La réforme de l’administration publique, un sujet mitigé
À Bucarest, la réforme administrative que le gouvernement s’apprête à adopter divise les maires à travers le pays et les décideurs politiques.
Bogdan Matei, 11.02.2026, 12:10
Invoquée par les décideurs politiques depuis déjà l’été dernier, la réforme de l’administration publique roumaine reste toujours un sujet mitigé, même 6 mois plus tard, alors qu’elle avait été proposée comme une des solutions « magiques » pour faire diminuer le déficit budgétaire de la Roumanie. Réunis ce mardi à Bucarest, les représentants des différentes communes ont débattu des mesures proposées par l’Exécutif pro-européen, formé du Parti social-démocrate, du Parti national libéral, de l’Union Sauvez la Roumanie et de l’Union démocrate magyare de Roumanie. Leurs avis sont presque unanimes : les édiles des communes roumaines estiment que les changements proposés pourraient bloquer le fonctionnement de l’administration locale, soulignant aussi que leurs communes ne peuvent pas se développer avec des fonds limités.
La période difficile n’est pas terminée
Présent au débat, le premier ministre libéral Ilie Bolojan a réitéré le fait que les mois à venir ne seront pas exemptés de contraintes budgétaires, ni de décisions difficiles, sur toile de fond du déficit toujours excessif de la Roumanie, que son Exécutif s’est engagé à corriger. Et d’ajouter qu’il faut trouver une solution afin d’équilibrer les budgets, de sorte que les communes touchant de très bas revenus, puissent assurer les services de base à leurs citoyens. Le chef de l’Exécutif a aussi expliqué pourquoi il a fallu augmenter les taxes locales, qui ont même triplé par endroits.
Ilie Bolojan : « Une composante à laquelle nous ne sommes heurtés durant cette période et à laquelle c’est principalement vous qui vous heurtez : ce sont les taxes locales. Elles ne peuvent plus rester au même niveau. Pourquoi ? Parce que les recettes issues des impôts sur la propriété comptent pour environ 0,55 % du PIB, alors que la moyenne de l’Union européenne en est de 1,85 %. Donc elle est au moins trois fois plus élevée. On ne peut plus se débrouiller avec ces impôts. Certes, comme vous, je ne suis pas du tout enchanté qu’il faudra payer des impôts plus élevés, des taxes supplémentaires sur la téléphonie, sur les places de parking et ainsi de suite ».
Et ce n’est pas tout. Le gouvernement n’a plus la capacité de transférer autant de fonds aux administrations publiques locales a encore précisé le premier ministre.
En attendant, dans plusieurs villes et communes à travers le pays, les citoyens ont déjà frappé aux portes des maires pour leur reprocher avec véhémence la majoration des impôts et des taxes.
Le PSD, aux côtés des maires
Présent lui aussi au débat de Bucarest, le président de la Chambre des Députés et leader social- démocrate, Sorin Grindeanu dénonce ce qu’il a appelé une « démonisation » des édiles ».
Sorin Grindeanu : « Je voudrais qu’on laisse de côté les discours triomphaux, pour parler ouvertement des « éléphants dans la pièce ». Ces derniers temps, l’on a tenté de manière consciente et par presque tous les moyens possibles, de diaboliser les maires en Roumanie ».
De l’avis du même Sorin Grindeanu, les taxes et impôts collectés par les communes doivent rester au budget de celles-ci, afin de leur permettre de mener à bout les programmes et projets déjà démarrés.
Pour leur part, les analysent sont plutôt sceptiques, estimant que la situation est difficile à résoudre. Ils rappellent que, jusqu’ici, la plupart des communes et des petites villes de Roumanie, assez pauvres pour la plupart, ont été dépendantes de l’argent venu du budget de l’État. Il est tout aussi vrai que les politiciens de Bucarest sont tout aussi dépendants des votes reçus à travers le pays, que seuls les édiles bien motivés peuvent collecter pour leur parti. (trad. Valentina Beleavski)