A la découverte de la Via Transilvanica
La Via Transilvanica est une route touristique inauguré en 2018, traversant de nombreuses régions de Roumanie et qui peut être parcourue à pied, à VTT ou à cheval, chaque kilomètre étant balisé avec des pierres kilométriques, sculptées dans des morceaux d’andésite (roche d’origine volcanique).
Ștefan Baciu, 29.08.2025, 11:25
S’inspirant des histoires d’autres chemins de grande randonnée d’Europe et d’Amérique du Nord, Via Transilvanica est un sentier d’une longueur totale de plus de 1.400 kilomètres, traversant la Roumanie en diagonale, depuis Putna, au nord-est, à Drobeta – Turnu Severin, ville danubienne du sud-ouest. Il existe aussi une extension dans le sud-est de la Transylvanie, vers Brașov, le Pays de Țara Bârsa, les massifs montagneux de Bucegi et de Piatra Craiului, jusqu’à Bran, où se trouve le fameux château dit « de Dracula », une des principales attractions touristiques de Roumanie. Via Transilvanica peut être parcourue à pied, à VTT ou à cheval, chaque kilomètre étant balisé avec des pierres kilométriques, sculptées dans des morceaux d’andésite (roche d’origine volcanique).
Le tourisme au service d’un objectif social
Né en 2018, à l’occasion du centenaire de la Grande Union d’Alba Iulia, Via Transilvanica est un projet de l’Association « Tășuleasa Social », qui lui a attaché un but social, celui de ramener à la vie des lieux oubliés et dépeuplés. Ce chemin de grande randonnée relie, bien évidemment, les dix départements/județe qu’il traverse, mettant aussi en évidence la diversité ethnique, culturelle, historique et géographique de la Transylvanie et de la Roumanie entière. Dans une interview à Radio Roumanie, Alin Uşeriu, président de l’association « Tăşuleasa Social », a souligné l’importance des zones rurales traversées par l’itinéraire de Via Transilvanica
« Nous avons besoin de la zone rurale, car elle fait partie de notre identité ainsi que de notre structure génétique. Notre ADN est implanté dans l’habitation de type rural. Même si nous avons emménagé dans la zone urbaine, il faut protéger le paysage culturel rural, la zone rurale qui nous a donné la multitude des plantes, des insectes, des papillons, tellement beaux, des Carpates, et tellement appréciés dans le monde. Nous puisons nos racines dans ces fermes paysannes, avec leur bétail, dans la substance organique produite dans une ferme de subsistance. »
Une attraction unique qui fait le bonheur des touristes roumains et étrangers
Via Transilvanica est de plus en plus connue à l’intérieur et à l’extérieur de la Roumanie, étant parcourue par un nombre croissant de voyageurs nationaux ou étrangers. D’ailleurs les noms de tous ceux qui ont réussi un parcours complet sont mentionnés sur le site viatransilvanica.com. Le président de l’association « Tăşuleasa Social », Alin Uşeriu, a eu l’occasion de faire la connaissance de quelques-uns des touristes étrangers ayant profité de Via Transilvanica
« L’hospitalité est la qualité humaine la plus précieuse d’un peuple et les Roumains en ont pleinement, sans aucun doute. Sur le sentier de grande randonnée, j’ai rencontré une dame venue du Brésil, un jeune homme de l’Etat américain du Nouveau-Mexique, qui avait trouvé des informations sur Via Transilvanica dans le magazine « National Geographic ». Une semaine plus tard, il embarquait dans un avion à destination de la Roumanie et se lançait sur Via Transilvanica. Des gens originaires de Nouvelle Zélande ont fait le voyage et savourent ces expériences. J’ai rencontré un jeune Australien venu ici pour la deuxième fois, une jeune Suissesse qui a passé 87 jours sur Via Transilvanica, qu’elle a parcourue d’un bout à l’autre, de Putna à Severin, et qui a écrit ses impressions sur la Roumanie. »
Via Transilvanica traverse dix départements (Suceava, Bistrița-Năsăud, Mureș, Harghita, Sibiu, Brașov, Alba, Hunedoara, Caraș-Severin et Mehedinți) et huit territoires culturels et historiques (Bucovina, Ținutul de Sus, Terra Siculorum, Terra Saxonum, Terra Dacica, Terra Banatica, Terra Romana et, plus récemment, Terra Borza Teutonica, dans la zone de Brașov. A proximité de la Bucovine, la partie dénommée « Ținutul de Sus/Le Haut-Pays », dans le département/județul Bistrița-Năsăud, traverse un paysage très varié, délimité par des montagnes et des plaines boisées et parsemé de lieux qui mettent en lumière la diversité ethnique de cette zone. « Terra Siculorum » est le nom latin du Territoire Sicule, qui comprend la dépression de Sovata‑Praid jusqu’aux collines de Transylvanie, à la limite des départements de Harghita et de Mureș. « Terra Saxonum », le territoire des Saxons, passe par des villages du département de Mureș et la ville de Sighișoara, pour finir dans le département de Sibiu. « Terra Dacica » est le nom du segment de Via Transilvanica qui traverse les département d’Alba et de Hunedoara, les villes médiévales et les forteresses daces construites dans la vallée du Mureș, le plateau des Târnave, pour finir au pied des Montagnes Retezat. « Terra Banatica » est le nom latin de la province du Banat, Via Transilvanica se déroulant à travers le Banat Montan et ses villages difficilement accessibles, dans le département de Caraș-Severin. « Terra Romana » est un sentier de randonnée qui traverse par les départements de Caraș-Severin et de Mehedinți, où se trouvent des sites représentatifs pour les époques dace et romaine, ainsi qu’un relief karstique spectaculaire, creusé dans les roches par les eaux de montagne. (Trad. Ileana Ţăroi)