« CRESC », un programme d’éducation et de thérapie par la danse
C’est en ce mois de février que la danse contemporaine devient un carrefour où l’art, l’éducation et la santé s’entrecroisent.
Ion Puican, 07.02.2026, 09:30
L’espace pour le développement chorégraphique AREAL DANS, de Bucarest, propose aussi bien au large public qu’aux spécialistes le Programme « CRESC », une initiative pluriannuelle qui réalise une connexion entre la création artistique, l’éducation, la santé et la recherche, à l’aide de la danse et de la danse-thérapie, utilisées comme outils d’inclusion, de soins et de changement pour les personnes ayant des besoins spéciaux. Valentina de Piante, codirectrice du Projet « CRESC » et membre du corps enseignant de l’Université nationale d’art théâtral et cinématographique (UNATC) de Bucarest, explique la signification de ce projet pour AREAL DANCE:
« Le projet « CRESC » est né de nos projets passés et d’une projection pour un avenir que nous imaginons et dont nous plantons les graines aujourd’hui, tout en sachant parfaitement combien il est important que les générations futures continuent ce rêve. C’est pourquoi c’était fondamental pour nous de pouvoir travailler à l’université où j’enseigne et de collaborer avec la Faculté de Psychologie et de Sciences de l’éducation, pour former les étudiants aux programmes d’inclusion sociale. Tout part d’une chose toute simple, à savoir la façon dont nous nous percevons nous-mêmes, dont nous réussissons à construire un espace commun de créativité, de mouvement, de danse à travers cette écoute. Et mettant ainsi en lumière une sensibilité spéciale. »
Valentina de Piante a ajouté d’autres détails sur cette convergence de la danse, de l’éducation somatique et de la thérapie dans le cadre du Programme « CRESC »:
« Pour le projet CRESC, et c’est une nouveauté, ces composantes sont des outils de créativité, d’expressivité, de connaissance de soi, de prise de conscience, à la disposition de l’artiste, de l’étudiant, du psychologue, du thérapeute et des personnes ayant des besoins spéciaux. Grâce à ces connaissances acquises par la filière somatique, nous sommes en mesure de les former à une certaine introspection, à une certaine compréhension du fait que nous fonctionnons comme un système intégré corps – cerveau – relation – affectivité – mémoire. Ces connaissances nous permettent graduellement d’observer et d’être créatifs dans la relation avec les enfants ayant des besoins spéciaux et les adultes ayant reçu un diagnostic. … »
La professeure Valentina de Piante a également souligné la contribution de la danse à la thérapie:
« De notre point de vue, la danse et le mouvement doivent être présentés en tant que médicaments de première ligne, ajoutés à d’autres traitements. Mais c’est un élément qui doit exister et permettre à la personne de se découvrir, de se surprendre, de ressentir, tout d’abord pour la joie d’être ensemble. »
La danse-thérapie et l’approche médicale
La psychologue Loredana Larionescu s’intéresse à l’intégration de la danse-thérapie au protocole médical actuel:
« Il est important d’aborder la relation cerveau-corps dans une perspective thérapeutique, dans le cadre d’événements académiques, tels que la Conférence « CRESC » de l’automne, parce que c’est comme un éléphant dans une pièce. Mais nous sommes encore loin d’une intégration réelle de la danse-thérapie dans le système de santé de Roumanie. Je peux vous dire que l’enthousiasme est grand, le besoin aussi, mais que les pas à suivre sont encore ignorés pour créer des emplois de danse-thérapeutes dans la structure de personnel des établissements de soins de santé et d’assistance sociale. Tout d’abord, il faut comprendre les normes de formation des spécialistes et les critères de sélection et de standardisation, ensuite on passera à leur création effective, financée en conséquence. … »
Invitation lancée au public
Cristina Lilienfeld, codirectrice de l’espace AREAL DANCE, a envoyé un message au public qui n’est pas encore familiarisé avec la danse contemporaine et qui est invité à participer aux événements du Programme « CRESC »:
« Pour moi, la danse contemporaine est un excellent moyen de s’auto-connaître, de se connecter à soi-même d’une manière très subtile, des fois plus espiègle, le plus souvent très profonde. Les méthodes somatiques mettent au premier plan le dialogue intérieur entre le corps et le cerveau, nous aident à redécouvrir des ressources créatives, de parties de nous-mêmes que nous ignorons peut-être, la force, l’alignement. … Mon message pour le grand public est le suivant : nous comprendrons la danse contemporaine uniquement en expérimentant avec le corps. … je crois que nous pouvons faire confiance à notre corps, qui, parfois, comprend, aussi bien et même mieux que le cerveau, la direction que nous devons suivre. »
Entre février et novembre 2026, le Programme « CRESC » propose des conférences, des ateliers, des installations performatives et des programmes d’éducation. Les organisateurs veulent ainsi créer des ponts de communication et d’empathie entre les catégories de population vulnérables et le large public. (Trad. Ileana Ţăroi)