Le défi de la cohabitation entre les hommes et les ours en Roumanie
En Roumanie, les animaux sauvages descendent souvent dans les zones habitées à la recherche de la nourriture, les, alors que la gestion déficitaire des déchets ménagers ne fait qu’accroître le risque d’interactions non désirées
Daniel Onea, 21.05.2026, 10:08
La Roumanie accueille une des plus grandes populations d’ours brun d’Europe, une véritable richesse de la biodiversité qui n’est pourtant pas dépourvue de défis pour les communautés locales. À la recherche de la nourriture, les animaux sauvages descendent souvent dans les zones habitées, alors que la gestion déficitaire des déchets ménagers ne fait qu’accroître le risque d’interactions non désirées. Pour protéger tant la population que la faune, un projet pilote a été mis en place dans le Parc naturel de Putna-Vrancea (est). Intitulé « Vert pour l’avenir », le programme a permis d’installer huit systèmes spéciaux pour la gestion des déchets.
« Vert pour l’avenir », un projet environnemental
Iulia Vizi, responsable de communication de la Fondation pour le Développement de la Société Civile, explique le mécanisme de fonctionnement de ses conteneurs :
« En fait, ce sont des installations qui entourent les conteneurs et sont dotées de systèmes de fermeture que seul l’homme peut manier. De cette manière, les animaux sauvages n’ont plus accès aux déchets ménagers. C’est un aspect essentiel, puisque la gestion des déchets dans la zone est déficitaire. A présent, on tente de mettre en place de tels systèmes partout en Roumanie, notamment dans les villes qui ont rapporté la présence des grandes carnivores. Ici, le programme « Vert pour l’avenir » nous a permis d’installer huit conteneurs spéciaux, au bout d’une période d’évaluation. Par la suite, une campagne d’information a été menée dans la zone afin d’expliquer aux habitants comment il faut les utiliser et pourquoi il faut les fermer correctement à chaque fois. L’initiative a déjà porté ses fruits, chose confirmée par les données recueillies par l’administration du parc à l’aide des caméras de surveillance. Les systèmes ont prouvé leur efficacité : l’ours s’est approché, il a senti la nourriture, mais il est parti, étant incapable d’ouvrir le conteneur. Ce projet de Putna-Vrancea est un exemple concret de bonnes pratiques locales et il peut devenir un modèle au niveau national. D’ailleurs, le programme « Vert pour l’avenir » a été conçu justement pour promouvoir le développement durable, l’éco tourisme et la protection de la biodiversité ».
Un modèle de bonnes pratiques à élargir à l’échelle nationale
Sans doute, il est urgent de mettre en place de tels systèmes dans toutes les villes qui souhaitent bloquer l’accès des grandes carnivores aux restes alimentaires. Iulia Vizi nous fournit d’autres exemples :
« Un projet similaire existe aussi à Baile Tusnad où le système fonctionne depuis déjà deux ou trois ans. Ces installations sont nécessaires et il faut les mettre en place dans la plupart des localités où les conflits entre la population et les animaux sauvages ont tendance à escalader. C’est vrai que la Roumanie accueille une population significative d’ours, une situation qui nécessite une approche systématique, fondée sur la recherche et sur l’analyse des interactions homme-animal. Notre projet se déroulera pendant une année encore et nous espérons que les données collectées à l’avenir contribueront à éveiller davantage les consciences à ce sujet et à élargir ce modèle au niveau national ».
La mise en place des systèmes sécurité de gestion des déchets alimentaires prouve qu’une cohabitation paisible entre l’homme et la nature est possible, à condition de trouver des solutions pratiques et d’éduquer les communautés. Elargir les bonnes pratiques dans les localités vulnérables, reste un pas fondamental à faire à l’avenir afin de conserver sur le long terme la biodiversité européenne et d’avoir un environnement plus sûr. (trad. Valentina Beleavski)