TIFF 2026, à Cluj
La 25e édition du Festival international du film Transilvania (TIFF) s’est tenue dans la ville de Cluj-Napoca (nord-ouest de la Roumanie) a eu lieu du 12 au 21 juin.
Corina Sabău, 27.06.2026, 11:52
Pendant dix jours, le public a eu l’occasion de découvrir plus de 200 films, projetés dans des salles de cinéma et des lieux inédits, ainsi que des rencontres avec des cinéastes, des concerts et des événements dédiés à l’industrie cinématographique. Au-delà des projections, le festival a maintenu sa tradition de transformer la ville en un véritable espace cinématographique à ciel ouvert, avec des films projetés dans des lieux emblématiques et des événements favorisant le dialogue culturel et la découverte de nouvelles perspectives sur le cinéma contemporain.
Les deux compétitions internationales du festival ont pris place au cœur de cette édition. Douze longs-métrages, signés par des réalisateurs à leur premier ou deuxième film, ont été en lice pour le Trophée Transilvania. Dix documentaires ont participé à la section « What’s Up, Doc? », dédiée aux plus récentes productions internationales du genre.
Des films qui explorent le lien entre les individus et les lieux qui les façonnent
La sélection roumaine a également inclus deux films explorant le lien entre les individus et les lieux qui les façonnent : « Malul Vânăt » (La Rive sombre), premier long métrage de la réalisatrice Andreea Borţun, et le documentaire « Hoinari prin munți » (Les Aventuriers des montagnes), du réalisateur Cosmin Dumitrache. « Malul Vânăt » d’Andreea Borţun, explore une réalité rarement représentée à l’écran et s’appuie sur un travail de recherche minutieux, mené dans les villages du sud de la Roumanie. Quant au documentaire « Hoinari prin munți », de Cosmin Dumitrache, il retrace le parcours de deux des alpinistes roumains les plus connues, Dinu et Marlene Mititeanu.
La Rive sombre
Pour Andreea Borţun, « Malul Vânăt » est né d’un retour personnel au monde rural dont elle est issue. Pendant six ans, la réalisatrice a documenté la vie des villages du sud du pays, cherchant à redécouvrir un monde qu’elle avait connu, mais pour le contempler avec un regard d’adulte. Andréa Borțun. « L’histoire s’est construite au fil du temps, d’une façon assez organique. En 2017, lors de mon premier voyage dans trois villages du sud, que je ne connaissais pas et où je n’étais jamais allée, je savais seulement que j’allais préparer mon premier long métrage, qui devrait parler d’un monde que je croyais connaître : le monde rural du sud. Mais c’était un monde que je comprenais comme une enfant ou comme une adolescente, un monde dont je m’étais éloignée. En 2017, à 27 ans, j’ai ressenti un besoin impérieux de me tourner vers ce monde et d’essayer de le voir avec mes yeux d’adulte. J’ai aussi voulu essayer, dans une certaine mesure, de l’accepter, car une tension intérieure me poussait inévitablement à prendre mes distances avec, comme nous le faisons tous avec le monde qui nous a façonnés. C’était un défi pour moi d’arriver à une compréhension plus nuancée du fonctionnement de la mentalité rurale aujourd’hui, car ces choses évoluent constamment. »
Les Aventuriers des montagnes
Si le film « Malul Vânăt » évoque la redécouverte du monde rural, le documentaire « Hoinari prin munți » plonge le spectateur dans l’univers de ceux qui ont construit leur vie autour de la montagne. Le réalisateur Cosmin Dumitrache a rencontré les alpinistes Dinu et Marlene Mititeanu alors qu’il était en train d’achever le documentaire « Romania sălbatică » (La Roumanie Sauvage). Fasciné par leurs récits et leurs livres, il a décidé de porter leur expérience à l’écran, dans un film qui dépasse le simple cadre de l’aventure alpine. « L’ingrédient essentiel de notre rencontre et, bien sûr, de l’histoire du film, était notre passion commune pour la montagne. En lisant les livres écrits par Dinu, j’ai été fasciné par les expériences de ces personnes et surtout par leur façon de raconter dans les moindres détails leurs expériences et les itinéraires empruntés. Ils m’ont insufflé un état d’esprit extraordinaire ; j’avais envie de reproduire tous leurs parcours. J’ai tellement aimé leur histoire que j’ai immédiatement su que je devais absolument réaliser un film sur leur histoire partagée. De nombreux échanges ultérieurs m’ont transmis cet amour de la montagne et une vision beaucoup plus complexe. Une randonnée en montagne peut être comme un voyage culturel : on découvre des lieux, on apprend à les connaître, à les appréhender et à les ressentir plus profondément. »
La 25e édition du TIFF a également accueilli de nombreux invités de marque et accordé des distinctions spéciales.
L’actrice roumaine Anda Onesa s’est vu remettre le Prix d’Excellence pour sa contribution au cinéma roumain, tandis que le Trophée TIFF.25 a été accordé à Corneliu Porumboiu, le réalisateur roumain le plus récompensé au festival. L’actrice italienne Ornella Muti a reçu le Prix pour l’ensemble de la carrière. Le festival a également proposé un aperçu des nouvelles orientations dans le cinéma européen et des voix émergentes du cinéma contemporain.
D’autres prix cinématographiques
Par ailleurs, au palmarès de la compétition officielle du festival, l’on retrouve la coproduction franco-espagnole Lionel, du réalisateur Carlos Saiz, qui a remporté le Trophée Transilvania ; le prix de la meilleure réalisation est allé à Konstantina Kotzamani pour son film Titanic Ocean ; le prix spécial du jury a distingué le film Our Father du réalisateur Goran Stanković tandis que le prix d’interprétation a récompensé toute la distribution du film Truly Naked, de Caolán O’Gorman et Andrew Howard. De son côté, le public a plébiscité les films Feels Like Home, du réalisateur hongrois Gábor Holtai, et Le Delta sauvage – Delta sălbatică, de Dan Dinu, choisi comme le film roumain le plus populaire du festival. Et justement, dans le cadre de la section parallèle « Les Journées du film roumain », le film Y, réalisé par Maria Popistaşu et Alex Baciu, a été désigné meilleur long-métrage de cette compétition réservée aux productions nationales.