Le courrier des auditeurs du 03.09.2026
Charlotte répond à vos messages...
Fromenteaud Charlotte, 04.09.2026, 11:01
Bonjour à tous et à toutes qui nous écoutez où que vous soyez. Je suis très heureuse de vous retrouver pour une nouvelle édition de notre courrier des auditeurs. Et cette fois, je reviens tout juste d’un très beau week-end passé en Transylvanie, à l’occasion d’un mariage. Mais pas n’importe où : dans le minuscule village de Cincșor, au pied des monts Făgăraș. Cincșor est un tout petit village dit « saxon », avec quelques maisons seulement, organisées selon la structure typique de la région : alignées le long de la route qui la traverse, toute en façade. Au loin se dessinent les montagnes, les collines s’étendent à perte de vue et, au centre du village, comme souvent dans cette partie de la Transylvanie, se dresse une église fortifiée, elle aussi très typique de la région. C’est autour d’elle que s’organise le cœur historique du village. Le mariage avait lieu dans une ancienne école, aujourd’hui magnifiquement restaurée, entourée de plusieurs corps de ferme eux aussi rénovés avec énormément de goût. Nous avons eu la chance de pouvoir découvrir les lieux et surtout d’en apprendre davantage sur leur histoire. Et c’est là que l’on comprend mieux ce qui rend ces villages si particuliers. Les fameuses églises fortifiées de Transylvanie, dont celle de Cincșor, n’étaient pas simplement des lieux de culte. Elles avaient aussi une fonction défensive. À une époque où les villages pouvaient être exposés à des attaques, les habitants pouvaient venir s’y réfugier derrière d’épais murs, dans un ensemble qui tient finalement autant de l’église que du petit château fort. Certaines disposent encore de tours, de remparts qui témoignent de cette histoire mouvementée. Mais Cincșor raconte aussi une autre histoire, celle de la présence saxonne en Transylvanie. La région revendique avec beaucoup de fierté cet héritage germanique : architecture, traditions, langue allemande, patrimoine, liens historiques avec l’Allemagne… Faisant malheureusement parfois de ce récit de la classe dominante saxonne l’histoire de tous, au détriment de certains pans de la population aujourd’hui encore très marginalisés. Toute une culture a été progressivement remise en lumière et parfois même réinventée, devenant aujourd’hui un formidable outil de valorisation touristique. Et cette identité saxonne constitue aussi une manière assez subtile de se distinguer du reste de la Roumanie. On sent parfois, derrière la fierté légitime pour cet héritage, une forme de hiérarchie culturelle implicite, comme si cette histoire germanique conférait aux villages qui la revendiquent un statut particulier. Mais laissons de côté ces petites questions identitaires et politiques : après tout, j’étais là pour célébrer l’amour, et ce week-end s’y prêtait merveilleusement bien. Car tout était véritablement à couper le souffle : la nature, l’architecture, les bâtiments anciens, les montagnes en toile de fond… Et plusieurs villages de ce type se trouvent dans les environs : Crit, Viscri et bien d’autres encore. Pour qui souhaite découvrir une autre facette de la Roumanie, loin des grandes villes et des circuits touristiques classiques, c’est une région qui mérite vraiment le détour. Il faut toutefois préciser que cette renaissance du patrimoine repose beaucoup sur des initiatives privées. C’est à la fois ce qui fait sa force et ce qui pose certaines questions. À Cincșor, par exemple, Carmen, la propriétaire des lieux, a accompli un travail absolument remarquable pour restaurer une partie importante du village et lui redonner une nouvelle vie. Cette démarche a permis de faire connaître Cincșor, d’attirer des visiteurs et de replacer ce petit village sur la carte touristique de la Transylvanie. Mais cette transformation a aussi son revers. Restaurer un patrimoine exceptionnel, développer l’accueil touristique, créer de beaux lieux et proposer une expérience aussi qualitative a nécessairement un coût. Et tous les habitants du village ne disposent évidemment pas des mêmes moyens pour profiter de cette nouvelle attractivité, ni pour participer de la même manière à l’économie touristique qui se développe autour d’eux. C’est un phénomène que l’on retrouve dans beaucoup de régions rurales : la mise en valeur du patrimoine peut créer de nouvelles opportunités, mais elle peut aussi accentuer les écarts entre ceux qui peuvent investir dans cette nouvelle économie et ceux qui restent à l’écart. Mais aujourd’hui, gardons surtout le souvenir de cette magnifique parenthèse transylvaine, de ces paysages grandioses et de cette belle célébration qui nous a offert l’occasion de découvrir un patrimoine exceptionnel.
Et maintenant, revenons à notre rendez-vous habituel : vos messages, vos impressions, vos questions et bien sûr vos rapports d’écoute.
On commence par remercier chaleureusement notre ami et fidèle auditeur M. Nouari d’Algérie qui nous envoie régulièrement des photos, des poèmes et surtout des nouvelles de son beau pays. Dans l’un de vos récents messages de cet été vous nous écrivez « Bonjour et comment allez vous et ma belle radio. Comment se faire soigner en Roumanie ? » Un grand merci pour cette question. Comme en France, la Roumanie dispose d’un système de santé gratuit et officiellement accessible à tous. Mais dans les faits, les choses sont bien plus compliquées. Les infrastructures sont vétustes, le personnel insuffisant et manque cruellement de moyens. Pour cette raison, de nombreux médecins choisissent d’exercer dans le secteur privé ou à l’étranger. Ce qui réduit encore davantage le nombre de soignants dans le secteur public, et renforce ainsi les inégalités face aux soins. Ainsi, se faire soigner dans le public reste encore possible mais il est souvent nécessaire d’attendre plusieurs mois avant de pouvoir par exemple se faire opérer. Les Roumains qui en ont les moyens peuvent choisir à leur tour de se faire soigner dans le privé ou bien à l’étranger. C’est un cercle vicieux, et évidemment cela laisse les plus démunis en grande difficulté. De nombreuses grèves ont récemment eu lieu cet été pour attirer l’attention des autorités sur ce phénomène et le personnel de la Santé a manifesté sans relâche plusieurs mois pour exiger de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Mais tout comme en France, on assiste en Roumanie à un retrait massif de l’Etat dans la prise en charge des services publiques, et le système de Santé s’en trouve très affecté, et les choses ne vont pas en s’arrangeant…
On poursuit avec Carlo Callegher qui nous écoute depuis l’Italie et qui nous a fait parvenir son rapport d’écoute. Un tout grand merci. Vous nous demandez aussi dans votre e-mail s’il serait possible que nous vous envoyions un sticker. Malheureusement cela n’est pas possible, notre Radio ne distribue plus de goodies, et même nos cartes QSL sont aujourd’hui au format numérique (PDF). Nous en sommes vraiment désolée. En tout cas encore merci pour votre message et votre rapport d’écoute et à très bientôt de vous lire !
Bien le bonjour et nos amitiés à notre cher Raphael, toujours au rendez-vous pour parler ondes courtes et radio ! Merci beaucoup pour tous vos messages, rapports d’écoute, partages et point de vue. Merci aussi d’avoir pris le temps de diffuser ma réponse sur votre radio, je suis très touchée ! Dans l’un de vos derniers courriers, vous vous interrogez sur la fin de RRI. Cette question, je me la pose moi-même très régulièrement. En effet, la radio est un service publique, et nous vivons dans un monde où les services publiques, comme je l’évoquais juste avant concernant le système de Santé, sont en voie de disparition et réduit à peau de chagrin. Et force est de constater que les choses ne vont pas en s’arrangeant. Les recrutements sont gelés, souvent les départs à la retraite ne sont pas remplacés, les salaires rarement augmentés et les moyens techniques et les locaux souvent vétustes… je suis pour ma part persuadée qu’il s’agit d’un choix idéologique, car c’est toujours sur les services publiques que l’on choisit de faire des économies… mais là je rentre dans un débat que je ne suis pas sûre de pouvoir avoir dans cette rubrique. En tout cas, je ne pense pas que RRI disparaitra de si tôt si c’est là votre inquiétude. Mais je reste néanmoins convaincue que notre situation ne va pas aller en s’arrangeant !
Un tout grand merci à Hitoshi Sugio, du Japon qui nous a fait parvenir son rapport d’écoute détaillé et qui nous écrit « J’ai écouté votre émission depuis le Japon. Le signal était faible, mais j’ai pu entendre le programme pendant la diffusion grâce à l’absence d’interférences. Je regrette qu’il n’y ait pas eu de musique. » Je suis surprise que vous n’ayez pas entendu de musique dans notre émission car nous diffusons systématiquement un quart d’heure de musique traditionnelle roumaine sur les émissions longues. Peut-être y a-t-il eu un problème technique ? En tout cas merci pour ce retour en espérant que cela ne se reproduise plus et que vous puissiez vous aussi profiter de la musique roumaine traditionnelle la prochaine fois !
Enfin on termine en beauté avec notre cher Paul Jamet de France que je remercie aussi chaleureusement pour son article du monde sur les travailleurs roumains de Bretagne ! Votre remarque de fin m’a bien fait sourire « Puisqu’il s’agit de Bretagne, j’imagine que Charlotte va s’emparer du sujet ! ». Merci pour ce petit clin d’œil et surtout merci pour cet article, en effet le sujet est intéressant et mérite que l’on se penche sur la question ! je vais voir ce que je peux faire. En tout cas comme toujours un grand merci et surtout n’hésitez pas à continuer à partager toutes ces informations avec nous !
Chers auditeurs et auditrices, ainsi s’achève cette rubrique, un grand merci à tous pour vos participations et surtout à très bientôt pour de nouvelles aventures radiophoniques !