A la découverte de la ville de Tulcea, aux portes du delta du Danube
La ville est surtout vue comme le point de départ de tout itinéraire aquatique d’exploration du Delta du Danube, mais elle cache des surprises locales insoupçonnées
Ana-Maria Cononovici, 27.03.2026, 14:21
Tulcea est la plus grande ville et le chef-lieu du département homonyme, situé au sud-est de la Roumanie. Sise/Eparpillée sur sept collines, dans un périmètre peuplé sans interruption depuis la période historique appelée « de la culture Gumelnița », en 2900-2200 avant J.Ch., la ville est surtout vue comme le point de départ de tout itinéraire aquatique d’exploration du Delta du Danube, mais elle cache des surprises locales insoupçonnées. Le Musée d’Art, l’Aquarium, le Musée d’Ethnographie, la Maison Avramide ne sont que quelques-uns des objectifs touristiques à découvrir. Tulcea est un lieu à forte dimension pluriculturelle, puisqu’elle a une population riche de 10 ethnies, 9 costumes traditionnels et 8 langues parlées ; elle compte également 6 lieux de cultes, 5 religions, 4 époques architecturales, 3 gares et 2 palais. Son patrimoine ethnographique est à visiter et admirer au Musée d’Ethnographie et d’Art traditionnel, aménagé dans un magnifique bâtiment datant de l’entre-deux-guerres, dont l’architecture montre des influences du style néo-roumain. Dans leur ancienne « mahala » (faubourg), les Grecs ont laissé plusieurs très belles maisons pavillonnaires, ainsi qu’une église érigée au 19ème siècle, comme la plupart des lieux de culte de Tulcea, d’ailleurs. Une de ces maisons abrite des collections d’art fort intéressantes, qui lui ont valu le nom de « Maison des Collections » ou Maison Avramide ; c’est un superbe immeuble aux influences stylistiques Art-Nouveau, ayant appartenu à Alexandris Avramidis, un riche industriel local d’antan. Non loin de cet établissement, les visiteurs peuvent admirer la seule cathédrale de la province de Dobroudja à avoir fait l’objet d’une autorisation du sultan pour la construction de clochers, une chose absolument inédite pour la Dobroudja de l’Empire ottoman au 19ème siècle. La cathédrale « Sfântul Nicolae » (Saint Nicolas) est un repère de la ville, qu’il ne faut surtout pas rater. Les ethniques turcs de Tulcea y ont laissé un héritage plusieurs formé de commerces anciens, du 19ème siècle, de la plus grande mosquée de Dobroudja à l’époque, la mosquée Azizie, construite en 1865, pendant le règne du sultan Abdul Aziz, et du Manoir du Pacha. Ce dernier accueille actuellement le Musée d’art de la ville, où l’on peut admirer des toiles de Tonitza, Alexandru Ciucurencu, Pallady, Grigorescu, Victor Brauner. La colline la plus haute, appelée « Colnicul Hora », est l’endroit où se hisse le Monument de l’Indépendance, au milieu d’un très beau parc, qui offre une magnifique vue panoramique de la ville et du Danube. Dans le même coin, l’on retrouve le Musée d’archéologie, ainsi que les ruines de la forteresse Aegysus et celles d’une civilisation vieille de 2000 ans. Selon une légende locale, le nom actuel de la Colline Hora vient du mot « ora » (heure), car c’était là que l’on donnait l’heure exacte. Une autre colline des sept de la ville porte le nom de Comorofca, dont l’origine provient du mot russe « comorof » (moustique). C’était le quartier des Russes lipovènes. Veronica Pânzaru, chargée de relations publiques d’un hôtel de la promenade en bord du Danube, est fière de sa ville et du delta:
« Le delta du Danube est une zone très riche sous tous les aspects. La Réserve de la Biosphère du delta se classe troisième en matière de biodiversité, après la Grande Barrière de corail et de l’archipel de Galápagos. Notre hôtel se trouve dans le port de tourisme, point de départ de tous les bateaux de croisière dans le delta. D’ailleurs, nous organisons nous-aussi des excursions sur les canaux, avec des embarcations de 80-90 passagers, équipés de clim et de tout le confort urbain moderne. »
En cette période de l’année, l’hôtel, où l’on trouve aussi un spa très intéressant, propose des séjours « spécial fêtes pascales », ajoute Veronica Pânzaru:
« Nous avons une piscine à l’eau salée, un sauna, un jacuzzi et une petite salle de fitness. Nos touristes auront l’occasion de savourer des plats traditionnels et des pâtisseries, préparés sur place par nos propres chefs. Il faudrait planifier un séjour d’au moins trois jours chez nous. Nous proposons des paquets touristiques de deux nuitées, avec petit-déj, accès au centre spa et une collation pascale traditionnelle à minuit, la cathédrale est d’ailleurs tout près de l’hôtel, pour ceux qui veulent participer à la messe de la Résurrection. Le matin de Pâques, après le petit-déjeuner, nous organisons une promenade dans le Delta du Danube, à bord d’une de nos embarcations, et nous finirons avec un déjeuner de fête au retour! » (Trad. Ileana Ţăroi)