Le TIFF à Cluj Napoca
La ville de Cluj-Napoca qui accueille la 25e édition du Festival international du film de Transylvanie
Corina Sabău, 20.06.2026, 12:23
Le Festival international du film de Transylvanie (TIFF) a commencé le 12 juin et ferme ses portes le 21 du mois. C’est la ville de Cluj-Napoca qui accueille cette 25e édition. Pendant dix jours, le public a l’occasion de découvrir plus de 200 films projetés dans des salles de cinéma et des lieux inédits, ainsi que d’assister à des rencontres avec des cinéastes, des concerts et à des événements dédiés à l’industrie cinématographique. Au-delà des projections, le festival poursuit sa tradition en transformant la ville en un véritable espace cinématographique à ciel ouvert, avec des films projetés dans des lieux emblématiques et des événements favorisant le dialogue culturel et la découverte de nouvelles perspectives sur le cinéma contemporain.
Les deux compétitions internationales du festival prennent place au cœur de cette édition.
Douze longs métrages, signés par des réalisateurs à leur premier ou deuxième film, sont en lice pour le Trophée Transylvanie. Dix documentaires participent à la section « What’s Up, Doc? », dédiée aux dernières productions documentaires internationales.
La sélection roumaine comprend également deux films qui explorent le lien entre les individus et les lieux qui les façonnent : « Malul Vânăt » (La Rive Sombre), premier long métrage de la réalisatrice Andreea Borţun, et le documentaire « Hoinari prin munți » (Les Aventuriers des Montagnes), signé Cosmin Dumitrache. « Malul Vânăt », premier long métrage d’Andreea Borţun, s’appuie sur un travail de recherche approfondi mené dans les villages du sud de la Roumanie et explore une réalité rarement représentée à l’écran. Quant au documentaire « Hoinari prin munți », signé Cosmin Dumitrache, il retrace le parcours de deux des plus célèbres alpinistes roumains, Dinu et Marlene Mititeanu.
Pour Andreea Borţun, « Malul Vânăt » est né d’un retour personnel au monde rural dont elle est issue. Pendant six ans, la réalisatrice a documenté la vie des villages du sud du pays, cherchant à redécouvrir un monde qu’elle avait connu, mais qu’elle contemplait avec un regard d’adulte. Andréa Borțun.
La Rive Sombre
« L’histoire s’est construite au fil du temps, de manière assez organique. En 2017, lors de mon premier voyage dans trois villages du sud, trois villages que je ne connaissais pas et où je n’étais jamais allée, je savais seulement que j’allais préparer un film, mon premier long métrage, qui parlerait d’un monde que je croyais connaître : le monde rural du sud. Mais c’était un monde que je comprenais encore comme une enfant ou une adolescente, un monde dont je m’étais éloignée. En 2017, à 27 ans, j’ai ressenti le besoin impérieux de me tourner vers ce monde et d’essayer de le regarder avec un oeil adulte. J’ai voulu aussi essayer, dans une certaine mesure, de l’accepter, car une tension intérieure me poussait inévitablement à prendre mes distances, comme nous prenons tous sans doute nos distances avec le monde qui nous a façonnés. C’était un défi pour moi d’acquérir une compréhension beaucoup plus nuancée du fonctionnement de la mentalité rurale aujourd’hui, car ces choses évoluent constamment. »
Les Aventuriers des Montagnes
Si le film « Malul Vânăt » évoque la redécouverte du monde rural, le documentaire « Hoinari prin munți » nous plonge dans l’univers de ceux qui ont construit leur vie entière autour de la montagne. Le réalisateur Cosmin Dumitrache a rencontré Dinu et Marlene Mititeanu alors qu’il achevait le documentaire « Romania sălbatică » (La Roumanie Sauvage).
Fasciné par leurs récits et leurs livres, il a décidé de porter l’expérience de ces deux alpinistes à l’écran, dans un film qui dépasse le simple cadre de l’aventure alpine.
« L’ingrédient essentiel de notre rencontre et, bien sûr, de l’histoire du film ; c’était: notre passion commune pour la montagne. Tout comme la montagne a uni Dinu et Marlene, elle nous a réuni nous aussi. Après avoir découvert les livres de Dinu et les avoir lus, j’ai été fasciné par les expériences de ces personnes. Ce qui m’a le plus fasciné, c’est leur façon de raconter des histoires, en relatant toutes leurs expériences et les itinéraires qu’elles avaient empruntés, dans les moindres détails. Ils m’ont insufflé un état extraordinaire ; j’avais envie de reproduire tous leurs parcours. J’ai tellement aimé leur histoire que j’ai su que je devais absolument réaliser un film sur leur histoire à toutes les deux. De nombreuses discussions ont suivi et elles m’ont transmis cet amour de la montagne, une vision beaucoup plus complexe. Une randonnée en montagne peut être comme un voyage culturel : on découvre des lieux, on apprend à les connaître et c’est ainsi qu’on parvient à les appréhender et à les ressentir plus profondément. »
L’édition TIFF.25 accueille également de nombreux invités de marque. Parmi les lauréats annoncés figure l’actrice Anda Onesa qui a remporté le Prix d’Excellence pour sa contribution au cinéma roumain. Le festival propose également un aperçu des nouvelles orientations du cinéma européen et des voix émergentes du cinéma contemporain.