La Ceinture verte de Bucarest
Bucarest, une des capitales les plus encombrées d’Europe, se dirige vers un développement urbain durable en adoptant le projet d’une Ceinture verte. L’objectif en est d’entourer la ville d’un anneau végétal qui contribue à la lutte contre la pollution et les effets des changements climatiques.
Daniel Onea, 06.08.2026, 13:37
Conformément aux données à consulter sur la plateforme en ligne du projet, une telle infrastructure apporte des bénéfices majeurs, sur plusieurs niveaux. Premièrement, au chapitre santé publique, la Ceinture verte fonctionne comme un gigantesque filtre qui retient le carbone et les autres substances polluantes, pouvant augmenter de manière significative l’espérance de vie des habitants de la capitale roumaine. D’un point de vue écologique, l’anneau de forêts périurbaines protège la biodiversité et bloque le développement immobilier sauvage, fournissant également une base de planification d’urbanisme durable. Enfin, concernant la perspective sociale, ces vastes espaces verts mettent à la disposition de la communauté des zones vitales pour les activités de détentes, sportives, d’éducation écologique et de thérapie par la nature.
Une priorité immédiate
Bien que les déclarations officielles mettent en évidence des ambitions et des ressources financières pour le développement urbain, la mise en œuvre de ce projet doit être une priorité immédiate. Ciprian Gălușcă, directeur exécutif de la Plateforme pour l’adaptation climatique, souligne l’importance critique de cette stratégie : « Nous avons des fonds pour le développement et un tas d’ambitions, mais nous nous heurtons aussi à de nombreux problèmes de mobilité, de qualité de l’air et d’environnement. Il faut une infrastructure diversifiée, celle verte étant essentielle. Elle a d’ailleurs besoin d’une attention prioritaire, vu l’accélération des changements climatiques. En l’absence d’un plan concret, nous encourons des risques et des vulnérabilités inconnus. Heureusement, la stratégie de Bucarest prend en compte ces défis, et la Ceinture verte est un des vingt-deux projets métropolitains proposés, un projet critique qui doit constituer une priorité. »
Utiliser la végétation pour réduire les effets négatifs des changements climatiques
Au-delà de son rôle anti-pollution, cette initiative est aussi une opportunité majeure de repenser l’espace métropolitain, offrant une alternative viable au phénomène d’île de chaleur urbaine en été, explique Ciprian Gălușcă : « La Ceinture verte est une démarche particulièrement nécessaire et ambitieuse. Elle envisage d’utiliser la végétation pour réduire les effets négatifs des changements climatiques, incluant aussi un plan complexe d’aménagement territorial de la zone métropolitaine, ainsi que des fonctionnalités concernant les activités de détente. Dans un avenir proche, les bucarestois pourraient y passer les week-ends, à l’abri de l’île de chaleur urbaine estivale, pour se détendre dans la nature, à plusieurs dizaines de kilomètres de la ville. Pour atteindre cet objectif, il est vital d’avoir une vision claire et un plan bien structuré, car à présent le concept de ceinture verte a des définitions différentes. »
Un engagement à long terme
Pour que ce concept écologique devienne réalité, il est essentiel, affirment les spécialistes, de mettre en place une collaboration étroite entre les administrations locales de la zone métropolitaine, le milieu des affaires et la société civile. Les modèles à succès mis en œuvre dans d’autres métropoles européennes le prouve : le développement d’une infrastructure verte représente un engagement à long terme, essentiel pour la protection de l’environnement et pour le développement économique durable de toute la région. (Trad. Ileana Ţăroi)