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Un castrum romain au rôle stratégique

Le castrum romain de Micia se trouve à l’ouest de la Roumanie, dans le département de Hunedoara, sur la rive gauche de la rivière Mureș, à proximité de l’actuel corridor ferroviaire et routier Deva - Arad.

Lo scultore Frederic Storck
Lo scultore Frederic Storck

, 05.04.2026, 10:13

Bâti au IIème siècle apr. J.-C., dans la province romaine de Dacie, le castrum remplissait un rôle stratégique, de contrôle de la route reliant le centre de la Transylvanie à l’ouest de la province ; il surveillait également la circulation dans la vallée du Mureș, dans une zone essentielle pour la défense et la gestion des frontières romaines. Une agglomération civile active s’est développée autour de la fortification militaire, avec rues ordonnées, termes, ateliers, temples et un petit amphithéâtre qui accueillait des exercices militaires, des spectacles et des réunions publiques. L’archéologue Mihaela Simion, directrice adjointe par intérim du Musée national d’Histoire de Roumanie (MNIR), explique la place occupée par ce castrum de frontière de Micia dans le système de défense de la Dacie romaine:

 

« Il a été très important. Premièrement, il était la clé de la défense de la frontière ouest de la province de Dacie romaine. C’est un site exceptionnel pour plusieurs raisons. D’abord pour sa position géographique extraordinaire, dans la Vallée du Mureș, où l’entrée de la province est fermée par le Défilé de Branișca, qui offrait aux Romains une position stratégique absolument extraordinaire. Aujourd’hui encore, nous suivons les vieux corridors de communication, qui sont actifs depuis la préhistoire. C’est le cas aussi de Micia, qui se trouve sur l’une des grandes artères de communication européennes. Plus encore, la voie ferrée construite par les Autrichiens et la route européenne passent au milieu du site, le coupant en deux. Il est évident que les Romains avaient choisi la Vallée du Mureș pour des raisons stratégiques. Nous sommes ici aux frontières de l’empire, où ils font venir une puissante force militaire. A Micia, les briques estampillées découvertes à travers le temps attestent la présence d’une série d’unités militaires romaines, dont certaines y étaient déjà installées très tôt, au moment des guerres daciques de l’empereur Trajan. Par la suite, Micia devient le quartier d’une importante unité militaire d’élite, les archers syriens. Le castrum devient la maison de la célèbre cohorte « Cohor Secunda Flavia Commagenorum ». Vu le rôle stratégique du site, deux autres troupes y sont installées: l’une de cavalerie et l’autre de soldats maures, appartenant aux forces spéciales, pour ainsi dire, de l’Empire romain. Micia est une agglomération militaire extraordinaire, mais, au-delà de ça, tout le monde se demande pourquoi Micia a l’apparence d’une ville, d’une véritable cité romaine. Le point de douane à l’entrée de l’empire est important. Il est la porte du luxe, si vous voulez. C’est la zone d’entrée et de sortie des marchandises, depuis l’Occident vers l’Orient. C’est aussi un important point d’application de taxes. En plus des unités militaires, des casernes, il y a aussi les familles des militaires ainsi qu’un grand nombre de fournisseurs de services aux troupes, mais qui aident au développement de cette bourgade, qui finira par devenir un Pagus. Micia est un des peu nombreux pagus attestés du point de vue épigraphique. »

 

Un espace de circulation des marchandises, des idées et des influences venues de tout l’Empire romain

 

A Micia, la vie quotidienne était faite de la cohabitation des soldats, des commerçants, des artisans et des familles, à l’intérieur d’un espace de circulation des marchandises, des idées et des influences venues de plusieurs coins de l’Empire romain. Les nombreuses inscriptions découvertes sur place mettent en évidence l’existence d’une communauté étroitement connectée au monde romain. Les fouilles archéologiques ont mis au jour un très riche inventaire: inscriptions en latin, autels votifs, fragments de céramique, monnaies, armes, accessoires militaires et ornements. Une place spéciale est réservée aux objets de culte — bas-reliefs dédiés au dieu Mithras, statues et autels, qui montrent une coexistence des traditions militaires romaines et des pratiques spirituelles des soldats venus de différentes province de l’empire. Mihaela Simion ajoute d’autres détails concernant le site archéologique de Micia, coordonné par le MNIR:

 

« Pour moi, Micia a représenté un grand défi. Il continue de l’être, d’ailleurs, puisque j’essaie, comme tout archéologue, de comprendre la main qui a créé les objets, plutôt que les objets eux-mêmes. Car c’est ça l’essentiel de la recherche archéologique. Certes, les objets sont bienvenus pour être admirés, mais le rôle de l’archéologie est de comprendre l’humanité qui est derrière eux, les phénomènes. En ce qui me concerne, Micia, malgré ses problèmes passés, est non seulement un chantier du Musée national d’Histoire de Roumanie, mais aussi un chantier école. Si un monument n’est pas mis en valeur par une communauté, s’il ne fait pas partie de l’identité de cette communauté, il devient un simple acte égoïste de recherche fondamentale. Les amateurs universels d’histoire de l’Empire romain trouvent à Micia une séquence de vie de province, moins resplendissante, peut-être, que celle des zones centrales, mais nous sommes ici à la limite de l’empire et nous avons nous-aussi des signes, des visages et des amours, ici, aux frontières. »

A présent, Micia reste un des sites où la pierre garde la mémoire d’un monde disparu: un lieu où la discipline militaire, la vie civile, le commerce et le rythme de l’Empire romain ont construit une communauté. Ses ruines racontent l’histoire d’une fortification, certes, mais aussi d’une frontière transformée en espace de culture, d’échange et de continuité historique. (Trad. Ileana Ţăroi)

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