Les principaux événements qui ont marqué l’année 2025 en Roumanie
Une année politique agitée/ Réformes, austérité et protestations/ Des désastres qui auraient pu être évités/ La Roumanie devient membre de plein droit de l’espace Schengen/ La grande consécration de la Cathédrale Nationale à Bucarest/ Performances dans les sports
Roxana Vasile, 02.01.2026, 09:54
Une année politique agitée
Au 1er janvier 2025, Klaus Iohannis était encore président de la Roumanie, même s’il avait déjà achevé son second mandat, le dernier auquel il avait droit aux termes de la Constitution. L’Exécutif était constitué, lui, toujours de la même coalition gouvernementale qu’auparavant qui réunissait le Parti social-démocrate, le Parti national libéral et l’Union démocrate magyare de Roumanie. Rien n’avait changé malgré le fait qu’en 2024, la Roumanie avait organisé tous les types d’élections possibles – pour le Parlement européen, municipales, législatives et présidentielles. Rappelons-le, l’annulation des élections présidentielles roumaines de décembre 2024, alors que celles-ci étaient en cours de déroulement, à cause d’ingérences extérieures présumées russes en faveur du gagnant du premier tour de scrutin, le candidat indépendant souverainiste Călin Georgescu, a profondément bouleversé la vie politique de Roumanie. En même temps aevec l’annulation du scrutin, la Cour Constitutionnelle a également décidé que le président Iohannis, dont le second mandat aurait dû s’achever le 21 décembre 2024, pouvait rester à son poste jusqu’à l’élection d’un successeur. A la mi-février 2025, il a fini par annoncer sa démission pour de ne pas provoquer une crise politique qu’une éventuelle suspension de ses fonctions aurait pu causer. Une possibilité qui était en fait sur le point de se devenir réalité, puisque l’opposition nationaliste avait déjà démarré cette procédure durant les derniers jours de législature. Aux termes de la Constitution, c’est le président du Sénat, le libéral Ilie Bolojan qui est devenu chef d’Etat par intérim.
Entre temps, les deux tours des élections présidentielles ont été reportées pour le 4 et respectivement le 18 mai 2025. La campagne électorale a été marquée par l’instabilité politique et par des protestations contre l’annulation du scrutin de décembre 2024, alors que Călin Georgescu s’est vu barrer la voie vers une nouvelle participation aux élections présidentielles. D’ailleurs, il fait actuellement l’objet de plusieurs dossiers pénaux. Ce fut le leader du parti nationaliste de l’Alliance pour l’Union des Roumains, George Simion, qui s’est porté candidat aux présidentielles dans le sillage de Calin Georgescu. Et pourtant, au second tour du 18 mai, George Simion a enregistré une défaite majeure face au maire de Bucarest, l’indépendant pro-européen Nicusor Dan, qui a remporté plus de 53 % des voix pour devenir Président de la Roumanie. Un mois après les élections présidentielles, une nouvelle coalition gouvernementale voyait le jour, réunissant les mêmes partis au pouvoir – le Parti social démocrate, le Parti national libéral et l’Union démocrate-magyare de Roumanie, auxquels est venue s’ajouter l’Union Sauvez la Roumanie, dans l’opposition jusque-là. Le libéral Ilie Bolojan devenait premier ministre d’un cabinet qui n’allait pas être épargné par les scandales durant les six mois à suivre. Et pour cause. Un des vice-premier-ministres, l’homme d’affaires Dragoş Anastasiu, a démissionné, car accusé d’implication par le passé dans un dossier de corruption. Le ministre de la Défense, Ionuț Moșteanu, a lui aussi démissionné à cause des incertitudes liées à ses études universitaires, alors que le ministre de l’Education nationale, Daniel David a décidé de quitter l’équipe gouvernementale juste avant Noël. Notons également, que le poste de maire de la Capitale roumaine, resté vacant après la victoire de Nicusor Dan aux élections présidentielles, est désormais occupé par le libéral Ciprian Ciucu, qui a remporté les élections municipales partielles du 7 décembre.
Réformes, austérité et protestations
A l’issue de tous les types d’élections en 2024 et 2025, les Roumains se sont vus confronter à une crise fiscale et budgétaire qui a poussé le cabinet du premier ministre libéral Ilie Bolojan à inaugurer son mandat, en juin 2025, par un programme de gouvernement visant à redresser le budget d’Etat afin de réduire le déficit de la Roumanie, qui était le plus élevé de l’Union Européenne. Par conséquent, à commencer par l’été dernier, l’Exécutif a dû introduire une multitude de mesures impopulaires : augmentation de la TVA, majoration des accises sur les carburants, introduction d’une contribution de 10 % à la sécurité sociale pour pensions de retraites de plus de 600 euros, majoration du nombre d’heures de cours des enseignants ou encore la baisse du nombre de bourses de mérite que l’Etat paie aux élèves et étudiants. L’administration centrale doit aussi réduire de 10 % ses dépenses, alors que les administrations locales sont obligées de couper 30 % du nombre des postes. Parallèlement, les taxes et impôts locaux devraient augmenter considérablement en 2026, certaines devenant le double de 2025. Et c’est toujours pour faire des économies budgétaires que la coalition gouvernementale a réussi à faire adopter une réforme des régimes spéciaux de retraite des magistrats par l’engagement de la responsabilité du gouvernement devant le Parlement. Cette loi, qui constitue un jalon du Plan national de relance et de résilience, vise à diminuer les privilèges dont bénéficiaient jusqu’ici les juges et les procureurs de Roumanie. Et c’est au moment-même des vifs débats autour des régimes spéciaux de retraite des magistrats et qui ont suscité l’hostilité des Roumains envers cette catégorie socio-professionnelle, qu’un documentaire du média privé Recorder a davantage enflammé les esprits, dévoilant les mécanismes par lesquels de nombreux dossiers de corruption ont trainé en Justice pour être finalement classés. La société roumaine demande désormais des démissions à la tête du système judiciaire et une nouvelle réforme de la Justice roumaine.
Rahova… Paltinu… autant de désastres qui auraient pu être évités.
Toute une série d’événements sociaux négatifs majeurs ont marqué la Roumanie en 2025. Cet automne, à Bucarest, une explosion, dont la responsabilité appartient le plus probablement à une compagnie de distribution du gaz, a détruit un immeuble résidentiel. 3 personnes ont perdu la vie, 15 ont été blessées et plusieurs centaines se sont retrouvées sans abri à l’approche de l’hiver. Par ailleurs, dans le sud de la Roumanie, une centaine de milliers de personnes ont passé plus d’une semaine sans eau au robinet. Plusieurs jours de pluies torrentielles se sont succédé fin novembre alors que le niveau de l’eau dans le lac de retenue de Paltinu avait été délibérément abaissé afin de permettre l’exécution de travaux de réparation au barrage homonyme. Cette crise qui a touché aussi le système énergétique national a été la conséquence d’un manque de coordination entre les différentes institutions en charge de l’opération et de l’alimentation en eau potable de la population. Rappelons aussi les inondations causées par les pluies diluviennes qui ont ravagé plusieurs communes des départements de Suceava et de Neamt, dans le nord-est de la Roumanie. Le département de Suceava en a été le plus touché. Ici, le bilan des inondations fait état de 3 morts et plus de 2 500 sinistrées. 600 maisons ont été détruites ou endommagées, des voitures ont été emportées par les eaux, qui ont également endommagé l’infrastructure routière, électrique et les réseaux d’alimentation en eau et d’évacuation des eaux usées.
La Roumanie devient membre de plein droit de l’espace Schengen de libre circulation européenne
Ce fut le 1er janvier 2025 que la frontière extérieure de l’espace Schengen de libre circulation européenne a connu une modification notable, avec l’inclusion des frontières terrestres de la Roumanie et de la Bulgarie. Les deux pays avaient déjà adhéré à l’espace Schengen avec leurs frontières aériennes et maritimes en mars 2024. Ce fut une décision tout à fait normale puisque la Roumanie remplissait depuis plus d’une décennie toutes les conditions techniques pour adhérer à Schengen.
La grande consécration de la Cathédrale Nationale à Bucarest.
Le 26 octobre 2025, la Cathédrale nationale de Bucarest a été consacrée dans le cadre d’un événement devenu le point culminant des manifestations par lesquelles l’Eglise orthodoxe roumaine a célébré ses 140 ans d’autocéphalie et les 100 ans depuis l’institution du Patriarcat. Symbole de l’identité nationale et spirituelle du peuple roumain, la Cathédrale Nationale de Bucarest est une des plus grandes du monde orthodoxe, elle détient l’iconostase le plus grand au monde et la collection de peintures en mosaïque la plus importante au monde.
Performances dans les sports
Enfin côté sport, 2025 a été une des meilleures années pour la Roumanie en matière de performances sportives de ces trois dernières décennies, surtout pour ce qui est des sports individuels. Le déjà célèbre nageur David Popovici a remporté l’or aux Championnats du Monde de Singapour, tant à l’épreuve de 100 mètres nage libre, qu’au 200 m nage libre. En haltérophilie, Mihaela Cambei a décroché l’or à l’arraché et à l’épaulé jeté aux championnats d’Europe des séniors à Chisinau, en République de Moldova, pour remporter l’or et un nouveau record européen à l’arraché aux Championnats du Monde de Norvège. Dans cette dernière compétition elle a remporté aussi l’argent à l’épaulé-jeté. En gymnastique, notre compatriote Ana Bărbosu a décroché pas moins de 4 médailles aux Championnats d’Europe de Leipzig dont une d’or, une autre d’argent et deux de bronze. Pour ce qui est des sports d’équipe, l’aviron roumain a également connu des résultats notables, tout comme le tennis de table, tandis que la sélection nationale de foot de Roumanie a accédé au play-off de la Coupe du Monde.