Relancer l’économie roumaine, mission (im)possible?
À Bucarest, le ministère des Finances propose un ample paquet de mesures fiscales et d’investissements pour la relance économique de la Roumanie.
Corina Cristea, 06.02.2026, 14:52
Les mesures de relance économiques ont été rendues publiques
Le premier paquet de relance économique élaboré par le gouvernement du libéral Ilie Boljan, a été présenté jeudi par le ministre des Finances, Alexandru Nazare. Il réunit des mesures censées aider le milieu des affaires, ainsi que quelques nouveaux concepts et plusieurs instruments financiers. Le gouvernement promet un changement de cap, en mettant désormais l’accent non pas sur la consommation, mais sur les investissements et sur la qualité, précise le ministre des Finances, Alexandru Nazare, qui ajoute dans une interview pour Radio Roumanie :
« 2025 a été une année d’ajustements, on a été obligés de prendre de nombreuses mesures pour réduire le déficit, pour sauver les fonds européens et préserver la note de la Roumanie. 2026 doit être consacrée à la croissance, une année de la relance économique. Et pour ce faire, il faut bien évidemment aider le milieu des affaires à croître et faire entrer de l’argent nouveau dans l’économie. Ce sont les raisons pour lesquelles, aux côtés de nos partenaires de la coalition, nous avons créé un paquet de mesures de relance économique que nous avons présenté au grand public et qui est désormais disponible sur le site Internet du ministère des Finances ».
Objectifs et nouveautés
Le principal objectif du gouvernement est donc d’avoir une économie fondée sur des investissements massifs. Pour ce faire, l’enjeu c’est la modernisation des instruments qui soutiennent les sociétés, tout comme les nouveaux concepts et moyens de financement. Parmi les nouveautés de ce paquet mentionnons un instrument de financement de 200 millions d’euros pour l’industrie de la défense, un domaine qui n’a pas bénéficié jusqu’ici d’un tel appui. Autre nouveauté : l’introduction d’un crédit fiscal de 10 % pour les sociétés activant dans le domaine de la recherche et du développement. S’y ajoute un nouvel instrument de financement pour les Roumains de la diaspora qui souhaitent investir en Roumanie et qui auront à leur disposition 100 millions d’euros.
Orienter l’argent là où c’est nécessaire
En même temps, la Banque d’investissement et développement (BID, détenue par l’Etat roumain) joue un rôle plus important dans ce projet de relance économique et gérera les aides financières destinées aux sociétés, notamment dans les domaines-clé de l’économie roumaine ou ceux où la balance commercial est négative.
Le ministre des Finances, Alexandru Nazare ajoute : « Nous avons repensé la manière dont fonctionne le schéma financier pour l’industrie, puisque nous avons voulu qu’il reflète mieux les projets sélectionnés en fonction des déficits et de la balance commerciale, de sorte à réorienter des ressources importantes, là où l’argent est vraiment nécessaire, afin de combler ces déficits. »
Enfin, ce paquet de mesures ciblera les domaines les plus importants de l’économie roumaine, avec un accent mis entre autres sur la valorisation des minéraux et des nouvelles technologies, a conclu le ministre des Finances.