L’ambroisie, nouveau principal problème environnemental et de santé publique en milieu urbain
Bien qu’elle soit présente en Europe depuis plus d’un siècle, ses effets se font de plus en plus sentir ces dernières années, à mesure que la plante étend son aire de répartition
Daniel Onea, 17.09.2026, 10:30
En Roumanie, l’ambroisie est devenue l’un des principaux problèmes environnementaux et de santé publique en milieu urbain pendant la saison chaude. Bien qu’elle soit présente en Europe depuis plus d’un siècle, ses effets se font de plus en plus sentir ces dernières années, à mesure que la plante étend son aire de répartition. L’ingénieur paysagiste Bogdan Mihalache explique l’origine de cette espèce envahissante et comment elle est arrivée sur le continent européen :
« L’ambroisie, dont le nom latin est Ambrosia artemisiifolia, est une plante originaire d’Amérique du Nord. Elle n’existait pas en Europe jusqu’à la fin du XIXe siècle, date à laquelle elle a été introduite avec les cultures céréalières, à l’instar de la plupart des plantes non indigènes. Elle s’est propagée très rapidement, trouvant ici des conditions plus favorables que dans son milieu d’origine. Elle est arrivée en Roumanie au début du XXe siècle, la première mention officielle de la plante ayant été enregistrée à Orșova, en 1910. En réalité, les gens ont toujours été allergiques à quelque chose, en particulier au pollen, mais ils ignoraient souvent les symptômes et ne se rendaient pas compte de leur origine. À l’époque, le caractère envahissant de l’ambroisie se limitait aux cultures agricoles. Avec l’intensification de l’agriculture au XXe siècle et l’abandon de nombreuses terres qui se sont transformées en friches, cette mauvaise herbe a prospéré. Elle est ainsi devenue très prolifique également dans les villes, et pas seulement sur les terrains abandonnés. »
La qualité de l’air dans les villes, un facteur agravant
Ainsi, alors que cette plante se développait autrefois principalement dans les zones rurales, elle a aujourd’hui envahi le milieu urbain. Cette mauvaise herbe prospère sur les terrains vagues ou jonchés de gravats, utilisant ses racines superficielles pour s’ancrer dans les sols pauvres et sableux. Au-delà de sa remarquable capacité d’adaptation, la qualité de l’air dans les villes fait de l’ambroisie un danger majeur, souligne l’ingénieur paysagiste Bogdan Mihalache.
« L’environnement urbain lui est particulièrement favorable, car la pollution intense et le changement climatique amplifient l’effet du pollen, le rendant beaucoup plus agressif. Ainsi, tant le nombre de plantes que la quantité de pollen produite augmentent, ce qui entraîne une multiplication des réactions allergiques entre les mois d’août et septembre. »
L’impact sur la santé publique est grave, le pollen d’ambroisie étant considéré comme l’un des allergènes les plus agressifs connus. Chez les personnes sensibles, l’exposition déclenche des affections respiratoires complexes, allant de la rhinite allergique et de la conjonctivite à de graves crises d’asthme. Le problème est amplifié par la biologie de la plante : un seul spécimen mature peut libérer dans l’atmosphère jusqu’à un milliard de grains de pollen en une seule saison. De plus, ces particules microscopiques peuvent être transportées par les courants d’air sur des distances de plusieurs centaines de kilomètres. C’est pourquoi la propagation de l’ambroisie a dépassé les frontières nationales, devenant un défi écologique à l’échelle européenne. Pour enrayer la propagation de cette mauvaise herbe, les spécialistes recommandent de nettoyer régulièrement les terrains abandonnés en milieu urbain et de gérer correctement les espaces dont le sol est dégradé. L’identification précoce et l’arrachage de la plante avant la période de floraison, qui a lieu pendant les mois d’été, restent les mesures de prévention les plus simples et les plus efficaces contre les allergies graves.