La bataille de Stalingrad
Durant la Seconde Guerre mondiale, l’une des grandes batailles, tant par le nombre de pertes humaines que par ses effets sur l’ensemble de la guerre, fut la bataille de Stalingrad, qui s’est déroulée entre les mois d’août 1942 et février 1943.
Steliu Lambru, 25.08.2025, 10:20
Stalingrad, une des batailles mémorables de l’histoire
Dans l’histoire des grands affrontements militaires, il existe des batailles mémorables, soit par le nombre très élevé de pertes humaines, soit par le tournant qu’elles donnent à une guerre, ou encore par la mort d’un leader politique ou militaire, voire par la destruction d’une ville. Durant la Première Guerre mondiale, la bataille de Verdun a été surnommée « la mère de toutes les batailles » en raison de l’effusion de sang qu’elle a provoquée. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’une des grandes batailles, tant par le nombre de pertes humaines que par ses effets sur l’ensemble de la guerre, fut la bataille de Stalingrad, qui s’est déroulée entre les mois d’août 1942 et février 1943.
Sur la bataille de Stalingrad, beaucoup a été écrit, des artefacts ont été exhumés, de nombreux documentaires ont été réalisés, et presque tout ce qui pouvait être dit a été dit. L’armée roumaine a participé à cette bataille en tant qu’alliée des armées allemande, italienne, hongroise et croate, et a perdu entre 110.000 et 200.000 militaires, morts, blessés ou prisonniers.
Les souvenirs roumains de Stalingrad sont conservés dans les archives sonores grâce au Centre d’Histoire Orale de la Radiodiffusion Roumaine, qui a réussi à les enregistrer et préserver.
Des souvernis de la veille de l’offensive soviétique
L’un de ces témoignages est celui de l’avocat Vladimir Boantă qui, en 1995, se souvenait de son départ de Stalingrad un jour avant le début de l’offensive soviétique :
« Le front semblait stabilisé. Mais il faut savoir qu’avec l’ouverture du front à l’Ouest, les Allemands avaient retiré de nombreuses troupes. Et nous nous en étions rendu compte car nous voyions de moins en moins d’armée allemande. En sus de cela, l’activité de l’aviation allemande s’était beaucoup affaiblie. En revanche, les actions de l’aviation soviétique s’étaient intensifiées. Des avions très rapides étaient apparus, et nous avons appris plus tard qu’ils s’appelaient Yak, selon le nom de l’ingénieur soviétique qui les avait conçus, un certain Yakovlev. Eh bien, ces Yak ont été pour moi une surprise désagréable, car ils étaient très rapides. Jusque-là, quand leurs avions passaient, nous disions qu’ils faisaient un bruit de moto et qu’ils avaient du mal à voler. »
Des conditions terribles
La guerre se déroulait dans des conditions extrêmement dures pour tous les combattants. Mais pour les soldats de l’Axe, de moins en moins nombreux, loin de chez eux et confrontés à des difficultés d’approvisionnement, les conditions devenaient terribles.
Vladimir Boantă : « En traversant les étendues infinies et en subissant des pertes qui ne pouvaient être compensées par l’arrivée de nouvelles troupes, nous nous retrouvions dans une situation extrêmement précaire. Mise à part l’unité qui se trouvait déjà à Stalingrad, nous étions à 12 kilomètres au sud-ouest de Stalingrad. Et nous étions homme contre homme, à 15, sinon à 30 mètres les uns des autres, terrés dans des trous ronds dans ce maudit terrain sablonneux près de Stalingrad, avec une arme à la main qui gelait elle aussi, que l’on avait du mal à manier, car la graisse à l’intérieur gelait. Et les hommes étaient, évidemment, très affaiblis, mal nourris, mal vêtus.”
Pourtant, la vie dans les tranchés suivait son cours, même en ces temps difficiles. Vladimir Boantă :
« Les choses s’étaient stabilisées de telle manière qu’à un moment donné, nous avons reçu une communication de l’armée allemande qui, je dois dire, nous a fait bien rire. Car en substance elle disait ceci : « Il vous est défendu de faire du tourisme à Stalingrad ». Il est vrai aussi que les nôtres, qui avaient besoin de se fournir en vivres ou en matériel, allaient parfois piller les boutiques abandonnées. Il se puisse que le message des Allemands fasse référence à ce type d’agissements. »
Le début de la fin
L’offensive soviétique a marqué le début de la fin. Vladimir Boantă :
« La bataille de Stalingrad a commencé à un certain matin qui, selon les prévisions météorologiques, allait être brumeux. C’était effectivement le cas, à tel point qu’on ne voyait pas à 3 mètres plus loin. C’est à ce moment-là que les chars soviétiques se sont avancés vers nos positions. Ils étaient suivis de soldats bien ivres, montés sur des véhicules, équipés uniquement d’armes automatiques, pour la plupart, uniquement de pistolets-mitrailleurs qui, comme on le sait, avaient 72 coups dans leurs chargeurs. Ils ont avancé sans être vus. L’on entendait qu’ils arrivaient, mais personne ne les voyait. Et soit ils passaient au-dessus d’un trou où se trouvait un soldat roumain qui se baissait pour ne pas être écrasé, soit ils passaient entre deux hommes. Imaginez avec quoi les soldats roumains auraient pu les combattre ! imaginer les arrêter avec notre carabine alors qu’ils disposaient d’une telle puissance de feu c’était de la folie. C’est ainsi qu’ils ont percé cette première ligne de feu. Ils sont arrivés à la position de l’artillerie, dont les canons ont été écrasés par les chars et détruits, puis ils ont avancé jusqu’à la ligne des commandements militaires. Ce fut la débâcle. »
La bataille de Stalingrad a été l’une des batailles de référence de la Seconde Guerre mondiale. Une bataille qui a laissé des traces profondes dans la mémoire des survivants. (Trad. Ionut Jugureanu)