Carte d’identité éléctronique : du projet à la mise en route
L’implémentation de carte électronique d’identité en Roumanie est toujours en chantier et nous sommes toujours loin du moment où les Roumains n'auront sur eux que la nouvelle carte d’identité. Perspectives.
Roxana Vasile, 01.04.2026, 13:28
Un document pour l’ère numérique
La carte d’identité électronique a fait son apparition en Roumanie, sa délivrance ayant débuté en mars 2025, dans un premier temps dans le département de Cluj. Puis, progressivement, la mise en place de ce document s’est étendue à l’échelle nationale.
Un an plus tard, plus de 1,5 million de Roumains avaient demandé une carte d’identité à puce. Les autorités assurent que le titulaire est protégé. Cette puce performante, certifiée au plus haut niveau, conserve les données en toute sécurité et prévient l’usurpation d’identité. Par ailleurs, le titulaire gagne un temps précieux, puisqu’il a accès à tout moment, à distance, aux services électroniques proposés par les autorités ou des entités privées. Il peut générer une signature électronique en se connectant à certaines applications. Il simplifie ses déplacements dans tous les pays qui reconnaissent la carte d’identité électronique comme document de voyage. Enfin, il peut changer d’adresse sans avoir à demander un nouveau document d’identité. Ou, s’il a séjourné quelque temps à l’étranger, à son retour dans le pays, il conserve la même carte d’identité électronique et remplace simplement, par voie électronique, la mention « sans domicile en Roumanie » par sa nouvelle adresse. Aux personnes méfiantes à l’égard de ce document, les autorités ajoutent qu’il ne limite en aucune façon les libertés et ne contient aucune fonctionnalité permettant un suivi géographique.
Invité à s’exprimer sur Radio Roumanie, le commissaire de police Cătălin Giulescu, directeur de la Direction générale de l’état civil, a détaillé les informations figurant sur la puce de la carte d’identité électronique.
« La puce de la carte d’identité électronique contient toutes les catégories de données que l’on trouve imprimées sur l’une ou l’autre des faces de la carte d’identité électronique. À celles-ci s’ajoute l’image de deux empreintes digitales, car au sein de l’Union européenne, la carte d’identité électronique fait également office de document de voyage, ce qui signifie qu’elle doit répondre aux normes applicables aux documents de voyage. Outre ces informations, on y trouve également deux certificats électroniques. L’un sert à l’authentification dans les infrastructures qui exigent une authentification pour accéder aux services. Ce service d’authentification peut d’ores et déjà être testé, il est opérationnel depuis février au sein du hub de services du ministère de l’Intérieur, et un autre certificat électronique est utilisé pour signer des documents. »
Des difficultés de parcours
Seulement, la nouvelle plateforme lancée par le gouvernement – fara-hartie.gov.ro – où les citoyens peuvent signaler les difficultés rencontrées dans leurs démarches auprès des institutions publiques a déjà recueilli de nombreuses plaintes. Et beaucoup concernent justement la carte d’identité électronique. Les gens se plaignent, par exemple, du fait que l’adresse de domicile n’est plus imprimée sur la carte, mais stockée dans la puce. Ou que son changement est compliqué.
Le commissaire de police Cătălin Giulescu reconnaît que le projet de mise en place de la nouvelle carte d’identité présente encore des ratés
« La mise en circulation du prototype 2 de la carte d’identité électronique, un prototype complexe, n’est qu’une des étapes du projet. La partie relative aux services et à l’accès aux services associés à la carte d’identité électronique est en constante évolution et nous avons fixé une première échéance il y a environ deux ans, à savoir le 1er juillet 2026. Ainsi, d’ici cette date, tout ce qui est prévu par le cadre réglementaire actuellement en vigueur devrait raisonnablement être opérationnel. Nous avons déjà commencé, en collaboration avec le ministère de l’Intérieur, à rendre certains services accessibles, mais ça se fait progressivement. En ce qui concerne le changement de domicile, nous devons reconnaître que, par rapport à nos prévisions, nous avons pris un peu de retard car certains tests n’ont pas été concluants. Le domaine informatique est toujours, disons, intéressant. Il faut parfois effectuer de nombreux tests avant de trouver une solution. »
Pour les Roumains résidant à l’étranger non plus, les choses ne sont pas vraiment simples. S’ils souhaitent obtenir une carte d’identité électronique, ils doivent revenir sur le territoire national.
Le commissaire Cătălin Giulescu pense que cette situation devrait évoluer rapidement.
« Nous travaillons d’arrache-pied avec le ministère des Affaires étrangères et je pense que très prochainement, il sera possible de déposer une demande de carte d’identité électronique auprès des missions diplomatiques et des bureaux consulaires de Roumanie à l’étranger et, très certainement, d’ici le 1er juillet, nous mettrons également en circulation un autre type de pièce d’identité, à savoir la carte d’identité électronique destinée aux citoyens qui ne résident pas en Roumanie. Nous travaillons encore au développement de ce prototype de carte d’identité électronique. »
Un projet européen
En termes de technologie et de normes de sécurité, la carte d’identité électronique est similaire au passeport. La seule différence est que la puce du passeport est invisible, tandis que celle de la carte d’identité est visible et peut être utilisée dans les deux modes – avec ou sans contact – selon un principe similaire à celui d’une carte bancaire. Pour l’instant, la carte d’identité électronique ne contient ni la carte d’assurance maladie, ni le permis de conduire, ni aucun autre type de permis. En viendra-t-on à ce que cette carte d’identité les intègre ? D’ici l’été, selon le commissaire Cătălin Giulescu, la carte d’assurance maladie devrait au moins être intégrée à la carte d’identité électronique. Quant aux autres permis ou certificats, ils seront intégrés progressivement, d’autant plus qu’au niveau européen, la discussion dans ce sens est déjà bien avancée. En d’autres termes, la mise en place de la carte d’identité électronique en Roumanie est une réalité, mais elle en est encore au stade de chantier et il faudra encore du temps avant que les Roumains ne portent plus sur eux que la nouvelle carte d’identité. (trad. Clémence Lheureux)