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La Roumanie participera-t-elle au « Conseil de paix » ?

Bucarest doit décider si – oui ou non – la Roumanie accepte l'invitation adressée au président Nicusor Dan de participer à la première réunion du "Conseil de paix"

Nicuşor Dan (Foto: presidency.ro)
Nicuşor Dan (Foto: presidency.ro)

, 09.02.2026, 13:13

Le président roumain, Nicușor Dan, a été invité à participer à la première réunion du « Conseil de paix », une structure mise en place et promue par le président des Etats-Unis, Donald Trump. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, un proche collaborateur du président américain, a déjà annoncé sa présence à cette réunion, qui se tiendra à Washington le 19 février prochain. La Hongrie fait d’ailleurs partie des Etats membres de ce nouveau « Conseil » présidé par les Etats-Unis. La Roumanie a officiellement reçu l’invitation à rejoindre des Etats tels l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis, l’Egypte, la Turquie, l’Indonésie, le Pakistan et le Qatar. Bucarest a indiqué qu’après avoir reçu l’invitation, des pourparlers avaient été entamés avec l’administration américaine afin de clarifier la compatibilité de la Charte du « Conseil de paix » avec les engagements internationaux déjà assumés par l’Etat roumain.

« La décision sur la participation sera prise après des pourparlers avec les partenaires américains sur le format de la réunion avec des Etats tels la Roumanie, qui ne sont pas actuellement membres du « Conseil », mais qui souhaitent y adhérer si la Charte est révisée », a expliqué Nicusor Dan. Cette décision ne concerne pas seulement des aspects techniques, mais aussi financiers, étant donné que l’adhésion permanente au « Conseil de paix » coûte pas moins d’un milliard de dollars.

 

Plusieurs Etats ont déjà refusé l’invitation

Par ailleurs, la position des Etats-Unis sur divers aspects de politique étrangère et de sécurité, tels la minimisation du rôle des Etats membres de l’OTAN pendant la guerre en Afghanistan, la réticence à soutenir sans équivoque l’Ukraine face à l’agression russe et les revendications territoriales de Washington sur le Groenland, un territoire danois – autant de raisons qui ont conduit des alliés traditionnels des Etats-Unis à décliner l’invitation. Par exemple, le Royaume-Uni a annoncé ne pas y participer pour le moment, par crainte d’une éventuelle participation de la Russie. Qui plus est, la France a déclaré qu’elle n’avait pas l’intention d’y adhérer « à ce stade », avertissant que ce « Conseil » pourrait recevoir des pouvoirs susceptibles de compromettre les mécanismes existants de l’Organisation des Nations Unies.

La Norvège, la Suède et, plus récemment, la Nouvelle-Zélande ont rejoint la position du Royaume-Uni et de la France, estimant que cette initiative était contraire au droit international et aux cadres multilatéraux établis.

Ces derniers jours, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a également exclu définitivement la participation de son pays pour des raisons constitutionnelles. Il a notamment déclaré que la Constitution italienne ne permettait pas à l’Italie d’adhérer à une organisation dirigée par un seul leader. Or, le « Conseil de paix » sera présidé par Donald Trump lui-même, qui en détient le pouvoir exécutif.

Initialement conçu pour la reconstruction de la bande de Gaza, le « Conseil de paix » a été lancé en marge du Forum économique mondial de Davos. Pourtant, le président américain Donald Trump a annoncé vouloir l’étendre à d’autres conflits internationaux. C’est précisément cette orientation qui a dissuadé d’importants pays d’y participer, par crainte que cette structure ne soit qu’un simple « club privé » et une tentative du président américain de supplanter l’ONU, qu’il critique depuis son premier mandat.

 

Alexandru Nazare / Foto: gov.ro
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