Bilan de la Direction nationale anticorruption
Le procureur général de la Direction nationale anticorruption (DNA), Marius Voineag, a présenté le bilan de l'institution pour l’année 2025.
Sorin Iordan, 20.02.2026, 12:29
La Direction nationale anticorruption est redevenue une institution performante. Elle attire des professionnels et dispose de capacités techniques sans précédent, comme l’a déclaré le procureur général Marius Voineag lors de la présentation du bilan de l’année précédente. M. Voineag, dont le mandat s’achève le 31 mars, a indiqué que le renforcement de la structure anticorruption la plus performante de Roumanie constituait probablement son plus grand succès. S’y ajoute le recrutement de 18 nouveaux procureurs et de plus de 40 officiers de police judiciaire seule au cours de l’année 2025. L’année dernière, la Direction a enregistré près de 2 600 dossiers, 114 mises en accusation ont été transmises aux juges et des accords de plaidoyer ont été conclus dans 250 affaires. Près de 800 personnes ont été envoyées devant les tribunaux l’année dernière, soit de 16 % de plus qu’en 2024.
Pourtant l’instabilité législative a été identifié comme la menace la plus sérieuse pesant sur l’efficacité du travail des procureurs anticorruption. Marius Voineag :
« L’instabilité législative demeure la menace la plus sérieuse pesant sur l’efficacité de notre travail. L’absence de réaction rapide du Parlement suite aux décisions de la Cour constitutionnelle a entraîné la prescription de centaines de dossiers. En 2025, les tribunaux ont également ordonné l’arrêt des poursuites pénales, y compris faute de prescription, dans 64 causes. Chaque affaire de ce type représente un manque à gagner et une perte de confiance pour nous. »
Présent à l’événement, le ministre roumain de la Justice, Radu Marinescu, a affirmé que l’activité de la Direction nationale anticorruption contribuait non seulement à sanctionner les actes de corruption, mais aussi à apporter une meilleure compréhension du phénomène de la corruption. Il a précisé que la future stratégie anticorruption, élaborée par l’Exécutif, s’appuierait notamment sur les rapports de la DNA afin d’identifier les domaines nécessitant une intervention institutionnelle et ceux où les mécanismes de prévention devraient être renforcés. Radu Marinescu :
« Le ministère de la Justice envisage avec confiance la coopération avec la Direction nationale anticorruption et tous les parquets, ainsi qu’avec le pouvoir judiciaire pour l’avenir. L’intérêt commun est de disposer d’un système judiciaire efficace, où les professionnels puissent s’épanouir et où les citoyens puissent retrouver confiance en la justice. »
Les récentes modifications législatives concernant les régimes spéciaux de retraite des magistrats, notamment le relèvement progressif de leur âge de départ à la retraite jusqu’à 65 ans et la fixation d’un montant de pension de retraite ne pouvant excéder les 70 % du salaire net perçu au cours du dernier mois d’activité, ont été qualifiées de drastiques et injustes par le vice-président du Conseil supérieur de la magistrature, le procureur Bogdan Staicu. Il a exhorté les procureurs anticorruptions à poursuivre leur mission et à ne pas s’écarter de leur objectif de représenter l’intérêt général de la société roumaine.
En 2025, la Direction nationale anti-corruption a saisi des biens d’une valeur totale de 254 millions de lei (près de 50 millions d’euros). Son budget, sur la même période, s’élevait à plus de 291 millions de lei (environ 57 millions d’euros) de fonds publics et à 4,2 millions de lei (plus de 820 000 euros) de fonds extérieurs non remboursables.