La Roumanie, entre le gaz naturel et les terres rares
Par la voix de la cheffe de la diplomatie roumaine Oana Ţoiu, la Roumanie s’est positionnée en tant qu’un partenaire transatlantique de base dans le domaine de la sécurité économique, lors de la réunion interministérielle sur les terres rares, accueillie par Washington la semaine dernière.
Mihai Pelin, 09.02.2026, 12:20
Réunion sur les terres rares à Washington
Le président américain Donald Trump se dit est fermement déterminé à collaborer avec ses partenaires internationaux, dont la Roumanie, afin de garantir l’approvisionnement en minéraux essentiels nécessaires au soutien des secteurs de la défense, de l’énergie et de la technologie. C’est le message transmis par l’Ambassade des États-Unis à Bucarest, après la réunion sur les terres rares qui s’est tenue ces derniers jours à Washington, accueillie le secrétaire d’État Marco Rubio et le vice-président américain J.D. Vance.
La Roumanie, plus grand producteur de gaz en Europe
A la tête de la délégation de la Roumanie, la cheffe de la diplomatie roumaine, Oana Ţoiu, a déclaré que la Roumanie assumait une responsabilité stratégique en sa qualité de plus grand producteur de gaz naturel en UE. La Roumanie se donne pour mission de faire croître sa production pour faire baisser les prix et pouvoir contribuer à défendre la région contre l’utilisation de l’énergie en tant qu’arme de chantage politique, a-t-elle encore déclaré. En même temps, la ministre a plaidé pour le renforcement des relations entre l’UE et les Etats-Unis dans plusieurs domaines, dont les investissements et les instruments communs de marché.
A noter que le principal objectif de cette réunion de Washington et des discussions préalables visait à renforcer la sécurité économique, à garantir des chaînes d’approvisionnement résilientes pour les terres rares et à mettre sur pied des partenariats internationaux à même de protéger les industries et les emplois à l’avenir.
A un moment où l’industrie de la défense, l’industrie technologique et la capacités énergétiques de la Roumanie sont à la recherche de nouvelles ressources dans la chaine mondiale d’approvisionnement, la participation de Bucarest aux négociations internationales s’avère essentielle.
De leur côté, les Etats-Unis souhaitent bâtir une coalition d’alliés afin de diversifier les ressources de métaux rares afin d’éviter la dépendance face à la Chine, actuellement la plus grande puissance en matière d’exploitation et de traitement de ces métaux, dont dépendent plusieurs technologies de pointe.
L’occasion aussi pour le président américain Donald Trump de réitérer le besoin de métaux rares y compris dans le contexte de ses revendications sur le Groenland, un territoire danois.
Evènement : Davos to the Arctic: Forging Transatlantic Unity-A Romanian View
En marge de sa participation à la première réunion interministérielle sur les terres rares, la ministre des AE de la Roumanie, Oana Ţoiu était également invitée à l’événement intitulé «Davos to the Arctic: Forging Transatlantic Unity-A Romanian View » (De Davos à l’Arctique : forger l’unité transatlantique – un point de vue roumain), organisée par le groupe de réflexion américain Hudson Institute (un « think tank » qui propose des analyses et des solutions influençant les politiques étrangères et de sécurité à Washington). L’occasion pour la ministre roumaine d’y expliquer comment le succès économique de la Roumanie, dont l’économie avait augmenté par 10 fois au cours d’une seule génération, était doublé désormais par le besoin de résilience au niveau de l’ensemble du bloc transatlantique.
« Notre relation avec les Etats-Unis est riche d’une histoire de plus de 120 ans, à commencer par les premiers investisseurs américains dans le secteur énergétique roumains. Aujourd’hui nous sommes prêts à porter ce partenariat au niveau supérieur grâce à notre collaboration dans les domaines des technologies de pointe et des minéraux critiques, essentiels pour l’avenir de nos deux nations », a précisé Oana Ţoiu lors de son allocution. (trad. Valentina Beleavski)