Élever des autruches en Roumanie
Depuis quelques années, une nouvelle ferme d'autruches a été développée à la périphérie du village d'Izvoarele, dans le département de Mehedinți. Les propriétaires, Adriana et Gabriel Brezoi, sont deux jeunes qui ont choisi de quitter la ville pour retourner à la campagne.
Ana-Maria Cononovici, 13.01.2026, 10:29
Les premiers élevages d’autruches roumains sont apparus après 2000. L’autruche d’Afrique, parfaitement adaptée aux conditions climatiques roumaines, supporte très bien l’été comme l’hiver, avec des températures allant jusqu’à -20 degrés, et apprécie la neige. Son espérance de vie moyenne est de 70 ans, dont environ 50 ans de fertilité. Les autruches ne sont pas difficiles à nourrir mais leur régime alimentaire doit être équilibré et composé à 80 % de luzerne, verte en été et sèche en hiver, ainsi que d’un mélange de céréales (maïs, blé, avoine, tourteau de soja et tournesol), sans oublier le calcium. A l’âge d’un an, une autruche pèse environ 120 kg, dont 30 à 45 kg de muscles. Les femelles pondent en moyenne un œuf tous les deux jours (soit de 40 à 60 œufs chaque saison). Les œufs d’autruche pèsent entre 1 200 et 2 000 grammes, soit l’équivalent de 24 œufs de poule, mais avec une très faible quantité de cholestérol.
Depuis quelques années, une nouvelle ferme d’autruches a été développée à la périphérie du village d’Izvoarele, dans le département de Mehedinți. Les propriétaires, Adriana et Gabriel Brezoi, sont deux jeunes qui ont choisi de quitter la ville pour retourner à la campagne. Après avoir fait une recherche sur cette activité, ils ont opté pour l’élevage d’autruches, une activité qu’ils mènent avec succès.
Adriana Brezoi nous a raconté avec humour sa relation avec les autruches :
« Tout a commencé avec une autruche mâle, très amical, je l’ai dressé comme ça, comme tous les autres, en lui apprenant à manger dans ma main. Ici, toutes les autruches ont un nom : Gigeluş, Johny, Suzi, ou un un dernier pour lequel je cherche encore. En général, les femelles sont beaucoup plus dociles que les mâles, ces derniers étant un peu plus agressifs, mais on s’en sort, petit à petit. Je les aime beaucoup et elles se sont aussi habituées à moi. Le mâle est un peu plus dur, car il protège farouchement sa famille. »
Pourquoi ont-ils quitté la ville pour retourner à la campagne et comment sont-ils passés de l’élevage de poulets à celui d’autruches, une solution qu’ils considéraient idéale ? Adriana Brezoi nous explique :
« Nous avons commencé par quitter la grande ville. Nous avons vécu un temps à Timișoara. Après nos études, nous nous sommes demandés ce que nous pouvions faire pour nous installer à la campagne, loin de la foule et du tumulte urbains. Nous avons fait beaucoup de recherches, lu beaucoup, visité de grandes fermes, et c’est ainsi que nous avons lancé notre activité. C’était une véritable passion. Et c’est formidable ! Par rapport à la ville, à son agitation incessante, c’est beaucoup plus calme ici. Le matin, quand on arrive à la ferme, le village est tranquille. »
Comment élever une autruche ?
Ils ont commencé par acheter quelques poussins, et les surprises n’ont pas tardé à arriver. Ils ont continué à apprendre et à s’adapter à cette nouvelle activité jusqu’à comprendre les besoins des autruches. Gabriel Brezoi nous raconte :
« Aujourd’hui, nous avons six familles adultes, soit 18 oiseaux, et actuellement 25 poussins âgés de deux à trois mois. Nous avons gardé ces poussins pour nous, afin de les élever et de former d’autres familles. »
Adriana Brezoi ajoute :
« L’autruche ne peut pas être élevée dans un petit espace, tout simplement parce que c’est un très grand oiseau qui a besoin de beaucoup d’exercice. Elle court beaucoup et est généralement très claustrophobe. On dit qu’elle n’aime pas les petits espaces. On l’appelle d’ailleurs « la poule aux œufs d’or ». C’est un grand oiseau d’Afrique qui s’est très bien acclimaté à la Roumanie. »
Nos invités nous ont raconté que le seul obstacle en hiver était une plus faible quantité d’œufs. Le couple est déterminé à développer son activité et à vendre également de la viande, en plus des œufs et des poulets, afin de pouvoir approvisionner les restaurants. Gabriel Brezoi :
« Nous parvenons à faire des profits en vendant des œufs et des poussins. A l’avenir, nous élèverons des autruches également pour la consommation. Depuis Izvoarele, les œufs d’autruche sont arrivés jusqu’à Cluj, à Bihor, grâce à l’une de nos connaissances. Les Allemands ont aussi goûté nos produits et en sont ravis. Les œufs d’autruche sont beaucoup plus riches en protéines, de meilleure qualité que les œufs de poule, beaucoup plus facile à digérer et contiennent des oméga-3, 6 et 9, ainsi que de nombreuses autres protéines. La viande est également très recherchée car elle est très saine, elle contient des oméga-3, 6 et 9, et ressemble un peu au bœuf, tout en étant moins riche en cholestérol. »
La demande en viande d’autruche est en hausse dans le pays, mais la plus forte demande provient toujours de l’étranger. De nombreux consommateurs ont découvert les bienfaits de la viande d’autruche, et certains éleveurs ont commencé à remplacer le porc par l’autruche, beaucoup plus facile à élever. La viande est bien moins chère et riche en oméga-3, 6, 9 et en vitamine E.