Le Courrier des auditeurs du 28.08.2026
Valentina répond à vos questions est messages.
Valentina Beleavski, 28.08.2026, 09:42
Bonjour à toutes et à tous ! L’été n’est pas encore terminé, mais je sens déjà qu’il commence à toucher à sa fin. Je profite donc des deux dernières semaines où la capitale est presque vide et je mets un petit quart d’heure pour me rendre en voiture au travail, au lieu d’une heure. Je profite aussi pour porter mes robes d’été multicolores, avant de passer aux jeans d’automne. Et je commence déjà à me préparer mentalement pour l’arrivée d’une nouvelle année scolaire. Ce sera une année difficile, car ma fille a 14 ans et qu’elle sera en dernière année de collège. Pour entrer au lycée, elle devra passer ce que l’on appelle en Roumanie l’Evaluation nationale, deux examens, l’un de langue et littérature roumaine, l’autre de mathématiques.
L’admission au lycée en Roumanie – une grande controverse reportée
La répartition au lycée, se fait de manière électronique, en fonction de la moyenne obtenue à l’Evaluation nationale et selon la liste d’options déposée par chaque candidat. Pourtant, le stress a déjà commencé parce qu’aux termes d’une Loi votée en 2023, mais ignorée jusqu’ici car elle ne concernait pas les générations précédentes, à compter de cette année scolaire, les lycées auraient eu le droit d’organiser leur propre examen d’admission, en plus de l’Evaluation nationale obligatoire, pour un maximum de 50 % des places disponibles à chaque profil : mathématiques-informatique, sciences de la nature, philologie et sciences sociales. Ce sont les 4 profils des lycées roumains à l’heure actuelle. Tout un scandale a éclaté ces derniers jours à l’approche de la rentrée. Les parents s’inquiètaient et la classe politique a finalement commencé à entendre leur voix. Et pour cause.
L’Evaluation nationale est déjà un examen difficile et extrêmement stressant pour les élèves. A 14 ans c’est leur premier examen essentiel pour leur avenir et la pression est immense. A Bucarest du moins il y a une concurrence acerbe pour occuper une place dans un des 10 meilleurs lycées, si bien que les notes d’admission sont énormes : 10 sur 10 pour le meilleur lycée, ou bien 9,20 sur 10 pour un qui et en queue de peloton dans le top 10. Or, pur obtenir une telle note il faut viser la perfection, une petite faute, deux au maximum sont permises pour tenir le pas. Cela fait que 0,50 points de plus ou de moins, cela peut faire la différence entre un lycée ou un autre. Donc, la pression est immense et les bons élèves veulent étudier dans un bon lycée, pas dans n’importe lequel.
Pour réussir, les cours privés commencent parfois dès le début du collège, des cours hebdomadaires de roumain et de maths. Si ce n’est pas dès le début de collège, alors c’est un passage obligé en derrière année de collège. Mais pour une bonne partie des élèves, la préparation de l’Evaluation nationale commence avant cette année. Il faut bien approfondir les nombreux types d’exercices demandés pour les deux matières. Cela se traduit par des dépenses supplémentaires pour les parents et par des devoirs et efforts supplémentaires pour les enfants.
Par conséquent, dans un contexte déjà difficile, les autorités roumaines ont décidé il y a 3 ans que ce serait une bonne idée de stimuler davantage la performance en créant un examen supplémentaire d’admission au lycée. Donc, en plus de l’Evaluation nationale, soit les examens de maths et de roumain obligatoires, les élèves souhaitant occuper une place dans une telle classe dite « d’excellence », auraient dû se présenter au lycée en question et passer une autre épreuve spécifique du profil souhaité. Cela pourrait être une épreuve de biologie ou de chimie pour le profil « sciences » ou bien un test d’histoire ou pourquoi pas de latin pour le profil « philologie ». Les matières ne sont pas fixes, car c’est à chaque lycée d’en décider. Bref : au moins une matière de plus à préparer tout le long de cette année difficile.
Les esprits ont commencé à s’agiter donc, mettant en lumière une multitude de raisons pour lesquelles ce double examen d’admission est une mauvaise idée. Premièrement : la pression d’une nouvelle matière à préparer et d’un nouveau test à passer. Mais que fera un élève qui voudra tenter ses chances à deux lycées ou à deux profils ? Deuxièmement, cela favorisera la corruption, car les tests seront corrigés par des professeurs du lycée en question et on retourner a à une situation propice aux favoritismes. Troisièmement : les cours privés pour les matières demandées par les lycées. Cela favorisera non seulement la multiplication des cours privés payés au noir, mais aussi la course aux professeurs du lycée en question pour avoir une meilleure chance d’y accéder. Tous – des aspects que le système électronique de répartition de l’Evaluation nationale avait supprimés, donnant une chance réelle à chaque élève d’occuper une place dans un lycée. Tout cela ne fera qu’approfondir la ségrégation sociale, au lieu d’encourager la performance mettent en garde les spécialistes.
C’est pourquoi, la loi portant création de cet examen controversé a figuré cette semaine à l’agenda des parlementaires roumains qui ont finalement décidé de la rapporter pour la génération qui entre cette année au collège, afin d’avoir davantage de temps de se pencher là-dessus.
Ceci dit, je donne maintenant la parole aux amis de RRI.
Clin d’oeil sur les lettres classiques
Avant toute chose, j’aimerais vous dire que j’ai terminé la distribution des cartes QSL en format pdf correspondant aux rapports d’écoute reçus en 2025. J’ai déjà commencé à compléter les QSL de 2026, vous les aurez dans votre boîte postale, chers amis, dès que je termine avec les 6 premier mois de l’année. J’en profite donc pour dire merci pour leurs messages et rapports à ceux qui nous ont envoyé non seulement des emails mais aussi des lettres classiques l’année dernière, dont Roger Roussel du Canada et Hervé Duval de France.
Revues et cartes postales
Merci pour toutes les revues des clubs d’auditeurs envoyées par Maguy Roy de France au nom du Radio DX Club d’Auvergne et Francophonie, par Paul Jamet et Gilles Gautier de France au nom du Radio Club du Perche, sans oublier Philippe Marsan au nom du club Radiofil, des amateurs des postes anciens de radio.
Je vous remercie à toutes et à tous aussi pour les superbes cartes postales que vous nous avez envoyées depuis vos régions ou même vos vacances. C’est un véritable honneur pour nous de savoir que nos amis nous écoutent même pendant leurs vacances, à de milliers de km de distance. Merci de tout cœur ! Comme d’habitude, j’ai élargi ma collection de cartes postales et aussi notre sélection de timbre-poste que nous gardons toujours à la rédaction, j’y tiens beaucoup car ce sont deux pratiques en voie de disparition – les cartes postale et la collection de timbres – et que je deviens de plus en plus nostalgique à mesure que mon âge avance.
Des rapports d’écoute bien détaillés
Quant aux rapports, cher Paul Jamet, je vous remercie de tout cœur pour vos nombreux bulletins, tellement détaillés, accompagnés même de photos et de différentes précisions et commentaires.
Un grand merci aussi à Raphael Voydis qui nous écoute régulièrement et ne cesse de nous faire parvenir ses rapports et commentaires. Récemment, il affirmait dans un de ses emails en se souvenant de son passage à Bucarest, en janvier : « Je suis heureux d’être un ami de la Roumanie, j’aime la Roumanie et je sais que la Roumanie m’aime, Merci à tous et toutes pour ce bel accueil ! »
« Merci pour vos excellentes émissions ! » écrivait à son tour Gilles Gautier à la fin d’un de ses rapports d’écoute, et nous lui en remercions !
Jacques Augustin, France
C’est toujours à la fin d’un rapport d’écoute que Jacques Augustin de France nous pose la question suivante : « la Roumanie et l’OTAN sont-elles prêtes à défendre la Moldova en cas d’agression russe? ».
Eh bien, cher ami, en fait non, ni la Roumanie, ni l’OTAN ne peuvent s’engager directement à défendre la Moldavie en cas d’agression russe parce qu’aux termes de sa Constitution, la République de Moldova est un Etat neutre, ce qui empêche toute intervention militaire directe de l’OTAN sur son territoire. A son tour, la Roumanie est le principal allié de la Moldova, comme les différentes sources officielles l’indiquent, mais elle respecte sa neutralité. D’ailleurs, un article du site en anglais MoldovaLive.md cite le chef d’Etat-major de l’Armée roumaine, le général Gheorghiță Vlad, qui déclarait en janvier 2026 que « la neutralité de la Moldova empêchait l’OTAN d’intervenir en cas d’agression ». Il en va de même pour la Roumanie, qui appuie son pays voisin dans plusieurs domaines clé, y compris la défense. Cela qui n’exclut donc pas la possibilité pour les autorités roumaines et internationale d’explorer autres moyens de soutenir ce petit pays, afin de continuer à offrir une aide pluridimensionnelle à Chisinau. La Roumanie peut donc aider la Moldavie à renforcer sa défense, mais une intervention militaire directe est exclue.
En tant que membre de l’OTAN, la Roumanie bénéficie de son appui et de sa défense, comme l’avait affirmé le secrétaire général de l’Alliance Mark Rutte lui-même en mars dernier : » Nous sommes prêts à défendre chaque centimètre du territoire allié », surtout que la Roumanie jour un rôle stratégique sur la Flanc Est de l’OTAN. Cette protection promise par l’OTAN pourrait réduire indirectement les risques pour la Moldova voisine, mais ce n’est pas un engagement en faveur de Chisinau. C’est pour l’instant l’état des choses : la République de Moldova est neutre. Elle ne bénéficie donc pas automatiquement de la défense de l’OTAN ou de la Roumanie.
Pour l’Alliance, la Moldova « est un partenaire précieux, qui contribue à la sécurité euro-atlantique Sa population et ses institutions se montrent très résilientes et font preuve d’une grande efficacité face aux défis de sécurité dans la région, notamment ceux qui découlent de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine. La coopération qui s’exerce entre l’OTAN et le pays et l’attachement de Chişinău à sa relation avec l’Organisation – relation qui bénéficie aux deux parties – montrent bien toute la valeur ajoutée du partenariat qui les unit depuis longtemps », comme l’a déclaré en juin dernier lors de la visite officielle à Chisinau le secrétaire général adjoint délégué de l’OTAN pour les partenariats, Kevin Hamilton, selon le site de l’Alliance.
La Moldova est donc soutenue activement dans capacité à se défendre, par ses partenaires côté formation militaire, équipements, modernisation, résilience etc. et certaines formes d’aides pourraient être mobilisées, selon les différentes déclarations officielles. Merci, Jacques Augustin, de nous avoir permis d’éclaircir sur ce sujet. Pourtant espérons-le bien qu’il ne sera jamais nécessaire de repenser cet état de choses.