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Les Roumains de l’empire d’Autriche-Hongrie et l’union de la Bessarabie avec la Roumanie

Pendant la Première Guerre mondiale, les Roumains qui vivaient en Autriche-Hongrie furent enrôlés et envoyés au front pour défendre leur empire.

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, 07.04.2025, 10:33

Pourtant, pour beaucoup d’entre eux – qu’ils soient de Transylvanie, de Banat, de Maramureș ou de Bucovine – cette guerre posait un vrai dilemme. En effet, ils ne se reconnaissaient plus dans l’Empire d’Autriche-Hongrie et refusaient de se battre contre leurs compatriotes de Roumanie. Et lorsque certains tombent prisonniers, leur vision de l’avenir change radicalement. Aussi, si la Roumanie n’est entrée dans la Grande Guerre qu’en 1916, les Roumains d’Autriche-Hongrie, eux, ils avaient connu l’enfer du conflit dès 1914. Envoyés sur les champs de bataille de Galicie, de l’ouest de l’Ukraine et d’Italie, certains désertèrent, tandis que d’autres furent capturés par l’armée russe. Un déchirement moral qui marqua profondément la littérature et la presse roumaine de l’époque.

 

Libérer les prisonniers roumains

Avec l’entrée de la Roumanie dans la guerre, une idée audacieuse émerge : libérer les prisonniers roumains détenus en Russie pour les faire intégrer l’armée roumaine. Mais Moscou refuse d’abord cette proposition. Selon les autorités roumaines, près de 120.000 soldats roumains de l’armée austro-hongroise étaient alors prisonniers en Russie. Après d’intenses négociations, le gouvernement russe finit par autoriser en 1917 la création d’un corps de volontaires roumains transylvains et bucoviniens, sous le commandement du général Constantin Coandă, père du célèbre inventeur Henri Coandă.

C’est à Darnița, près de Kiev, que ces volontaires manifestent officiellement leur volonté d’unir la Roumanie aux territoires roumanophones d’Autriche-Hongrie. Le premier détachement, composé de 1.800 soldats, rejoint l’armée roumaine à l’été 1917, et participe aux combats acharnés de Mărășești. Au total, près de 10.000 soldats intégreront l’armée roumaine jusqu’en mars 1918.

L’engagement du corps des volontaires transylvains et bucoviniens ne s’arrête toutefois pas là. En mars 1918, lorsque Sfatul Țării, le parlement de Bessarabie, vote l’union avec la Roumanie, leur présence est significative. Le général Titus Gârbea, témoin direct de cet événement, se confiait en 1994, à l’âge de 101 ans, au Centre d’Histoire Orale de la Radiodiffusion roumaine :

« La Bessarabie nous a appelés, et elle s’est unie à nous ! J’ai participé à cette union du 27 mars 1918, et ce fut pour nous un immense réconfort. Le chaos régnait après la révolution bolchevique, les pillages et les violences se multipliaient. L’arrivée de l’armée roumaine a ramené l’ordre. Les Bessarabiens se sont révélés être de grands patriotes, bien plus que nous ne l’imaginions. Ils ont fait cette union avec un enthousiasme extraordinaire ! »

 

L’enthousiasme

Un enthousiasme qui se répand dans toute la région. L’union de la Bessarabie avec la Roumanie marque le début d’un processus historique, où les volontaires transylvains et bucoviniens jouent un rôle central. Le général Titus Gârbea :

« Nous étions en contact quotidien avec les Bessarabiens et avons célébré cette union avec une joie immense. Non seulement parce qu’elle apportait la paix et de l’ordre, mais c’était pour le peuple de Bessarabie un véritable soulagement après tant de chaos. Les soldats transylvains et bucoviniens, capturés sur le front, avaient été réorganisés en unités roumaines près de Kiev, avant d’être envoyés en Bessarabie. Leur arrivée a insufflé une véritable ferveur à Chișinău. »

En automne 1918, ces volontaires joueront encore un rôle clé en Bucovine également, contribuant à l’union de leur région natale avec la Roumanie. 1918 demeure une année décisive, marquée par la ferveur de ces soldats qui, après avoir combattu sous les couleurs austro-hongroises, ont retrouvé leur véritable patrie : la Roumanie unie.

(Trad. Ionut Jugureanu)

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