La longue et riche hsitoire de l’Académie roumaine
L’Académie roumaine promeut la connaissance au sein de la société
Roxana Vasile, 29.04.2026, 10:05
Fondée le 1er avril 1866, il y a 160 ans, sous le nom de Société littéraire roumaine, l’Académie roumaine est la plus haute instance culturelle et scientifique du pays. Elle initie et organise des manifestations de haut niveau destinées à contribuer au progrès de la société roumaine et à son rayonnement international.
Forte d’une dimension humaniste marquée, l’Académie soutient la recherche fondamentale par le biais d’instituts et de centres spécialisés en histoire ou en philologie, dans les domaines sociaux et techniques et dans la recherche appliquée. Au fil du temps, elle a réuni les élites intellectuelles du pays, comptant plus de 1 700 membres historiques et 70 instituts de recherche à Bucarest, Cluj, Iași ou Timișoara. Citons ici quelques noms d’académiciens qui ont contribué de manière significative au développement de la science, de la culture et de la littérature roumaines ! – l’historien et homme politique Nicolae Iorga ; George Emil Palade, biologiste cellulaire, lauréat du prix Nobel de médecine ; Ion Barbu, poète et mathématicien, représentant du modernisme littéraire ; Ștefan Odobleja, médecin militaire, précurseur de la cybernétique ; Ana Aslan, gériatre, mondialement connue pour ses études sur le vieillissement ; Petru Poni, chimiste, physicien et minéralogiste, pionnier de la chimie en Roumanie ; ou encore Dimitrie Gusti, sociologue, philosophe et historien, fondateur de l’école sociologique de Bucarest.
Continuité et changement
L’Académie roumaine a récemment élu un nouveau président. Succédant à l’historien Ioan-Aurel Pop, Marius Andruh, chimiste de renom, a promis continuité, équilibre, soutien à la recherche fondamentale et aux instituts de sciences humaines et d’économie. Il a également déclaré à Radio România qu’il souhaitait une académie plus ouverte et plus proche des gens.
« Nous avons des projets à poursuivre et des projets à développer, car tout président de l’Académie roumaine fonde son action sur ce que ses prédécesseurs ont construit. Parmi les projets à développer, nous souhaitons créer un centre culturel autour de la Fondation « Dalles », qui serait, au cœur de Bucarest, un pôle d’attraction pour l’art, la musique, le théâtre et les expositions. Un premier pas a déjà été franchi grâce aux conférences organisées sur place par l’Académie roumaine, et animées par des membres. Il est également important et prioritaire pour nous de faire entrer la vie de nos instituts dans une nouvelle phase, de les encourager à mener des recherches de pointe, c’est-à-dire, au-delà des bonnes choses qui se font déjà, d’essayer de repousser les limites de la connaissance vers de nouveaux domaines d’intérêt pour la société et pour une vie meilleure. L’Académie roumaine est le lieu où se développe la recherche fondamentale, à condition que cette recherche apporte quelque chose à la connaissance, qu’elle intéresse les autres et qu’elle serve de base à des applications visant à améliorer la vie. Il faut donc encourager et développer tout cela, afin que l’Académie roumaine soit un centre de connaissance solide. »
Une influence limitée
L’année dernière, l’Académie roumaine a organisé plus de 900 événements – conférences, colloques, débats, entretiens avec diverses personnalités, dialogues universitaires… sur des thèmes d’actualité qui permettent aux Roumains de rester en phase avec l’évolution de leur propre société, mais aussi du monde. Pour le nouveau président Marius Andruh, la voix de l’Académie n’a malheureusement pas beaucoup d’écho auprès des dirigeants politiques.
« De nombreuses démarches ont été entreprises ces dernières années, des stratégies pour le développement de la Roumanie ont été élaborées, elles ont été transmises aux dirigeants, mais elles n’ont pas été prises en considération. Cette année encore, un nouveau volume a été publié, qui se voulait concis, non pas une série de plusieurs volumes, mais un seul ouvrage présentant clairement les priorités que l’Académie roumaine considère comme essentielles pour le développement de la Roumanie. Ces ouvrages ont été envoyés aux dirigeants et c’est à eux de décider s’ils tiennent compte ou non de ce que nous leur proposons. Je crois fermement, d’autre part, aux débats au sein de l’Académie roumaine auxquels les dirigeants seraient invités à participer strictement dans leur domaine de compétence au sein du gouvernement. Je crois en l’efficacité de telles rencontres et je me propose de les organiser. »
Selon le chimiste Marius Andruh, il faudrait également que la recherche roumaine bénéficie d’un financement plus substantiel. Lorsqu’ils offrent de bonnes conditions de travail, les instituts de l’Académie roumaine ont le grand avantage de pouvoir accueillir de nombreux jeunes, y compris ceux qui ont choisi, à un moment donné, de partir pour faire de la recherche à l’étranger.
« La situation à laquelle nous devons remédier est le sous-financement de la recherche. Il faut le dire haut et fort, car nous en sommes à 0,48 % du PIB, et le nombre de chercheurs dans notre pays par rapport à la population est nettement inférieur à celui d’autres pays. Le sous-financement peut constituer un obstacle au développement de la science en général et au retour des jeunes qui souhaitent mener des activités scientifiques dans le pays. C’est donc là le grand défis auquel nous sommes confrontés et les dirigeants doivent en être conscients. »
En un mot, malgré les difficultés, l’Académie roumaine s’efforce de rester, comme elle l’a fait pendant 160 ans jusqu’à présent, un acteur actif de la vie de la cité et un pilier central pour le monde scientifique, poursuivant sa mission de guider la société par la connaissance.