Le courrier des auditeurs du 7.08.2026
Ioana répond à vos lettres et à vos messages.
Ioana Stăncescu, 07.08.2026, 10:29
Madame, Monsieur, bien le bonjour. Je suis très contente de vous retrouver en cette fin de semaine au micro du Courrier des auditeurs. Comment allez-vous ? Est-ce que tout le monde se porte bien dans le contexte des incendies terribles qui ravagent dernièrement l’Europe ? Nous, en Roumanie, on a été épargné, en revanche, c’est la sécheresse et notamment le niveau particulièrement bas du Danube qui nous pose problèmes. Et quand on pense qu’il y a toujours des politiciens qui affirment que le réchauffement global n’existe pas ! J’ai vu des images des incendies en France, notamment du côté de Bordeaux, c’est une catastrophe.
Le jazz est à l’honneur
Mais, je ne veux pas vous déprimer, voilà pourquoi, je vous propose de changer un peu de registre pour parler jazz. Un sujet qui nous a été proposé par notre ami de longue date, M. Jacques Augustin de Rosny-sous-Bois. Comment allez-vous ? Est-ce que vous avez pris des vacances ? Si vous êtes en quête d’une destination qui mélange tourisme, nature et musique, alors, j’ai quelques idées pour vous. Et je vais commencer par vous emmener dans le village de Gărâna, dans les monts du Banat, où depuis la fin des années 1990, existe un des festivals de jazz les plus importants de l’Europe centrale et de l’Est. Chaque été, cet événement attire des milliers de spectateurs venus écouter des noms célèbres du jazz contemporain, du jazz expérimental et notamment de l’improvisation. Parmi les têtes d’affiche de ce festival, mentionnons le saxophoniste norvégien Garbarek, le guitariste américain de jazz fusion, Mike Stern, ancien membre du groupe Miles Davis, le bassiste et compositeur allemand, Eberhard Weber ou encore le violoniste français de jazz fusion, Jean-Luc Ponty. L’ambiance est particulière et unique, déjà parce que la plupart des spectateurs font du camping sur la grande pelouse devant la scène. Les concerts ont lieu en plein air, dans un cadre naturel exceptionnel, offrant une expérience musicale immersive qui séduit autant les mélomanes que les artistes.
Festivals de jazz à Bucarest et à Cluj
Du Banat, je vous propose de nous déplacer en Transylvanie, plus précisément à Sibiu, ville médiévale où en 1971, a été lancé le festival de jazz Sibiu Jazz Festival, le plus ancien festival de jazz de Roumanie. Sa programmation mêle jazz classique, fusion, blues, soul et musiques du monde. Au fil des décennies, le festival a accueilli des musiciens venus des quatre coins du monde, favorisant les échanges culturels et la découverte de nouveaux talents.
Si la Transylvanie vous semble trop loin, pas de souci, la capitale, Bucarest, organise aussi de beaux festivals de jazz. Chaque été, la ville se transforme en une grande scène internationale. Créé en 1994, le festival EUROPAfest propose chaque été un mélange de jazz, de blues, de pop et de musique classique. Il y a aussi un concours de jeunes talents et, notamment une soirée de clôture quand les troupes participantes sont invitées à échanger leurs musiciens pour un régal de l’improvisation. C’est un des moments magiques de cet événement !
Et puis, toujours à Bucarest, nous avons le **Bucharest Jazz Festival**. Organisé par la municipalité de Bucarest, il propose des concerts gratuits, des expositions, des projections de films ou encore des ateliers. Au fil des années, des musiciens célèbres tels Jan Garbarek, Dave Douglas, Lee Konitz ou encore Roy Hargrove, ont figuré à l’affiche de ce festival.
Si vous préférez un cadre plus convivial pour profiter de la musique, alors direction Cluj Napoca, où se déroule en été le festival Jazz in the Park. Comme son nom l’indique, les concerts ont lieu notamment en plein air, dans les parcs de la ville, ce qui contribue à créer une atmosphère reposante et familiale. Le festival mêle les sonorités du jazz moderne à celles de la musique funk, soul, folk ou encore alternative. Il a également été récompensé au niveau européen pour son concept original et son engagement en faveur d’une expérience culturelle accessible à tous.
Revenons à Bucarest, car je voudrais vous emmener dans un endroit très sympa, à savoir le Club Green Hours, avenue de la Victoire, proche de la librairie française Kyralina et de l’Ambassade de France en Roumanie. C’est ici que se déroule le festival Green Hours JAZZ Fest, qui met en avant le jazz contemporain, les créations originales et les collaborations internationales. Fondé il y a une quinzaine d’années, ce festival encourage les rencontres entre artistes européens et roumains.
Et puis, si un jour vous êtes de passage à Bucarest, n’hésitez pas de jeter un coup d’œil sur la programmation des concerts à Casa Radio, car la Radio publique a un des meilleurs groupes de jazz de Roumanie, le Big Band Casa radio sous la baguette de Simona Strungaru. Ce sont des musiciens extraordinaires et vous ne serez pas déçus de les entendre jouer.
Comme vous voyez, cher Jacques Augustin, le jazz est à l’honneur en Roumanie. Des montagnes du Banat aux rues historiques de Sibiu, en passant par les scènes de Bucarest et les parcs de Cluj-Napoca, ce genre de musique continue à faire des adeptes. Et bien sûr, RRI contribue elle aussi à faire connaître ce genre musical dans le monde, grâce à notre programme consacré aux musiciens de jazz de Roumanie.
Cher Philippe Marsan de Biganos, comment allez-vous ? Merci bien de votre fidélité, prouvée constamment par des rapports d’écoute bien fournis. J’ai devant mes yeux un rapport datant du mois de mai. Je suis contente de voir que notre volet actualité présente de l’intérêt pour vous, tout comme la rubrique touristique Visiter la Roumanie, consacrée à ce moment-là à la région de Bucovine, l’une des plus pittoresques de chez nous. Tout comme notre ami Jacques Augustin, vous aussi, vous vous intéressés au jazz roumain, puisque vous avez suivi notre programme consacré à ce genre musical. Et puis, grand merci d’avoir été à l’écoute du courrier des auditeurs que j’ai eu le plaisir d’animer en ce 15 mai, et lors duquel je vous ai emmenés à faire le tour des lacs les plus grands et les plus beaux de chez nous. J’espère que vous vous portez bien, que vous êtes à l’abri des feux et de la canicule, c’est terrible ce qui se passe cet été partout en Europe. N’hésitez pas de nous donner de vos nouvelles et au plaisir de vous lire !
Les femmes algériennes
Direction l’Algérie pour un petit coucou amical à M. Nouari Naghmouchi. Comment ça va ? Je suis émue par la beauté de vos lettres, surtout quand vous vous attaquez à des sujets particulièrement sensibles, comme par exemple la condition de la femme dans votre pays. C’est un très beau message que notre ami nous a fait parvenir et que je voudrais bien citer, surtout que les femmes roumaines partagent le même sort que leurs consœurs algériennes. « L’Algérie, dit notre auditeur, pays riche d’une histoire complexe, est également le théâtre de débat intensif autour des droits des femmes. Alors que les promesses d’égalité entre les sexes se font régulièrement entendre, la réalité sociale semble parfois éloignée de ces aspirations. Depuis l’indépendance, de nombreuses femmes se battent pour faire entendre leurs voix, poussant l’État à reconnaître leurs droits. Pourtant, la persistance de structures patriarcales et une législation souvent perçue comme désuète soulèvent des interrogations sur la sincérité des engagements pris. Le poids des traditions joue un rôle prépondérant dans la lutte quotidienne des femmes algériennes. L’influence de la religion et des normes culturelles ancrées dans la société entrave souvent la mise en œuvre de lois visant à garantir l’égalité des sexes. Les rôles traditionnels assignés aux femmes continuent de prédominer, et une majorité de la population entretient encore des idées préconçues quant à leur place dans la société. La participation politique des femmes en Algérie est un enjeu stratégique pour l’égalité des sexes. L’engagement des femmes en politique a été historiquement limité, mais des progrès notables ont été réalisés ces dernières années. Malgré tout, les positions de pouvoir continuent d’être largement dominées par des hommes. Le rôle des femmes dans les luttes politiques n’est pas à sous-estimer. Historiquement, leurs contributions ont été décisives durant les luttes de libération. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus visibles dans les mouvements sociaux, représentant un souffle nouveau dans le paysage politique algérien. » Merci beaucoup d’avoir partagé ce texte avec nous, surtout que l’Algérie n’est pas le seul pays où l’émancipation des femmes se fait plutôt sur papier et pas forcément en réalité. La Roumanie aussi est une société encore patriarcale et les femmes sont souvent victimes de l’injustice, de la discrimination et de la violence. En revanche, les nouvelles générations se bataillent pour des chances égales et peut-être que leur monde sera meilleur. Au moins, je reste optimiste, même si le contexte politique m’inquiète beaucoup, notamment la montée de l’extrémisme et de l’ultranationalisme.
Madame, Monsieur, sur ce thème sensible auquel on doit tous réfléchir, parce qu’il nous concerne tous, je vous souhaite un bon week-end et je vous donne rendez-vous au micro du courrier d’ici quelques semaines. En attendant, portez vous bien et prenez soin de vous !