comme avec les missions diplomatiques et les bureaux consulaires de la Roumanie sur place. Selon la ministre roumaine, leurs activités sont coordonnées avec celles des bureaux consulaires des autres États membres de l’UE. Jeudi, Oana Țoiu s’est entretenue avec ses homologues saoudiens et omanais au sujet des Roumains bloqués par la guerre, de leur protection, de la réouverture de l’espace aérien et d’une potentielle collaboration pour effectuer des vols au départ des pays concernés par la guerre vers la Roumanie et l’Europe. De son côté, le ministère des Affaires étrangères a annoncé chercher des solutions pour rapatrier les citoyens roumains qui se trouvent toujours dans les pays touchés par les bombardements. Mais pour cela, il faut que les espaces aériens soient ouverts. En outre, le ministère des Affaires étrangères a convoqué une réunion de la cellule de crise spécialement constituée à cet effet, tandis que le gouvernement roumain s’est réuni à son tour pour débattre de la situation. Le chargé d’affaires de la République islamique d’Iran à Bucarest, Javad Karimi, a été convoqué au siège du ministère des Affaires étrangères «pour lui faire part des profondes préoccupations de la Roumanie concernant le comportement de la République islamique d’Iran dans le contexte de l’actuelle crise élargie ».
La sécurité, au cœur des débats de Varsovie
Lors d’une visite officielle jeudi, à Varsovie, à l’invitation de son homologue Karol Nawrocki, le président roumain Nicușor Dan a réitérer que la priorité des autorités roumaines était le rapatriement des citoyens roumains bloqués dans la région du Golfe. Il a précisé ne pas convoquer le Conseil suprême de défense du pays tant que les événements ne représentent pas un danger immédiat pour la Roumanie. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, Nicusor Dan a assuré que « la Roumanie se trouve en parfaite sécurité et ne fait l’objet d’aucune menace directe ». Les discussions de Varsovie ont porté sur la situation au Moyen-Orient, mais aussi sur la direction adoptée par l’Union européenne. La Roumanie et la Pologne restent des partenaires et des alliés importants au sein de l’OTAN et de l’UE, a précisé Nicuşor Dan. « Nous avons réaffirmé notre partenariat stratégique bilatéral solide. Dans un contexte mondial complexe, la solidarité au sein de l’OTAN et de l’UE et le renforcement du flanc oriental restent essentiels pour notre sécurité commune et pour l’ensemble de l’Europe », a déclaré le chef de l’État. La Roumanie est un partenaire stratégique de la Pologne, a souligné à son tour le président Karol Nawrocki. Et d’ajouter que les discussions avec son homologue roumain ont été dominées par des sujets de sécurité, tels que la situation de l’Alliance atlantique, de l’UE et la coopération de Varsovie avec Bucarest et Washington.
Lors de sa visite à Varsovie, le chef de l’État roumain a discuté aussi avec le Premier ministre Donald Tusk de la coopération dans le domaine de la défense et de la «responsabilité commune de leurs pays vis-à-vis de la consolidation de la sécurité en Europe et de l’avenir du projet européen ». Présente mardi à Varsovie, à l’occasion de la Journée de la solidarité roumano-polonaise, la ministre des Affaires étrangères, Oana Ţoiu, a déclaré que Bucarest souhaitait une coopération en format Roumanie-Pologne-Turquie, mais aussi Bucarest 9 (B9). « Notre collaboration est essentielle pour que les priorités de la région se trouvent au centre des politiques européennes », a déclaré Oana Țoiu à l’issue de sa rencontre avec son homologue Radoslaw Sikorski. À Bruxelles, le ministre roumain de la Défense, Radu Miruţă, a rencontré de son côté la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, qui « a réaffirmé l’engagement commun en faveur du renforcement de la sécurité et de la défense européennes, dans un contexte international marqué par des défis complexes et dynamiques ».
Des propositions pour les grands Parquets
Après quatre journées d’entretiens, le ministre roumain de la Justice, Radu Marinescu, a présenté les propositions pour les postes de directeur des grands parquets de Roumanie. 19 candidats ont participé à une sélection organisée entre le 8 janvier et le 2 mars. L’actuelle cheffe de la Direction nationale anti-corruption (DNA) de Iași, Cristina Chiriac, a été nommée au poste de procureur général de Roumanie. Viorel Cerbu, actuellement un des directeurs adjoints de la DNA est proposé au poste de directeur de la même direction. Codrin Horaţiu-Miron sera le nouveau chef de la Direction d’investigation du crime organisé et du terrorisme (DIICOT). Les candidats seront auditionnés entre du 10 au 17 mars par le Conseil supérieur de la magistrature, qui doit rendre un avis consultatif, mais obligatoire. Par la suite, ce sera au président roumain de valider ou non les candidatures.
De nouveaux ambassadeurs à Bucarest
Deux nouveaux ambassadeurs ont officiellement pris leurs fonctions en Roumanie après avoir présenté leurs lettres de créance au président roumain Nicușor Dan. L’ambassadeur des États-Unis, Darryl Nirenberg, qui a prêté serment en février, a réaffirmé son engagement à consolider les 30 ans de coopération bilatérale solide dans les domaines de la défense, de la sécurité, de l’échange d’informations, du respect de la loi et du partenariat économique. Selon ces dires, les relations roumano-américaines reposent sur des intérêts communs, un engagement ferme en faveur de l’État de droit et une vision commune d’un avenir sûr et prospère. Le chef de l’État a également reçu le nouvel ambassadeur de la République de Moldova, Mihai Mîţu, pour la présentation de ses lettres de créance. Selon les deux hommes, le développement de projets communs contribuera directement à la modernisation de la République de Moldova et à son parcours européen.