Le courrier des auditeurs du 18.09.2026
Alex répond à vos messages et questions ...
Alex Diaconescu, 18.09.2026, 15:22
Bonjour à tous et à toutes et soyez les bienvenus à une nouvelle édition du Courrier des auditeurs de RRI que je suis ravi d’animer à nouveau. Finies les grandes vacances, c’est le retour au programme habituel pour moi et à la navette quotidienne entre la maison, l’école des enfants, leurs activités extrascolaires et le travail ici à la radio. S’y ajoutent les tâches ménagères et les autres obligations familiales, telle la gestion des personnes âgées de la famille, histoire de constater que mon emploi du temps est bien rempli cet automne. Ce qui est aussi bien rempli, c’est le sommaire du Journal d’actualités en Roumanie. Après la motion de censure, les incursions de drones en Roumanie et la crise énergétique, soit les trois principaux sujets de l’été, l’automne commence en force avec les prix des carburants à la hausse, la poursuite des efforts de constituer une majorité politique, une relance économique qui se laisse toujours attendre, des protestations qui deviennent violentes et le risque que la Roumanie se voie rétrograder par Standard&Poor’s dans la catégorie des pays non recommandés aux investissements. A tout cela vient s’ajouter un contexte international extrêmement compliqué, parsemé de crises qui influencent directement nos vies : Ukraine, Iran, Yémen et j’en passe.
Passons maintenant à vos messages et questions.
Paul Jamet, France – quel rôle des parents dans l’éducation des jeunes
Et je commence par notre ami auditeur Paul Jamet de France qui nous écrit pour nous faire part des tracasseries d’émission et réception qui ont refait surface, mais aussi des résultats catastrophiques de la dernière évaluation réalisée par l’OSCE, la fameuse enquête PISA. Vous commentez M Jamet : « Ce qui m’a étonné dans la chronique d’Alex c’est qu’à aucun moment la responsabilité des parents n’a été évoquée … Or, il semble bien que le rôle d’encadrement des parents soit tout aussi important, sinon plus que celui de l’école et des professeurs. » Et M Jamet poursuit: « Déjà, la mal nommée « éducation nationale » devrait s’appeler instruction nationale ? En effet, l’éducation c’est le rôle des parents. L’école transmet des connaissances académiques, des savoirs, les parents quant à eux transmettent du savoir-vivre en termes de valeurs, de politesse donc de socialisation ! C’est un débat récurrent et même historique en France. En effet, sous la troisième république on parlait d’Instruction publique pour bien mettre l’accent sur le savoir pur et la neutralité républicaine, tandis qu’« Éducation nationale » met en avant la formation globale du citoyen. Ensuite, faut-il rappeler que les élèves passent plus de temps avec leurs parents que dans un établissement scolaire ? Cela remet au centre des débats la responsabilité des familles dans le suivi quotidien et le contrôle des comportements de leurs progénitures. Or, beaucoup trop de parents ne se soucient pas de ce que font leurs enfants ! Combien contrôlent le temps passé devant les écrans ? Sur leur smartphone ? L’usage excessif des écrans et des réseaux sociaux chez les jeunes est aujourd’hui largement identifié par la recherche scientifique et la neurobiologie comme un facteur limitant l’attention, la concentration, la qualité du sommeil et le temps consacré à la lecture. Pointer ce facteur touche à un problème réel de société. »
Effectivement, M Jamet, je partage partiellement votre avis. Il y a beaucoup d’enfants dont les parents ignorent le parcours éducationnel. D’ailleurs, on le sait tous, les parents sont les premiers modèles à suivre pour les enfants. Souvent les parents ont un niveau d’instruction assez bas – la Roumanie est d’ailleurs dernière dans le classement européen des diplômés d’université, avec un taux de seulement 19,2 % sur la population générale. Et si on ajoute aussi le fait que les comptes TikTok des Roumains comptent pour 47 % de la population du pays, alors le taux extrêmement élevé d’analphabétisme fonctionnel parmi les jeunes ne surprend plus personne. Les enfants font ce qu’ils voient à la maison.
Certes, bon nombre de parents donnent à leurs enfants une liberté quasi-totale, par manque de temps ou pour tenter d’éviter les inévitables conflits intergénérationnels. Mais c’est surtout par manque d’argent que nombre d’enfants et de jeunes roumains sont ignorés par leurs familles et laissés trainer le téléphone à la main. C’est toujours à cause de la pauvreté que de nombreuses familles ne se permettent pas d’inscrire leurs enfants à des cours privés ou à d’autres activités extrascolaires. Même faire du sport dans le cadre d’un club professionnel implique des coûts considérables pour la vaste majorité des Roumains. En fait, les résultats de cette enquête illustrent une fois de plus l’énorme écart entre les milieux rural et urbain de Roumanie puisque, dans les grandes villes, les résultats de l’enquête ont été de beaucoup supérieurs à ceux du milieu rural. Bref, en Roumanie il y a de bonnes écoles et des moins bonnes. D’ailleurs, c’est le ministre de l’Education nationale par intérim, Mihai Dimian, lui-même qui l’explique : « la plupart des collégiens ayant obtenu de bons résultats arrivent à étudier dans des lycées du milieu urbain, même s’ils ont étudié jusqu’alors dans des écoles du milieu rural. » Bref, à mon avis, en Roumanie, l’objectif de chaque cycle d’enseignement est de préparer les écoliers et les lycéens pour la sélection en vue du niveau suivant. Etant donné que l’admission au lycée, par exemple, se fait en fonction de la moyenne de l’examen appelé l’Evaluation nationale, la hiérarchie des lycées est très claire. Et de mon expérience, à Bucarest, un collégien doit se placer dans le premier tiers de la hiérarchie des moyennes de l’évaluation nationale pour pouvoir accéder à un lycée décent avec des profs compétents et motivés. Et pour qu’un établissement scolaire devienne décent, c’est un tout autre débat qui tient surtout de l’implication de la communauté locale. Les mairies jouent en ce cas un rôle crucial.
Au sujet du téléphone portable à l’école, je note qu’en Roumanie il est pratique courante que les enseignants communiquent directement avec les élèves sur WhatsUp pour les devoirs et les cours. Et désormais chatGPT ou les différents logicials à base d’IA sont un outil largement utilisé dans les écoles, tant par les élèves que par les enseignants.
Je ne sais pas comment la Roumanie pourrait améliorer les résultats de cette enquête, mais, à mon avis, l’étude illustre aussi les écarts au sein de notre société en termes de moyens et surtout de niveau d’éducation. Des écarts qui deviennent encore plus visibles lors des campagnes électorales et des élections. Ceci dit, M Jamet, merci beaucoup pour votre message et pour le débat proposé ! Meilleures salutations de la part de toute l’équipe ! A très bientôt !
Naghmouchi Nouari, Algérie – le congé parental en Roumanie
Je passe maintenant à notre ami auditeur d’Algérie, Naghmouchi Nouari qui nous écrit : « Bonjour et comment allez vous et ma belle radio. Je souhaiterais connaitre quand et comment prendre un congé parental en Roumanie ? »
Merci beaucoup de votre question et de votre intérêt pour la société roumaine. Au sujet du congé parental je m’y connais puisque j’en ai pris deux. Sachez donc, que l’Etat roumain est assez généreux puisqu’il permet aux parents de rester à la maison jusqu’à l’âge de 2 ans de l’enfant et de 3 ans dans le cas d’un enfant à handicap. Le congé parental s’accorde aux parents, ayant réalisé pendant au moins 12 mois des revenus imposables. Il suit au congé de maternité dont bénéficient les mamans roumaines et qui s’étend sur 126 jours, dont au moins 42 jours doivent suivre l’accouchement, suivant la logique de tout autre arrêt maladie. Durant le congé parental pourtant, les mamans ou les papas reçoivent 85 % de la moyenne des revenus mensuels nets des deux dernières années. Cette indemnité est soumise seulement à une contribution de 10 % pour la sécurité sociale, puisqu’elle est exemptée de l’impôt sur le revenu. L’indemnité de congé parental est d’au moins 1 651 lei, soit quelque 300 euros, et elle est limitée à 8 500 lei brut, soit un peu plus de 1500 euros. Pour contexte, le salaire moyen net est de 1 200 euros et le SMIC est de 550 euros. A noter aussi qu’au moins deux mois de cette période constituent ce que l’on appelle « le mois du père » durant lesquels l’autre parent doit être en congé parental, sinon la période totale se réduit de deux mois. Malheureusement, malgré ce schéma de congé parental généreux à première vue, le déclin démographique de la Roumanie se poursuit. En 2025, l’accroissement naturel de la population en Roumanie a été toujours négatif et le nombre de décès a été de 94 mille supérieur à celui des naissances. Bref, sur le long terme, ce déclin se traduira par une véritable crise économique et sociale en Roumanie, qui touchera surtout ses retraités.
Merci cher ami de votre intérêt pour la société roumaine. A bientôt !
Merci aussi à tous ceux et à toutes celles qui nous ont envoyé des rapports d’écoute et qui nous suivent sur les ondes, sur la toile et sur les réseaux sociaux. A très bientôt !