La Roumanie, de mieux en mieux armée face au changement climatique
Le Conseil Consultatif Scientifique pour le Changement Climatique est un organisme nouvellement créé, indépendant, composé de chercheurs et d'experts reconnus en climatologie et en environnement. Il réunit des spécialistes en climatologie, météorologie, agriculture, politiques énergétiques, anthropologie médicale et biodiversité.
Ana-Maria Cononovici, 26.06.2026, 09:55
Pourquoi a-t-on jugé nécessaire de créer ce conseil ? Adina Croitoru, professeure à l’Université Babeș-Bolyai de Cluj-Napoca, Faculté de Géographie, explique :
« Pour créer un groupe auquel différentes catégories d’acteurs peuvent s’adresser lorsqu’une expertise scientifique est nécessaire. C’est un groupe scientifique, comme son nom l’indique, qui se propose principalement de contribuer à l’amélioration du dialogue entre les experts techniques et scientifiques d’une part, et les décideurs politiques d’autre part — ceux qui élaborent les politiques publiques à impact climatique et environnemental dans notre pays et dans les secteurs concernés. »
Sorin Cheval, climatologue et chercheur à l’Administration Nationale de Météorologie, a ajouté :
« Nous avons un problème lié au changement climatique, au climat actuel et surtout aux défis climatiques qui nous attendent au cours des prochaines décennies. Nous ressentons déjà les effets de ces changements sur l’économie, l’environnement, les écosystèmes et la société. Nous observons des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, y compris dans notre pays, des sécheresses plus nombreuses et prolongées. La Roumanie est l’un des pays où les incendies de forêt sont de plus en plus fréquents et couvrent des surfaces toujours plus importantes. Tout cela appelle des mesures. Et l’une d’elles, que nous avons jugée utile, est précisément la création de ce conseil, qui réunit des compétences issues de plusieurs domaines de recherche — le tout au service de politiques climatiques plus efficaces. »
Informer les citoyens : le chaînon manquant
Sorin Cheval a complété sa réflexion :
« La Roumanie doit s’aligner — et s’aligne ces dernières années — sur les tendances européennes. Elle s’est engagée dans la création d’un cadre d’adaptation au changement climatique, en réponse à ce qui se passe à l’échelle européenne. Elle dispose par exemple d’une stratégie nationale d’adaptation au changement climatique, en cours de mise en œuvre, ainsi que d’un plan d’adaptation qui a besoin du soutien de la communauté scientifique. La compétence scientifique que ce Conseil met à disposition des politiques publiques peut, nous le croyons, faire une différence. Il existe en Roumanie des institutions importantes de recherche et d’éducation qui offrent aux décideurs une expertise diversifiée. Pour les forêts, pour les ressources en eau, des institutions reconnues existent déjà. Ce que ce Conseil apporte en plus — et c’est là que peut résider la différence — c’est une expertise à la fois pluridisciplinaire et tournée vers la communication de la science, l’un des maillons manquants en Roumanie ces dernières années : trop souvent, les résultats de la recherche scientifique sont expliqués au public de manière insuffisamment claire. Et c’est souvent de là que naît la méfiance envers la science. »
Adina Croitoru a, quant à elle, encouragé les citoyens à commencer par s’informer :
« En premier lieu, s’informer et prendre conscience que ces changements existent, qu’ils sont présents, qu’ils ne sont pas quelque chose qui viendra — ils sont déjà là. Et prendre des mesures, d’abord pour se protéger, du côté de l’adaptation. Bien sûr, nous souhaitons que tous les citoyens prennent aussi des mesures d’atténuation — ne plus polluer, ne plus intensifier les émissions de gaz à effet de serre. Mais je crois qu’à ce stade, l’action principale que les citoyens pourraient entreprendre serait de s’informer correctement, auprès de sources crédibles, et en même temps de prendre des mesures de protection pour eux-mêmes, pour leurs familles et pour leurs communautés. Nous avons ces alertes pour les phénomènes météorologiques extrêmes. Il faudrait les écouter — et si nécessaire, ne pas s’exposer aux vagues de chaleur ou aux tempêtes annoncées par ces messages. C’est la forme d’action la plus simple que les citoyens puissent entreprendre, mais malheureusement nous observons encore un niveau important d’ignorance face à ces alertes, qu’elles viennent par RoAlert ou par d’autres canaux. Du côté de l’atténuation, nous devrions être conscients de notre empreinte carbone, de ce que nous consommons — car parfois nous ne réalisons même pas que certains gestes simples de notre quotidien sont polluants. »
Un exemple concret cité par notre interlocutrice : les onglets ouverts sur un ordinateur sans être utilisés.
La science au service du citoyen
Adina Croitoru a conclu :
« Je souhaiterais que ce Conseil Consultatif bénéficie de la confiance des citoyens. Nous sommes un groupe d’experts techniques, sans intérêts politiques, économiques ou sociaux. Nous voulons simplement nous rendre utiles à la communauté. »
Et Sorin Cheval d’ajouter :
« Le Conseil prévoit de produire chaque année plusieurs rapports visant à traduire ce qui se passe dans la recherche scientifique en langage accessible aux citoyens. Tous ces produits, toutes ces informations, sont là pour soutenir les citoyens. »
(Trad Ionut Jugureanu)