Vert pour l’avenir
Le programme « Vert pour l'avenir », qui en est à sa deuxième édition sous la coordination de la Fondation pour le Développement de la Société Civile, se propose de rapprocher les gens de la nature extraordinaire de la Roumanie, en promouvant un mode de vie durable et une meilleure connaissance des parcs naturels.
Daniel Onea, 29.05.2026, 10:01
Nous découvrons aujourd’hui quelques-uns des projets phares du programme — parmi lesquels le retour historique de l’élan dans les forêts de la région de Neamț, en Moldavie roumaine, ainsi que des initiatives éducatives dédiées aux jeunes générations.
Iulia Vizi, responsable de la communication pour ce projet, explique la philosophie qui a guidé cette démarche :
« Le programme « Vert pour l’avenir » traduit notre désir de laisser aux jeunes générations un monde où elles pourront profiter de la nature extraordinaire de la Roumanie. Nous avons des parcs naturels que nous longeons parfois avec indifférence. Ces espaces recèlent pourtant des richesses qui méritent d’être découvertes et comprises. Il y a énormément de choses que nous ignorons sur la nature qui nous entoure, et ces centres administratifs et éducatifs recèlent des informations précieuses, susceptibles d’améliorer significativement notre quotidien et notre rapport à la nature et à l’environnement. »
Le retour de l’élan : un moment historique pour la biodiversité
Pour comprendre et protéger ces richesses naturelles, le programme investit dans la conservation active d’espèces emblématiques. Aussi, dans le Parc naturel de Vânători-Neamț, les efforts se sont concentrés sur la restauration des écosystèmes historiques. L’impact écologique et visuel de ces initiatives est déjà considérable, comme le souligne notre invitée, Iulia Vizi :
« L’un des aspects les plus attractifs pour le public est le fait que l’élan est revenu dans les forêts de Neamț, et cela après plus de deux cents ans d’absence. L’arrivée de ces animaux constitue un moment historique pour la biodiversité locale, mais aussi une opportunité pour les gens de se reconnecter avec le passé et d’apprendre à cohabiter à nouveau avec ce mammifère. Les élans rejoignent ainsi la population de bisons, devenue déjà un facteur majeur d’attraction pour le Parc naturel de Vânători-Neamț. Si la première édition du programme s’était concentrée sur les bisons, nous souhaitons maintenant populariser l’idée de la coexistence avec ces grands animaux sauvages, symboles historiques importants de la Moldavie. »
La conservation sur le long terme est cependant impossible sans l’implication des communautés locales. Dans cette perspective, le programme propose une nouvelle approche dans les écoles situées à proximité du parc, pour faire de la nature un espace d’apprentissage appliqué. Iulia Vizi détaille cet outil pédagogique inédit :
« Le projet comprend la création d’un manuel remarquable consacré aux forêts de Neamț et à l’histoire locale, réalisé par l’association Mioritics. Nous souhaitons qu’il devienne un outil de référence dans les écoles de la région. Des rencontres avec les enseignants ont déjà lieu, et nous souhaitons l’apparition d’une matière optionnelle permettant aux élèves d’apprendre la faune locale et les écosystèmes. Nous espérons voir se développer un programme scolaire spécialisé, fondé sur ce manuel moderne et interactif. L’objectif est qu’à l’issue du cours, les connaissances théoriques se concrétisent par une visite dans le Parc naturel de Vânători-Neamț, où les enfants peuvent vivre la nature et observer les animaux sauvages. »
Quand la forêt entre en classe, la classe entre en forêt
La composante éducative ne s’arrête pas au département de Neamţ. Un modèle similaire, mais avec un accent fort sur l’interactivité, a été mis en œuvre à la lisière du Parc naturel Putna-Vrancea. Là, les jeunes sont encouragés à appliquer directement les concepts théoriques assimilés. Iulia Vizi :
« Dans le Parc naturel Putna-Vrancea fonctionne, depuis ce printemps, un centre éducatif moderne, installé dans la cour même de l’administration du parc. Visant les jeunes, ce centre est doté de matériel pédagogique, de jeux spécifiques et de maquettes reproduisant fidèlement les animaux sauvages. Les rangers animent des présentations interactives avant que les élèves partent en excursion dans la forêt. Récemment, des lycéens du département ont participé à un alevinage de truites. Après une conférence sur le fonctionnement des écosystèmes, les jeunes ont contribué à relâcher les poissons. Cette articulation entre théorie et pratique est essentielle. Il est en effet essentiel que les jeunes expérimentent, comprennent le fonctionnement des écosystèmes et prennent conscience qu’ils font partie intégrante de la nature. »
Au-delà des expériences vécues au cœur de la forêt, l’initiative entend aussi amener la nature en milieu urbain, en surmontant les barrières géographiques et les limitations physiques grâce aux nouvelles technologies. Iulia Vizi décrit ce concept innovant :
« Nous disposons également d’un observatoire virtuel mobile, équipé de panneaux informatifs, d’écrans et de lunettes de réalité virtuelle. L’ensemble offre une expérience immersive des forêts de Vrancea, à travers des films réalisés spécialement et des enregistrements audios accessibles aux personnes en situation de handicap. L’observatoire n’est pas statique : il se trouve actuellement au siège de l’administration, mais il voyagera à travers le département, participant à des événements dans les localités proches du parc. Nous souhaitons créer un lien avec la nature même pour les habitants des villes, et nous envisageons de porter le projet jusqu’à Bucarest ou dans d’autres villes du pays. C’est une expérience innovante qui vous permet de ressentir et d’entendre la nature à travers un espace mobile et individualisé. »
Les projets menés dans le cadre du programme « Vert pour l’avenir » démontrent que la volonté de protéger l’environnement exige bien plus que d’édicter des règles : cela requiert de l’éducation, de l’innovation et une intégration communautaire. En ramenant des espèces historiques dans leur habitat, en créant des centres éducatifs interactifs et en mobilisant les technologies immersives, le programme s’impose comme un modèle de bonnes pratiques à l’échelle nationale et européenne. Une démarche qui crée les conditions pour que les générations de demain se familiarisent non seulement avec les écosystèmes de Roumanie, mais surtout que ces générations apprennent à vivre en équilibre avec eux.
(Trad Ionut Jugureanu)