Crise économique et blocages institutionnels en Roumanie
Les Roumains subissent de plein fouet les convulsions économiques, tandis que les réformes promises par la coalition gouvernementale semblent stagner.
Bogdan Matei, 17.02.2026, 11:51
La réforme des retraites des magistrats revient au centre de l’attention de la Cour constitutionnelle de Roumanie (CCR) après cinq reports successifs. La dernière suspension a été motivée par la demande de la Haute Cour de cassation et de justice, qui souhaite que la CCR saisisse également la Cour de justice de l’Union européenne pour vérifier la conformité des modifications proposées par le gouvernement au droit communautaire. Mercredi, les juges constitutionnels devront trancher : accepter la saisine européenne ou la déclarer irrecevable. Une acceptation repousserait la décision finale de plusieurs mois. Selon la porte-parole du gouvernement, il ne resterait que quelques jours avant que la Roumanie ne reçoive la notification officielle de Bruxelles concernant le Plan national de relance et de résilience. La perte éventuelle d’une tranche de financement de plus de 230 millions d’euros dépend directement de l’adoption de cette réforme.
Dysfonctionnements de la coalition et premières initiatives locales
Au sein de la coalition gouvernementale formée du Parti social-démocrate, du Parti national libéral, de L’Union Sauvez la Roumanie et de l’Union démocrate Magyar de Roumanie, aucun consensus n’a encore émergé sur la réforme de l’administration publique, le plan de relance économique et le budget de l’État. Ces dossiers sont pourtant interdépendants : les économies réalisées dans la fonction publique doivent financer la relance économique et servir de base au budget national. Le Premier ministre roumain, le libéral Ilie Bolojan, et les dirigeants sociaux-démocrates n’ont pas trouvé d’accord sur la réduction des dépenses de l’administration locale et centrale. Le PSD estime qu’une diminution massive des salaires des fonctionnaires constituerait un faux pas pouvant paralyser les services essentiels, tandis que l’USR accuse le PSD de retarder l’adoption des réformes administratives. Pendant que Bucarest bute sur ces blocages, certaines communes prennent l’initiative. Dans le département de Satu Mare, au nord-ouest du pays, les maires de Beltiug et Socond ont annoncé la fusion de leurs mairies, une première dans l’administration roumaine. Ce choix pragmatique vise à réduire les dépenses budgétaires, les deux localités reconnaissant ne plus pouvoir assurer seules leurs besoins financiers.