Les droits de l’Homme en Roumanie, vus depuis Washington

les droits de l’homme en roumanie, vus depuis washington La corruption des officiels et les violences policières contre les Roms sont les principaux problèmes que le Département d’Etat des Etats-Unis signale dans son rapport 2018 sur la Roumanie.

La Justice occupe une place centrale dans le rapport du Département d'Etat sur la situation interne en Roumanie. La pénurie de personnel, d'espace et d'équipements techniques du système judiciaire empêche la célérité et l'efficacité des actes de justice et ralentit excessivement les procès. Selon Washington, le Conseil supérieur de la magistrature, qui a pour rôle de garantir l'indépendance des magistrats, a suspendu les juges et les procureurs soupçonnés d'avoir enfreint la loi. Malgré cela, l'on constate dans le rapport que l'Inspection Judiciaire, une unité disciplinaire autonome dans le cadre du Conseil, a été soumise à une influence politique croissante. Parfois, précise le rapport américain, l'Inspection Judiciaire a été utilisée pour enquêter sur des magistrats qui avaient poursuivi en justice ou qui avaient prononcé des sentences contre des responsables ou des alliés de la coalition gouvernementale. Le gouvernement a généralement respecté l'indépendance et l'impartialité des juges. Toutefois, le Conseil supérieur de la magistrature a établi que certaines déclarations publiques des acteurs politiques constituaient une violation de l'indépendance du pouvoir judiciaire.


La corruption reste largement présente - note le Département d'Etat américain - malgré les nombreuses poursuites pénales et il existe beaucoup de preuves de ce type de pratiques au niveau gouvernemental. Le document précise qu'il y a eu des officiels qui se sont engagés impunément dans des pratiques de corruption. La Direction nationale de lutte contre la corruption continue l'investigation et l'instruction des cas de corruption qui impliquent des personnalités politiques, judiciaires ou administratives, explique le rapport, mais les décisions dans ces cas ont été souvent inconsistantes, avec des sentences très variables pour des délits similaires. La corruption a été très courante dans les affaires de contrats de marchés publics et le pourboire est une chose normale dans le secteur public, notamment dans le secteur médical.


Selon le Département d'Etat, les discriminations faites aux Roms continuent d'être un problème majeur en Roumanie. Les Rom se sont plaints que le harcèlement et la brutalité de la police, y compris les passages à tabac, se sont banalisés. Les médias, les observateurs internes et internationaux ont eux-aussi rapporté les discriminions sociales subies par les Roms. Le taux de chômage est plus important dans la population Rom et leur espérance de vie est moindre que celle des citoyens d'autre ethnie.


Quant à la liberté de la presse, le Département américain d'Etat note que les médias indépendants ont été actifs et ont exprimé une pluralité de points de vue sans restrictions explicites. Par contre, pour ce qui est des moyens d'information contrôlés par ou en lien proche avec des personnes et des groupes politiques, les informations et l'orientation éditoriale auraient souvent reflété les opinions des patrons et auraient compris des critiques contre leurs opposants politiques et contre d'autres médias. Le rapport signale également, en citant des médias internationaux, que lors de la manifestation anti-gouvernementale du 10 août dernier à Bucarest, au moins 15 journalistes ont subi des attaques physiques, verbales ou au gaz lacrymogène de la part des gendarmes. Il y a eu aussi des rapports d'ONG et de médias qui soutenaient que la Police et la Gendarmerie ont malmené et infligé de mauvais traitements aux personnes retenues. Le rapport constate également que les prisons continuent à être surpeuplées en 2018 et qu'elles ne respectent pas les normes internationales. (Trad. Elena Diaconu)



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Publicat: 2019-03-14 13:05:00
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