Les monastères de Iaşi
Mentionnée pour la première fois en 1408, dans un document émis par le prince régnant de Moldavie, Alexandru cel Bun (le Bon), Iaşi est devenue petit à petit un important centre économique, culturel et religieux, notamment suite à la décision du prince Alexandru Lăpuşneanu d’y installer, en 1565, la capitale de la principauté
Ștefan Baciu, 22.04.2026, 12:03
Connue aussi comme la ville des sept collines, Iaşi est une destination touristique appréciée par tous les visiteurs, qui y découvrent un riche patrimoine culturel et historique, des espaces verts et de détente, des zones de shopping, ainsi qu’une savoureuse offre gastronomique, accompagnée de vins issus des vignobles locaux.
Histoire et patrimoine à Iaşi
Mentionnée pour la première fois en 1408, dans un document émis par le prince régnant de Moldavie, Alexandru cel Bun (le Bon), Iaşi est devenue petit à petit un important centre économique, culturel et religieux, notamment suite à la décision du prince Alexandru Lăpuşneanu d’y installer, en 1565, la capitale de la principauté. Ce statut allait se maintenir jusqu’en 1862, année de l’union administrative des principautés de Valachie et de Moldavie. A travers les siècles, la ville s’est parée de nombreux bâtiments, entrés depuis dans le patrimoine culturel local. Le centre-ville actuel est parsemé d’un grand nombre d’objectifs touristiques, dont l’impressionnant Palais de la Culture, érigé sur les ruines de l’ancienne Cours princière et inauguré par le roi de Roumanie Ferdinand I le 11 octobre 1925. Le patrimoine culturel-religieux de la ville, également impressionnant, devient encore plus visible au moment des Fêtes pascales, comme l’a remarqué le maire d’Iaşi, Mihai Chirica
« Je crois que toutes les provinces roumaines, toutes les villes et tous les hameaux de Roumanie vibrent d’une manière très spéciale aux Fêtes pascales. Notre ville de Iași sort des rangs car ici nous sommes aussi en communion avec l’Evêché romain-catholique, qui d’habitude célèbre Pâques avant nous ; cette grande communauté, composée de plus de 12.000 fidèles, marque le début de cette période festive. Nous avons ici 11 monastères, qui respectent un programme religieux très strict. Comme on peut d’ailleurs l’entendre dans les rues autour de ces monastères, les services religieux, notamment ceux du soir, et le pèlerinage ininterrompu des fidèles sont la preuve de l’émotion croissante avec chaque jour qui nous rapproche des Fêtes pascales. »
L’emblématique église des Trois Hiérarques
La Cathédrale métropolitaine se dresse tout près du Palais de la Culture. Inaugurée à la fin du XIXème siècle en présence du roi de Roumanie Carol I, elle est incluse dans le tour des objectifs culturels-religieux de la ville. Un tour qui pourrait commencer avec un autre lieu historique de Iaşi, suggère le maire Mihai Chirica
« Moi, je commencerais, par exemple, à un endroit appartenant au XVIIème siècle, à l’époque du prince Vasile Lupu ; c’est l’église Trei Ierarhi (des Trois Hiérarques), monument inscrit sur la liste de l’UNESCO qui devrait recevoir l’avis final cette année même. C’est un joyau d’architecture religieuse orthodoxe, avec une touche occidentale apportée par Lecomte du Nouy ; il a donné une configuration nouvelle à ce monument, le rendant ainsi unique sur l’ensemble des églises orthodoxes de la région de nord-est. »
Construite entre 1637 et 1639 par le prince régnant de Moldavie Vasile Lupu et restaurée à la fin du XIXème siècle par l’architecte français André Lecomte de Nouy, l’église des Trois Hiérarques est un joyau d’architecture, reconnaissable à sa riche décoration, principalement extérieure, avec trente registres de motifs décoratifs qui mélangent des éléments turcs, géorgiens, arabes, persans, arméniens et roumains.
Églises fortifiées et le Tilleul d’Eminescu
A Iaşi, il y a aussi des églises fortifiées à l’origine, devenus des lieux de refuge pour leurs fondateurs, dont des princes régnants de Moldavie. Le maire d’Iaşi, Mihai Chirica, a dressé la liste de ces édifices.
« Nous avons la forteresse Cetățuia, construite juste après Vasile Lupu, ensuite la forteresse de Galata, celles de Golia, de Bărboi et de Bucium, voilà quelques-unes des forteresses-monastères qui ont rempli, à travers les siècles, des rôles de défense et qui contribuent à dessiner le caractère religieux de cette communauté ainsi que son rôle dans l’évolution de l’histoire de cette nation. Nos églises, nos forteresses sont donc en parfaite harmonie avec la vie culturelle de cette nation à laquelle la ville d’Iași a réussi, selon nous, à avoir une contribution de choix. »
Une visite printanière à Iaşi doit absolument inclure les zones de verdure de la ville. En plus du Jardin botanique, le Parc Copou, créé au cours de la première moitié du XIXème siècle, détient une signification particulière, puisqu’il abrite le Tilleul d’Eminescu. Il parait que le poète national Mihai Eminescu, qui avait habité un certain temps à Iaşi, avait pris l’habitude de chercher son inspiration sous le feuillage épais de cet arbre. Le tilleul, connu aussi comme « l’arbre des amoureux », est un autre symbole de la ville d’Iaşi. (Trad. Ileana Ţăroi)