Le semaine du 16 au 22 février 2026
Le président Nicușor Dan a représenté la Roumanie à Washington lors du Conseil pour la paix initié par le président américain Donald Trump / Feu vert constitutionnel pour la réforme des régimes spéciaux des magistrats / Une croissance économique en trompe-l’œil pour la Roumanie / Bucarest paralysée par une tempête de neige historique / Coup d’envoi en Roumanie de l’Année Constantin Brâncuşi
Roxana Vasile, 22.02.2026, 10:05
La Roumanie s’invite à la table de la paix sur Gaza
Jeudi, le président Nicușor Dan a représenté la Roumanie à Washington en qualité de pays observateur lors du Conseil pour la paix initié par le président américain Donald Trump. Cette nouvelle structure diplomatique vise à mettre un terme au conflit dans la bande de Gaza et à jeter les bases de la reconstruction de l’enclave palestinienne, dévastée par deux années de guerre. « Ensemble, nous pouvons réaliser le rêve d’apporter une harmonie durable à une région secouée par des siècles de guerres, de souffrances et de massacres — au total, 3 000 ans », a déclaré Donald Trump, inscrivant cette initiative dans une ambition historique. Lors de cette réunion, Nicușor Dan a esquissé les contributions concrètes que Bucarest pourrait apporter à cet effort international. La Roumanie envisage notamment d’intensifier les évacuations sanitaires d’enfants palestiniens afin qu’ils soient pris en charge dans ses hôpitaux, d’élargir ses programmes de bourses à destination des étudiants palestiniens, et de mobiliser son expertise technique pour reconstruire des infrastructures essentielles, allant des services d’urgence — ambulances et pompiers — aux établissements scolaires. Le pays se dit également prêt à soutenir la remise en état d’institutions clés, telles que la police, la justice ou l’administration publique. Le chef de l’État roumain a par ailleurs souligné l’atout diplomatique que constitue la relation historiquement équilibrée de son pays avec Israël et la Palestine, susceptible de faciliter son rôle dans ce processus sensible. Selon les estimations de Reuters, le coût de la reconstruction de Gaza pourrait atteindre 70 milliards de dollars, illustrant l’ampleur colossale du chantier qui attend la communauté internationale.
Retraites des magistrats : feu vert constitutionnel et offensive élargie contre les pensions spéciales
La classe politique roumaine, emmenée par le président Nicuşor Dan et le Premier ministre Ilie Bolojan, a salué mercredi une décision décisive de la Cour constitutionnelle roumaine, qui a validé la constitutionnalité du projet gouvernemental de réforme des retraites des magistrats. Ce texte prévoit un relèvement progressif de l’âge de départ à la retraite des juges et procureurs à 65 ans, tout en plafonnant leurs pensions à 70 % de leur dernière indemnité nette. Contesté par le Conseil supérieur de la magistrature et maintes fois différé par la juridiction constitutionnelle — à cinq reprises —, ce projet constituait un jalon crucial pour le déblocage de plus de 230 millions d’euros de fonds européens dans le cadre du Plan national de relance et de résilience (PNRR). Fort de cette victoire institutionnelle, l’exécutif entend désormais élargir son chantier à l’ensemble des régimes dérogatoires. Le chef du gouvernement a ainsi annoncé sa volonté de mettre fin aux dispositifs permettant certains départs anticipés dès 50 ou 52 ans, assortis de pensions équivalentes au dernier salaire. Sont particulièrement concernés les personnels des secteurs de la défense, de l’ordre public et de la sécurité nationale, longtemps bénéficiaires de régimes spéciaux. Parallèlement, le ministère du Développement, basé à Bucarest, a soumis à consultation publique un projet d’ordonnance d’urgence visant à restructurer l’administration. Le texte prévoit une réduction de 10 % des effectifs des administrations locales ainsi qu’une compression équivalente des dépenses de personnel au niveau central. Selon le ministre Cseke Attila, cette réforme vise à moderniser l’appareil administratif, renforcer la décentralisation et garantir la soutenabilité financière des institutions publiques, dans un contexte de pressions budgétaires croissantes.
Roumanie : une croissance en trompe-l’œil qui masque l’entrée en récession technique
Malgré une progression annuelle de 0,6 % de son produit intérieur brut en 2025 par rapport à 2024, l’économie roumaine a nettement ralenti en fin d’année. Selon les données officielles publiées par l’Institut national de statistique, le PIB s’est contracté de 1,9 % au quatrième trimestre par rapport au trimestre précédent, lui-même déjà en recul. Cette succession de baisses trimestrielles marque l’entrée du pays en récession technique — une phase qui, sans annoncer nécessairement une crise majeure, constitue un signal d’alerte sur l’essoufflement de la dynamique économique. Le Premier ministre Ilie Bolojan a relativisé la portée de cet épisode, le présentant comme un passage attendu dans la transition vers un nouveau modèle de croissance. Selon lui, ce ralentissement reflète le coût temporaire d’un rééquilibrage structurel, visant à délaisser une économie portée par la consommation et le déficit au profit d’un socle plus durable, fondé sur l’investissement, la productivité, les exportations et la discipline budgétaire. Dans l’opposition, le parti AUR souligne toutefois la concomitance de ce ralentissement avec une inflation record à l’échelle européenne, accentuant la pression sur les ménages et la stabilité économique. La Banque nationale de Roumanie (BNR) a d’ailleurs relevé ses prévisions d’inflation pour la fin de l’année, désormais attendue à 3,9 %, contre 3,7 % auparavant, avant un reflux anticipé à 2,9 % d’ici fin 2027. Son gouverneur, Mugur Isărescu, a insisté sur les conditions nécessaires pour contenir les risques de contraction prolongée : stabilité politique, maîtrise de la demande intérieure et, surtout, accélération des investissements publics, en particulier grâce aux fonds européens. Autant de leviers jugés essentiels pour transformer ce ralentissement conjoncturel en opportunité de restructuration durable.
Roumanie : Bucarest paralysée par une tempête de neige historique
La moitié orientale de la Roumanie a été frappée cette semaine par l’un des épisodes hivernaux les plus sévères de la saison, plongeant le pays dans une situation de quasi-paralysie. Après d’importantes chutes de neige et des rafales violentes qui ont balayé mardi le sud et le sud-est, la capitale Bucarest et le département voisin d’Ilfov ont été placés mercredi matin en alerte rouge. Dans le même temps, plusieurs comtés du sud, du sud-est et de l’est demeuraient sous vigilance orange et jaune, signe de la persistance de conditions météorologiques extrêmes. En l’espace de quelques heures, Bucarest a été ensevelie sous une épaisse couverture blanche, un phénomène d’une intensité inédite depuis plus de 18 ans. Par endroits, le manteau neigeux atteignait près de cinquante centimètres, transformant la ville en paysage figé et entravant gravement les déplacements. Les conséquences ont été immédiates et étendues. Plus de 170 localités réparties dans 23 départements, ainsi que la capitale, ont subi d’importants dégâts matériels : des centaines d’arbres et des dizaines de poteaux électriques ont été arrachés, privant plus de 10 000 foyers d’électricité. Face à la dégradation des conditions, plusieurs établissements scolaires ont suspendu les cours ou basculé vers l’enseignement en ligne. Les infrastructures de transport ont également été fortement perturbées. De nombreux trains ont été annulés ou retardés, tandis que certaines portions d’autoroutes et de routes nationales ont été partiellement fermées. Le trafic aérien a été ralenti à l’aéroport international « Henri Coandă » de Bucarest, avec plusieurs retards signalés. Sur le littoral, les ports de la mer Noire, à Constanța, ont été contraints de suspendre leurs activités, tout comme les manœuvres sur le canal de Sulina, axe stratégique reliant le Danube à la mer. Cet épisode météorologique d’une rare intensité rappelle la vulnérabilité des infrastructures face aux phénomènes climatiques extrêmes, alors que les autorités restent mobilisées pour rétablir progressivement la circulation et les services essentiels.
Coup d’envoi en Roumanie de l’Année Constantin Brâncuşi
Coup d’envoi en Roumanie, de l’Année Constantin Brâncuşi, mis en place pour célébrer les 150 années écoulées depuis la naissance, le 19 février, du grand artiste roumain, considéré comme le père de la sculpture moderne. Au programme : de nombreux événements, expositions et concerts reflétant la pensée et l’héritage spirituel de Brâncuşi. La série d’événements a débuté par le symposium « Brâncuşi, contemporain éternel », organisé à l’Université « Constantin Brâncuşi » de Târgu Jiu (sud). Jusqu’au 19 mai, le public pourra y admirer une exposition signée par des noms emblématiques de l’art moderne, tels que Salvator Dalí ou Pablo Picasso. Les manifestations consacrées à Constantin Brâncuşi se poursuivront tout au long de l’année, aussi bien en Roumanie qu’à l’étranger.