Oradea
La ville d’Oradea, dans l’ouest de la Roumanie figure depuis plusieurs années parmi les meilleures destinations d’exploration urbaine de Roumanie, proposant un mélange architectural surprenant avec des bâtiments Art Nouveau, Sécession, Baroque auxquels s’ajoutent les exemples d’architecture moyenâgeuse.
Daniel Onea, 15.01.2026, 12:32
Avec ses 89 immeubles en style Art Nouveau et 26 monuments historiques classés, cette ville sise dans le nord-ouest de la Roumanie et traversée par la rivière de Crisul Repede est également une destination de repos et cure. C’est ici que se trouvent des eaux thermales renommés pour leurs vertus thérapeutiques. Alexandru Chira, directeur de l’Association de promotion du tourisme d’Oradea et de la Région explique pourquoi la ville mérite de lui accorder une attention particulière.
« De mon point de vue, Oradea est un musée en plein air qui peut être visité idéalement en trois jours environ. Mais si quelqu’un dispose d’une période plutôt limitée pour visiter les bâtiments et les sites les plus représentatifs, alors ma recommandation est de commencer par la place de l’Union. C’est l’épicentre architectural et culturel de la ville avec le bâtiment de style Art Nouveau le plus représentatif et le plus imposant : le Palais de l’Aigle Noir. Son nom est issu des deux vitraux qui décorent les entrées sur la rue de l’Indépendance et la Place de l’Union. C’est un bâtiment absolument impressionnant, avec un passage construit d’après le modèle des galeries Vittorio Emanuele d’Italie. »
C’est à proximité du Palais de l’Aigle Noir que s’érige un des lieux de culte les plus les plus fascinants d’Europe centrale et de l’Est : la cathédrale de la Dormition, connue aussi sous le nom de « l’Eglise à la lune ». Bâti de 1784 à 1790, ce véritable joyau architectural est impressionnant grâce à l’harmonie entre le style baroque tardif et les influences néoclassiques. Mais le véritable trésor se cache derrière le cadran de l’horloge de la tour. C’est là que se trouve un mécanisme astronomique unique installé en 1793 par le maitre horloger Georg Rueppe, qui met en marche une sphère ayant un mètre de diamètre, peinte moitié en noir et moitié en or. Par le biais d’un engrainage de précision, la sphère tourne autour de son axe en fonction du mouvement de rotation de la Lune autour de la Terre, représentant avec une précision surprenante toutes les phases de la Lune. Bref, une symbiose rare entre la science et la spiritualité, qui fait de cette église non seulement un repère religieux, mais aussi un repère astronomique. L’intérieur de la cathédrale ne cesse d’émerveiller par l’iconostase doré et par les peintures murales d’une grande valeur artistique réalisées dans des couleurs chaudes qui invitent à la méditation. La lumière qui pénètre par les hautes fenêtres accentue les détails sculptés, offrant au visiteur un état de profond silence, qui contraste fortement au silence du centre historique. L’Eglise à la lune demeure un symbole de l’ingéniosité humaine mise au service de la Divinité, constituant une halte obligatoire pour tous ceux qui souhaitent pendre le pulse de l’histoire de la ville d’Oradea. Alexandru Chira poursuit le tour guidé de la ville :
« En arrivant sur la place de l’Union, même s’il ne s’agit pas du style Art Nouveau, les visiteurs peuvent découvrir l’Eglise à la lune tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Son nom est lié au mécanisme qui présente les phases de la lune : un mécanisme vieux de trois siècles, parfaitement fonctionnel. Nous pouvons continuer au-delà de la Place de l’Union, vers la Place Ferdinand, où il y a une série de bâtiments extrêmement importants pour ce courant. La rue piétonne « Republicii » / « Rue de la République », est marquée par trois palais importants, devenus entre temps, l’endroit le plus « instagrammable » du quartier puisqu’ils se trouvent tous au carrefour de deux rues. Il s’agit du palais Apollo, du palais Moskovits Miksa et du palais Stern, aux styles Art Nouveau et Sécession mais avec des approches entièrement différentes du point de vue chromatique et des éléments architecturaux. »
Hormis la richesse culturelle, Oradea et la ville d’eau de Felix les Bains qui l’avoisine constituent une sorte de pôle du bien être reconnu au niveau européen, où les touristes peuvent profiter d’un parc aquatique et de centres modernes de SPA et de récupération. La ville fait la promotion d’un tourisme actif qui s’étend aussi au reste du département de Bihor, offrant des options pour tous les goûts, de la relaxation thermale aux explorations alpines. Alexandru Chira nous donne quelques conseils pour profiter au maximum de cette région :
« Ma proposition est de combiner le côté muséal et l’architecture avec une visite au parc aquatique le plus grand de la zone. Surtout qu’il y a toute une série de centres de bien être, SPA et récupération, tant à Oradea qu’à Felix les Bains. A moins d’une heure en voiture, plein de merveilles attendent les touristes en toute saison. Il existe des options pour les passionnés de tourisme spéléologique, de randonnées et de cyclotourisme. D’ailleurs, une visite du département de Bihor est une extension tout à fait naturelle d’un séjour dans la ville, puisqu’il propose le contraste parfait entre l’élégance urbaine et la nature sauvage. Lorsqu’on parle de grottes spectaculaires ou d’itinéraires à travers les montagnes, la proximité de ces ressources rend Oradea un point de départ idéal pour ceux qui souhaitent avoir des vacances actives. »
L’identité de la région est complétée par une riche gastronomie et des métiers traditionnels soigneusement préservés dans les villages du comté de Bihor. Entre les communautés slovaques de Şinteu et les artisans de la poterie blanche de Vadu Crișului, Bihor offre un aperçu authentique des traditions roumaines et multiculturelles.
Pour terminer, Alexandru Chira décrit ces sites emblématiques :
« Dans la commune de Colesti il y a un endroit apprécié pour la nourriture authentique régionale. A Briheni, un groupe de villageoises préparent un fameux friand spécifique à la région. A Sinteu, la communauté slovaque a construit un complexe impressionnant où l’on peut goûter aux plats de la cuisine slovaque, une communauté importante à Oradea et dans le département de Bihor. Pour les passionnés de la poterie blanche, sachez qu’il y a une famille à Vadu Crisului qui produit ce type de poterie authentique. S’y ajoutent d’autres produits traditionnels, tels les manteaux en laine de Bihor, les coffres de dot de la région de Budureasa et du village de Dragoteni, où l’on trouve aussi de véritables spécialistes des œufs peints. Ces artisans se rendent chaque année à Oradea à l’occasion d’un marché de Pâques ».
Somme toute, Oradea vous attend, petits et grands, avec une offre touristique complète, où l’esthétique raffinée de l’architecture du début du 10e siècle rencontre l’hospitalité moderne et les traditions encore vivantes de Bihor. Par des investissements constants dans la mise à neuf du patrimoine et dans des stratégies de promotion qui mettent l’accent sur des loisirs de qualité, la ville n’est plus un simple point de transit, elle est aujourd’hui une des meilleures destinations de city-break de Roumanie. (trad. Alex Diaconescu)