La semaine du 23 au 29 mars 2026
Décret d’urgence adopté à Bucarest/ Une hypothèse : Les Roumains, dans le détroit d’Ormuz/ Les mineurs, de retour à Bucarest/ La Bessarabie, 108/ La Roumanie rate sa qualification au Mondial 2026.
Bogdan Matei, 29.03.2026, 10:08
Décret d’urgence adopté à Bucarest
Le gouvernement de Bucarest a adopté jeudi un décret d’urgence instaurant, jusqu’au milieu de l’année, un régime temporaire de crise sur le marché des carburants. Ce nouveau cadre prévoit aussi bien un plafonnement des marges commerciales que des restrictions, afin d’atténuer la flambée des prix provoquée par la nouvelle guerre au Moyen-Orient. Ainsi, du 1er avril au 30 juin, la marge commerciale des entreprises du secteur pétrolier sera limitée au taux moyen enregistré l’année dernière.
Les opérateurs économiques qui appliqueront des marges commerciales supérieures au niveau autorisé se verront infliger des amendes allant de 0,5 à 1 % du chiffre d’affaires réalisé en 2025. Les opérateurs économiques doivent réduire de 8 à 2 % la part de biocarburants incorporés dans l’essence. L’exportation de gazole ne pourra se faire qu’avec l’accord des ministères de l’Économie et de l’Énergie. Sans ces autorisations, les entreprises se verront infliger des amendes allant de 5 à 10 % de leur chiffre d’affaires et leurs biens issus des exportations seront confisqués.
Le gouvernement affirme que ce train de mesures repose sur le partage des coûts entre l’exécutif, le secteur privé et les citoyens, ainsi que sur l’adoption de solutions transparentes, faciles à mettre en œuvre et à faible impact sur le marché. « La concurrence reste l’élément le plus important sur un marché, et pour résoudre une crise, il faudrait réduire les recettes de l’État, par une baisse des accises ou de la TVA » a réplique le président de l’Association des fournisseurs d’énergie de Roumanie, Laurenţiu Urluescu.
C’est un avis partagé aussi par les experts économiques interrogés par Radio România. Les grandes confédérations syndicales ont décliné leur participation à la réunion du Conseil national tripartite pour le dialogue social, consacrée précisément à ce sujet et réunissant les décideurs politiques et les représentants du patronat. Les responsables syndicaux accusent le gouvernement de faire semblant de consulter ses partenaires sociaux et réclament, à leur tour, une baisse de la TVA et des accises sur les carburants.
Une hypothèse : Les Roumains, dans le détroit d’Ormuz
La Roumanie pourrait participer à des missions de déminage dans le détroit d’Ormuz, actuellement paralysé par la guerre, mais uniquement après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre les parties en conflit : les États-Unis et Israël, d’une part, et l’Iran, d’autre part. C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre roumain, Ilie Bolojan. Pour l’instant, on se contente d’analyser la situation et de discuter de la manière dont Bucarest pourrait s’impliquer concrètement dans cette démarche », a expliqué pour sa part le ministre de la Défense, Radu Miruţă, dans un entretien sur Radio România. C’est bien lui le premier et le seul d’ailleurs, à avoir annoncé que la Roumanie pourrait envoyer des plongeurs démineurs dans le détroit d’Ormuz.
Les mineurs, de retour à Bucarest
Plusieurs centaines de mineurs de la Vallée du Jiu (centre-ouest) se sont réunis mardi à Bucarest, devant le siège du gouvernement, pour dénoncer la perte de leurs emplois et le fait qu’en pleine période de crise énergétique mondiale, leur nouvelle convention collective de travail n’était toujours pas signée. Ils ont réclamé l’intervention des autorités et une renégociation des délais de fermeture de leurs mines, une mesure imposée au terme des engagements assumés par la Roumanie dans le cadre du Plan national de relance et de résilience (PNRR).
Les gendarmes ont utilisé des gaz lacrymogènes après que plusieurs manifestants ont forcé les barrières qui entouraient la zone du rassemblement public. Par ailleurs, la couverture médiatique de la manifestation a été quasi inexistante. Les mineurs ne représentent presque plus rien à Bucarest, où, dans les années 1990, leurs prédécesseurs se rendaient fréquemment, soit pour réprimer violemment l’opposition au régime de gauche installé après la Révolution de 1989, soit dans le but déclaré de renverser les gouvernements dont les politiques sociales leur déplaisaient.
La Bessarabie, 108
Le Premier ministre Ilie Bolojan a rappelé que le 27 mars la Roumanie et la Bessarabie célébraient le 108e anniversaire de leur union intervenu à la fin de la Première Guerre mondiale. A cette occasion, le chef du gouvernement s’est rendu au monastère de Cernica, près de Bucarest, pour fleurir les tombes de quelques-uns des artisans de l’Union de 1918 qui, en 1940, lorsque la Roumanie a cédé la Bessarabie à la suite d’un ultimatum lancé par l’Union soviétique stalinienne, ont réussi à se réfugier loin des occupants. Ces derniers ont fini par être emprisonnés par le régime communiste roumain, mis en place après la Seconde Guerre mondiale par les troupes d’occupation soviétiques. « Que Dieu accorde le repos éternel aux martyrs et aux héros de notre nation ! » – a écrit Ilie Bolojan dans un message publié sur les réseaux sociaux. La République de Moldavie actuelle a été constituée sur la majeure partie des territoires roumains orientaux annexés par les Russes il y a 86 ans.
La Roumanie rate sa qualification au Mondial 2026
L’équipe nationale de football de Roumanie a une nouvelle fois raté sa qualification à la Coupe du monde, après avoir été éliminé par la Turquie, 1à 0 en demi-finale des barrages de qualification au Mondial 2026, organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique.
La presse sportive de Bucarest affirme que cet échec marque la fin du parcours et la fin de carrière de Mircea Lucescu, sélectionneur octogénaire très respecté, multiple champion national en Roumanie, en Turquie et en Ukraine, à la tête du club turc de Galatasaray, au moment où il a remporté la Coupe UEFA. Lucescu était également sélectionneur en 1984, lorsque la Roumanie s’est qualifiée pour la première fois au Championnat d’Europe, organisé en France.
À l’époque, seules huit équipes participaient à la phase finale du championnat continental. Selon la presse, le plus probablement, le successeur de Lucescu sera l’ancien grand international Gheorghe Hagi (61 ans), la seule personnalité du football roumain à avoir remporté le titre de champion national en tant que joueur, entraîneur et président-fondateur d’un club. La dernière Coupe du monde à laquelle la Roumanie a participé remonte à 1998.