Adoptez un arbre
Le Sud de la Roumanie se confronte à un phénomène alarmant: la désertification et la dégradation constante du sol. L’association « Viitor Plus » (Avenir Plus), active dans la protection de l’environnement et des communautés locales, a mis en œuvre une campagne de reboisement nationale, qu’elle a nommée « Adoptez un arbre ».
Daniel Onea, 13.08.2026, 14:06
Une initiative qui a atteint une borne importante: le nombre de deux millions d’arbres plantés, grâce à des efforts qui ne doivent rien au hasard, mais à des besoins environnementaux impératifs. Teia Ciulacu, la présidente fondatrice de l’association « Avenir Plus », explique pourquoi ces interventions ont une importance vitale surtout dans les régions du sud de la Roumanie.
« Dès le début, nous nous sommes concentrés sur la zone du sud de la Roumanie, pour des raisons de stratégie et de durabilité, car c’est la zone la plus touchée par le déboisement. Dans certains départements, la superficie boisée représente seulement 5% du total, ce qui est très peu pour une région de plaine. La moyenne recommandée est d’environ 20%, et il est évident que nous sommes très loin de ce chiffre. C’est une zone de cultures agricoles intensives et de très nombreux terrains y sont dégradés. En Olténie, par exemple, l’on estime plus de 100.000 hectares désertifiés et c’est aussi la zone qui souffre le plus à cause des phénomènes météo extrêmes. »
Au-delà des défis climatiques, les campagnes de reboisement implique une formation technique et juridique rigoureuse. En même temps, Teia Ciulacu, présidente et fondatrice de l’association « Avenir Plus », souligne le fait que la campagne « Adoptez un arbre » met au premier plan la sécurité alimentaire, évitant d’occuper les terrains destinés à l’agriculture.
« Il faut qu’il existe un besoin évident, clair, et l’absence d’une compétition avec les terrains agricoles, car nous avons aussi besoin de nourriture. Nous ne cherchons pas à entrer dans une telle compétition, surtout qu’il y a suffisamment de terrains qui se prêtent au reboisement. Le pas suivant est de nous assurer que le cadre juridique est celui qu’il faut pour effectuer le reboisement. Nous nous rendons dans les communautés qui manquent de fonds budgétaires, des communautés rurales pauvres, qui ont un besoin aigu de ce type d’actions. Tout ce que nous demandons en échange pour le management des forêts c’est un cadre légal adéquat et la protection de la forêt sur le long terme. Ensuite, nous examinons le sol, car tout projet de reboisement s’appuie aussi sur une telle analyse. La composition chimique du sol a une influence directe sur le mix d’espèces arboricoles. Et je vous donne un exemple: un sol qui contient trop de carbonates n’est pas bon pour les acacias. Les spécialistes contribuent toujours au choix du mix, en fonction des résultats de l’analyse du sol et du microclimat de chaque zone. Il faut savoir que notre choix ne porte jamais sur une monoculture, mais toujours sur un mix d’espèces arboricoles. »
Cependant, le vrai travail commence après la plantation des arbrisseaux. Pour qu’une superficie verte devienne un écosystème indépendant, l’association se charge de soigner les pépinières sur une période de trois à cinq ans. Durant les premiers stades de vie, les jeunes arbres sont particulièrement sensibles dans la compétition pour l’eau et les nutriments.
La borne des deux millions d’arbres plantés par l’association représente bien plus qu’un simple chiffre statistique, car il s’agit du résultat d’un complexe processus d’analyse, de collaboration et d’implication directe. Le fait que l’association n’abandonne pas la forêt aux aléas du hasard donne aux zones dégradées du sud de la Roumanie une chance réelle à la récupération écologique, offrant aux communautés une barrière naturelle essentielle à long terme. (Trad. Ileana Ţăroi)