Roumanie : le rebond des investissements
Les investissements directs dans l’économie roumaine sont à la hausse, constate l’Institut national de la statistique. Bilan et perspectives.
Ştefan Stoica, 15.09.2026, 12:48
Une inflation toujours élevée, bien qu’à la baisse
En Roumanie, le taux d’inflation est à la baisse. Toutefois, le pays reste en queue de peloton au niveau européen, alors que le rythme de cette décélération est freiné par les prix des carburants et des services. Par conséquent, l’économie roumaine est en phase de stagnation, voire de ralentissement.
Dans ce contexte, les données de l’Institut national de la statistique concernant les investissements apportent une note d’optimisme aux spécialistes. Concrètement, selon l’institut, les investissements nets réalisés dans l’économie nationale ont totalisé 100,5 milliards de lei au premier semestre 2026, soit l’équivalent d’environ 20 milliards d’euros. En termes réels, ils ont augmenté de près de 12 % par rapport au premier semestre 2025.
Les investissements se multiplient
Au deuxième trimestre de cette année, comparativement à la même période de l’année dernière, les investissements nets dans l’économie roumaine ont progressé de 17,8 %, sur toile de fond de la multiplication des nouvelles constructions, des acquisitions d’équipements et des moyens de transport.
L’Institut national de la statistique précise que les investissements nets représentent les dépenses destinées à la création de nouveaux actifs fixes, au développement, à la modernisation et à la reconstruction des moyens existants, ainsi qu’à la valorisation des services liés au transfert de propriété sur les actifs fixes existants et les terrains loués auprès d’autres entreprises ou de personnes physiques. Y sont également inclus les frais notariaux, les commissions ainsi que les dépenses en matière de transport et de manutention.
Dans un contexte où l’économie roumaine a reculé de 0,4 % au deuxième trimestre de l’année, en données brutes, par rapport à la même période de 2025, en raison de la baisse de la consommation, de l’activité industrielle et du commerce, les investissements et le secteur de la construction sont devenus donc des facteurs essentiels de soutien à l’activité économique.
Le BTP, moteur de l’économie roumaine
Le BTP constitue ainsi le principal moteur de l’économie roumaine. Les données de l’Institut national de la statistique le confirment : le nombre de logements mis sur le marché au niveau national a augmenté de 32 000 unités au cours des six premiers mois de cette année par rapport à la même période de 2025. A cette époque-là, 24 600 logements avaient été livrés. La majorité d’entre eux ont été construits en milieu urbain, soit environ 60 % du total.
De son côté, le ministre par intérim des Finances, Alexandru Nazare, a déclaré que l’objectif de l’économie roumaine était de passer d’un modèle de consommation soutenu par l’endettement, à une croissance fondée sur les investissements et sur des revenus réels, afin de regagner la confiance de la population et des entreprises.
Selon le ministre, la Roumanie est sur la bonne voie et les chiffres le confirment : le taux annuel d’inflation est passé à 6,2 % en août, contre 8,2 % en juillet et près de 10 % en juin, ce qui représente la décélération la plus rapide enregistrée ces dernières années.
La prudence reste de mise
Par ailleurs, le déficit budgétaire s’est réduit de 37 % au cours des 7 premiers mois de l’année par rapport à la même période de 2025, alors même que les investissements publics ont progressé. L’inflation demeure toutefois élevée et les ajustements des dépenses publiques doivent se poursuivre, avertit encore le ministre. (trad. Valentina Beleavski)