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Jean Barbat (France) – La fabrication des tapis en Roumanie

L'histoire de Rozica Miclescu, une véritable artisane des tapis et du tissage traditionnel.

Jean Barbat (France) – La fabrication des tapis en Roumanie
Jean Barbat (France) – La fabrication des tapis en Roumanie

, 24.10.2014, 15:10

Amis auditeurs, dans les minutes suivantes je voudrais vous inviter à faire la connaissance de Mme Rozica Miclescu, une véritable artisane des tapis et du tissage traditionnel qui est venu au micro de RRI nous raconter son histoire.



Rozica Miclescu: « Dès ma plus tendre enfance, je suis fascinée par la création de tapis. J’ai grandi auprès d’une grand-mère qui tissait des tapis et qui m’a appris des tas de choses sur l’art du tissage et de la broderie, pratiqué dans ma famille depuis des générations. Pourtant, chaque fois que je voulais en apprendre davantage, ma grand-mère me disait de m’occuper plutôt de l’école, puisque, disait-elle, les arts traditionnels sont fatigants, mal payés et rapportent trop peu à l’artisan. Mais quand la main du destin s’en mêle, on n’y peut rien. C’est du moins, ce que je crois. Je n’ai jamais pensé qu’un beau jour, je ferais moi –même des tapis. Moi, je voulais travailler dans l’éducation pour faire plaisir à ma grand –mère. Pourtant, ma mère, elle, me disait de m’occuper plutôt de ce que j’aime bien faire et donc…me voilà : cela fait plus de trente ans que je crée des tapis. »



Née à Urlati, dans le département de Prahova, dans le sud de la Roumanie, Rozica Miclescu est la patronne d’un atelier professionnel et artisanal de tapis, peut-être le seul du pays ayant survécu à la crise, à l’occidentalisation des Roumains et au changement de leurs goûts et préférences. Cela fait plus de trente ans que l’art de cette femme est connue surtout au-delà des frontières de la Roumanie. Son parcours professionnel commence donc dans la ville de Urlati où Rozica Miclescu fait des études au lycée local. Mais, à l’époque communiste, tous les élèves de lycée ou les étudiants étaient obligés de faire, parallèlement aux cours scolaires, des cours de formation professionnelle. C’est comme cela que Rozica Miclescu a choisi d’intégrer des classes de tissage et de broderie de tapis. Après avoir eu son Bac, elle suit les cours de la section peinture et dessin, à l’Ecole populaire des beaux arts de Ploiesti. Pourtant, la destinée voulait qu’elle reste proche de l’art traditionnel et voilà qu’en dernière année d’études, elle intègre aussi la section de tapisserie de la même école. Un diplôme dans la poche, Rozica Miclescu s’établit dans la petite localité de Valenii de Munte où elle se fait embaucher comme créatrice de motifs de tapis dans un atelier local. Une fois de plus, la destinée n’y était pas pour rien, puisque Valenii de Munte devait sa renommée aussi bien aux vergers de pruniers qu’à son Ecole de métiers traditionnels créée au début du XXème siècle.



Rozica Miclescu explique : « En l’absence de morceaux de terrains à travailler, les femmes de cette région s’occupent de la broderie et du tissage. C’est comme cela que s’explique l’initiative prise vers 1900 par le grand historien roumain Nicolae Iorga de créer une Ecole d’arts et de métiers traditionnels censée aider les femmes à se perfectionner. Il semble que même la reine Marie, épouse du roi Ferdinand, commandait des broderies à l’atelier de Valenii de Munte et du coup, d’autres dames de la haute société de l’époque en faisaient de même. »



A la chute du communisme, Rozica Miclescu décide d’ouvrir son propre atelier. Une toute petite boutique d’artisan, avec deux tisseuses et une brodeuse. Les commandes affluent. Une première – venue de France, placée par une dame qui connaissait déjà le talent de dessinatrice de notre Roumaine. Et puis, un coup de fil de Londres allait propulser le petit atelier de Mme Miclescu vers les sommets du succès : « Peu de temps après avoir commencé à travailler pour ma cliente de France, une autre, du Royaume Uni, nous a contactés pour nous passer une grosse commande : des tapis pour une chaîne hôtelière de Londres. Du coup, je me suis vu obliger d’embaucher du personnel. Et me voilà donc patronne d’un atelier avec 120 employées et 30 femmes en CDI. »



Rozica Miclescu n’est pas surprise de constater que la plupart de ses clients sont des étrangers. Sous les communistes, ce fut pareil, affirme-t-elle, et ajoute que du temps où elle travaillait dans le petit atelier public de Valenii de Munte, une seule fois elle avait honoré une commande pour un client de Roumanie. Et ce client là fut Ceausescu lui-même. Pourquoi une telle situation ? Est-ce que les Roumains ne se permettent pas le prix d’un tel tapis ?



Rozica Miclescu: « Il est bien possible, car si l’on ignore le travail qu’un tel tapis demande, on peut dire que le prix est exagéré. Très peu de monde sait que la valeur d’un tapis est en rapport direct avec la valeur du fil de laine. Un tapis de six mètres environ coûte un millier d’euros dans mon atelier. Mais attention, moi, je travaille avec les meilleurs matériels qu’on trouve sur le marché, tous mes tapis sont tissés en laine mérinos dont le fil est très brillant. La création d’un tapis implique un travail tellement rude que cela ne vaut vraiment pas la peine d’utiliser des matières premières bon marché. Imaginez que pour réaliser un tapis de six mètres il faut deux femmes qui travaillent au total un mois entier. Trois femmes, ce serait trop, puisqu’elles n’auraient pas suffisamment de place. Une seule, ce serait trop dur, car elle devrait tourner sans cesse autour du tapis. »



Malheureusement, les attaques du 11 septembre ont sérieusement affecté les affaires de Rozica Miclescu. Et cela, raconte-elle, parce que de nombreux clients américains avaient des galeries ouvertes dans les Tours Jumelles. En plus, ajoute-elle, l’Etat roumain l’accable de taxes et d’impôts au lieu de lui donner un coup de main pour l’aider à résister dans un domaine en voie de disparition. Un domaine où les employées touchent à peine 1000 lei par mois, c’est-à-dire quelque 200 euros, une somme insignifiante par rapport aux efforts déployés. Et pourtant, il y a de l’espoir.



Rozica Miclescu: « Dernièrement, 50% de notre production est destinée au marché intérieur et l’autre moitié à l’étranger. Nous avons des commandes pour des magasins, hôtels, musées, surtout que nous sommes restés le dernier atelier professionnel et artisanal de tapis de Roumanie à travailler avec des matières premières haut de gamme et en mesure d’honorer toutes les commandes quelles que soient les dimensions. Je suis optimiste quant à l’avenir de mes tapis, surtout que de plus en plus de designers recommandent dernièrement les tapis en laine à leurs clients, pour des raisons aussi bien esthétiques que de santé. »



Car, si vous ne le savez pas, passer une heure, le soir, pieds nus, sur un tapis en laine vous permettrait d’éliminer toutes les charges électrostatiques accumulées pendant une journée passée devant l’écran de l’ordi, de la télé ou de votre téléphone intelligent.

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