Le marché du travail en début d’année
Dix nouvelles professions reconnues en Roumanie / Une loi pour prévenir l’épuisement au travail ?/ Des milliers de postes vacants en début d'année/ Des cours de roumain pour les travailleurs étrangers
Sorin Iordan, 03.02.2026, 10:11
Dix nouvelles professions
Dix nouvelles professions sont officiellement reconnues cette année en Roumanie, à la suite d’un arrêté conjoint du ministère du Travail et de l’Institut national de la statistique. Cinq d’entre elles concernent la modélisation de l’information dans le secteur de la construction : conseiller, coordinateur, manager, spécialiste et technicien. À cette liste s’ajoutent les métiers de designer d’intérieur, vulcanisateur de pneus, directeur d’association de chasse, ingénieur en gestion cynégétique ainsi que pilote de drone.
Dans le contexte sécuritaire actuel, la profession de pilote de drone retient particulièrement l’attention. Selon les documents officiels, ce spécialiste est chargé d’opérer et de contrôler les aéronefs sans pilote, ainsi que les caméras et capteurs qui y sont installés. Le métier suppose la planification des vols, le respect des règles de l’espace aérien, l’entretien de l’équipement et la rédaction de rapports en cas d’incident.
Selon le ministère du Travail, les nouvelles professions reflètent les évolutions technologiques et économiques récentes et visent à répondre aux besoins actuels du marché du travail. Par ailleurs, la profession d’« assistant social spécialisé en santé mentale » a été retirée de la Classification des professions, en raison du chevauchement de ses attributions avec d’autres fonctions du secteur de l’assistance sociale.
Une loi pour prévenir l’épuisement au travail ?
En Roumanie, le parti politique extraparlementaire SENS, acronyme de « Santé, Éducation, Nature, Durabilité », plaide pour l’adoption d’un projet de loi sur l’épuisement professionnel, le considérant comme une urgence de la santé publique. Déposé au Parlement de Bucarest à la fin de l’année 2025, le document définit le « burnout » en lien avec la loi sur la sécurité et la santé au travail, impose aux employeurs des obligations en matière de prévention des risques psycho-sociaux et reconnaît le droit des salariés au diagnostic, au congé médical et à l’accompagnement psychologique. Par exemple, l’acte normatif imposerait aux sociétés avec plus de 50 employés d’élaborer un plan annuel pour prévenir l’épuisement professionnel, adapté au spécifique de leur activité. Les sociétés seraient tenues de créer un mécanisme interne, confidentiel et accessible qui permette de signaler les risques et les situations d’épuisement au travail, sans conséquences graves pour les salariés. Ce serait aussi aux patrons de couvrir partiellement ou intégralement les coûts des différents paquets de services de soutien psycho-émotionnel au travail.
A leur tour, la loi permettrait aux employés de signaler les risques et les situations d’épuisement professionnel et leur donnerait le droit à une discussion formelle avec l’employeur sur la réorganisation des tâches de travail ou du volume de travail, sans pour autant subir des conséquences de nature disciplinaire ou autres effets négatifs.
Pour l’instant, aucune décision n’a été prise en concernant ce projet de loi, mais ses initiateurs exhortent la population de le soutenir et de demander aux parlementaires de l’adopter aux plus vite. « Ignorer l’épuisement au travail, cela peut entraîner la dépression, causer maladies cardio-vasculaires, voire mener au suicide », met en garde le parti extra-parlementaire SENS.
Des milliers de postes vacants en début d’année
En début de cette année, des milliers de postes étaient vacants en Romanie, à pourvoir notamment par les personnes sans études supérieures ou sans expérience.
Concrètement, selon Ana Calugaru directrice de communication de la plate-forme de recrutement en ligne ejobs.ro, quelque 12 000 emplois étaient disponibles sur ce portail, demandant moins de deux ans d’expérience, voire pas du tout, dans des domaines tels : la vente en détail, le transport de logistique, les services, la production, l’industrie alimentaire, le tourisme, l’hôtellerie et la restauration ou encore le BTP. Les revenus offerts pour ces jobs commencent par le salaire minimum, pouvant aller jusqu’à un salaire net de 4 000 lei (785 euros) par mois. A noter qu’à présent, en Roumanie, le SMIC est de 4 050 lei (795 euros). Il augmentera à 4 325 lei (850 euros) au 1er juillet 2026.
A part cette plate-forme, 33 000 autres postes étaient disponibles en début de cette année pour les personnes ayant suivi uniquement les cours du primaire ou du collège. Les employeurs recherchent surtout des chauffeurs, des livreurs et des ouvriers non-qualifiés. 2 000 emplois étaient également mis à la disposition des diplômés : des postes pour les ingénieurs, les conseillers, les médecins et les économistes.
A noter que les autorités roumaines ont fixé un contingent de 90 000 travailleurs étrangers issus de pays en dehors de l’UE, à embaucher cette année en Roumanie.
Des cours de roumain pour les travailleurs étrangers
Et justement, à propos des travailleurs étrangers venus en Roumanie : ils sont invités à apprendre le roumain en suivant les cours organisés par l’Institut culturel roumain, dispensés en ligne ou en présentiel pour tous les niveaux, des débutants jusqu’aux avancés. Entre février et novembre 2026, 3 sessions de cours sont prévues. Les groupes sont formés de 10 à 15 participants et chaque module compte 40 heures de cours. Avant d’intégrer un groupe, les participants passent un test gratuit qui établit leur niveau de langue. Sans doute, les débutants complets ne sont pas tenus à passer cette épreuve. Un module de 40 heures de cours coûte 1 000 lei (200 euros), à payer en lei ou euros. A la fin de chaque étape de cours, un diplôme est délivré aux participants, attestant leur niveau. L’ICR précise que ce diplôme n’est pourtant pas l’équivalent d’un certificat de compétence linguistique requis pour obtenir la nationalité roumaine. (trad. Valentina Beleavski)